"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline

jeudi 14 juin 2018

«Au nom de la décence publique, le rappeur Médine ne doit pas chanter au Bataclan !»



Tribune parue dans le Figaro Vox du 12 juin 2018


«L'annonce de la programmation du rappeur Médine au Bataclan, à Paris, les 19 et 20 octobre prochain a suscité une vague puissante d'indignation, notamment sur les réseaux sociaux.

Comme nombre de Français, les auteurs de ce texte ont commencé par douter de cette information qui paraissait trop extravagante pour être vraie. Le télescopage des symboles était si violent, la provocation si manifeste que cette programmation ressemblait fort à une «fausse nouvelle» forgée par quelques officines identitaires pour dresser les Français les uns contre les autres.

Comment imaginer que les propriétaires de cette salle dans laquelle quatre-vingt-dix personnes ont été massacrées et plusieurs centaines d'autres blessées par des djihadistes aient pu inviter un rappeur dont l'un des albums s'intitule Jihad et qui arbore fièrement un tee-shirt barré d'un sabre?

Certes, depuis que la polémique a éclaté, le rappeur et ses soutiens se sont empressés de préciser que le djihad de Médine était purement intérieur et psychologique ; le chanteur a relativisé ses rimes les plus agressives (qui se proposent de «mettre des fatwas sur la tête des cons», d'appliquer la charia aux voleurs afin qu'ils ne puissent déposer de main courante, de crucifier les laïcards ou peindre Marianne en «femen tatouée Fuck God sur les mamelles»), en se proclamant ennemi du terrorisme.

Mais les images de Médine effectuant la tristement célèbre «quenelle» ont refait surface. Le militantisme local du chanteur havrais témoignant de sa sympathie pour le groupuscule racialiste les Indigènes de la République ou pour le mouvement islamiste les Frères musulmans est absolument impossible à nier.

Que le rappeur Médine ignore la portée de ses mauvais jeux de mots sur une partie de la jeunesse travaillée par le communautarisme et l'islamisme ou qu'il soit adepte de la taqîya (l'art islamique de la dissimulation tactique) n'a guère d'importance.

Le laisser se produire au Bataclan relève de la profanation.


Que l'on défende sincèrement la liberté artistique ou que l'on espère miner la République de l'intérieur, qu'importe. Laisser Médine rapper au Bataclan constitue une provocation pure et simple.

Depuis Athènes, les morts de la cité sont sacrés. Les victimes du 13 novembre 2015 ne sont pas tombées les armes à la main, mais elles ont été massacrées par nos ennemis parce qu'elles étaient les symboles de notre mode de vie et de nos libertés.
En ce sens, le respect de leur mémoire oblige tous les Français, quelles que soient leurs origines, leurs confessions ou leur sensibilité politique. Et de fait, il suffit de tendre l'oreille pour comprendre que l'idée de Médine se produisant dans cette salle à tout jamais associée dans la mémoire collective à un massacre épouvantable perpétré par des terroristes islamistes révulse l'immense majorité d'entre eux, et pas seulement la droite et l'extrême droite comme une partie de la presse l'a laissé entendre.

Pour que les citoyens d'une République vivent en bonne intelligence sur son territoire, il n'est pas nécessaire qu'ils prient les mêmes dieux ou qu'ils partagent les mêmes opinions, mais ils doivent impérativement regarder la défense de leur patrie et des principes qu'elle incarne (liberté, égalité, fraternité et laïcité) comme une cause sacrée. Sacrée, c'est-à-dire, justifiant qu'elle soit défendue les armes à la main, au péril de sa vie.

En temps de paix, cette dimension métaphysique du pacte social est invisible ; mais lorsqu'un peuple est attaqué, la réalité existentielle du lien patriotique ou civique redevient palpable.

Ce qui fait qu'au-delà de nos différences, nous sommes tous français, c'est que les morts de Verdun, d'Oradour ou du Bataclan sont nos morts. Porter atteinte à leur mémoire, la profaner, c'est prendre le risque insensé de desceller la pierre de touche du pacte social.

Ce respect du sacré civique forme la conditionsine qua non de la préservation de ce que l'on appelle, depuis les anciens, la concorde. Ce que la novlangue politique contemporaine a rebaptisé «vivre ensemble».

Nos dirigeants seraient bien inspirés de ne pas interpréter le calme des Français après les différentes vagues d'attentats comme des marques de lâcheté ou d'indifférence. Cette retenue, signe admirable de civilisation, ne signifie pas du tout qu'une immense colère, d'autant plus redoutable qu'elle est sourde, n'existe pas au sein de la population. Si les Français se sont jusqu'ici, fort heureusement, gardés de s'en prendre aux complices de la barbarie qui les avait frappés, c'est parce qu'ils font crédit à l'État de protéger l'ordre public mais aussi l'ordre symbolique.

Au-delà du respect des lois, il appartient à nos autorités de défendre la décence publique.»

Les signataires:

Jean-Claude Barreau, Georges Bensoussan, Guillaume Bigot, Thomas Bousquet, Pascal Bruckner, David Brunat, Brice Couturier, Franck Dedieu, Ambroise de Ramcourt, Éric Delbecque, Alexandre del Valle, Henri Guaino, Edouard Husson, Joachim Imad, Mohamed Louizi, Éric Marquis, Céline Pina, Jean-Robert Pitte, Philippe Raynaud, Boualem Sansal, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, et Caroline Valentin.





samedi 9 juin 2018

Samedi soir









Meuble en teck, Nutella et Total

Je ne sais pas pour vous, mais moi cela me fait mal au ventre de voir cet Orang-outan résister dans un geste désespéré à un bulldozer qui détruit son arbre et sa forêt. Gloire à ce quadrumane qui vaut bien mieux que bien des humains !

Tout ce saccage pour meubler en bois exotiques, les Barbies et Ken occidentaux ou chinois et rendre obèses leurs moutards qui ingurgitent l'huile de palme contenue dans le Nutella. Il parait que cela rentre aussi dans la composition des carburants de nos voitures et que cela coute moins cher que l'huile de Colza cultivée chez nous. Toujours le profit à court terme, d'ailleurs Macron vient d'autoriser Total à raffiner de l'huile de palme en France. Honte à lui !

Le règne des humains n'a que trop duré, vivement sa fin...







mercredi 6 juin 2018

In memoriam



« Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. »

 6 juin 1944




 

mardi 5 juin 2018

L'Esprit d'escalier




Alain Finkielkraut et Paul Thibaud débattent du traitement médiatique de l’exploit de Mamoudou Gassama






lundi 4 juin 2018

Tommy Robinson, un journaliste en prison




Par Ivan Rioufol , blog du 4 juin 2018

Silence dans la presse française. Un journaliste anglais, Tommy Robinson, a été incarcéré pour 13 mois dans l’indifférence des défenseurs de la liberté d’expression. Mieux : c’est la "fachosphère" qui est accusée par la classe médiatique de s’indigner de cette atteinte à la démocratie. Jusqu’alors, seuls des pays comme la Chine, la Turquie ou la Russie osaient arrêter et mettre au trou des journalistes dissidents. Mais le tort de Robinson, fondateur de l’English Defence League, est apparemment de militer "contre l’islamisation de l’Angleterre" et l’extrémisme musulman. Alors que le journaliste diffusait en direct sur Facebook live, le 25 mai devant le tribunal de Leeds, les arrivées des protagonistes au procès d’un gang indo-pakistanais soupçonné de crimes pédophiles, des forces de l’ordre sont venues l’arrêter en direct. Déféré immédiatement devant la justice, Robinson (déjà condamné avec sursis) a écopé de 13 mois fermes, applicables dans l’instant. Cinq heures se seront écoulées entre son arrestation et son incarcération. Les juges ont condamné Robinson pour "outrage" ; en fait, pour avoir enfreint l’interdiction judiciaire de faire de la publicité sur ce procès de présumés proxénètes musulmans. Dans une démocratie aussi exemplaire que celle de l’Angleterre, cette mise au silence d’un journaliste, présenté comme un lanceur d’alerte par ses amis, a toutes les apparences d’une dérive judiciaire liberticide. La presse ferait bien de se réveiller.

Le politiquement correct, qui vient d’embastiller Tommy Robinson en imposant de surcroît l’omerta, est une prison intellectuelle dont les journalistes doivent s’échapper s’ils veulent rester crédibles dans leur rôle de contre-pouvoir. La France est à la merci d’un pouvoir politique qui cherche à contrôler toujours plus l’information, en profitant de l’endormissement de ceux qui sont supposés la défendre. La proposition de loi sur les "fake news", qui sera discutée jeudi devant l’Assemblée nationale, est de ces dangers qui doivent être dénoncés par la profession. Les députés macronistes, qui oeuvrent à répondre au souhait du chef de l’Etat lui-même, proposent cette définition pour la "fausse information" : "Allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable". Mais un tel flou peut permettre toutes les censures, au bon vouloir d’une parole officielle et d’une justice qui aurait à dire ce qui est vrai et ce qui est faux. Comme le rappelle L’Opinion de ce lundi, la proposition de loi accorde aussi au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), plus flic de la pensée que jamais, la possibilité de "débrancher" les sites internet de médias étrangers soupçonnés de mauvais sentiments. Non, tout ceci n’est pas à la hauteur de la France qui prétend donner des leçons de liberté d’expression à la Russie, à la Turquie ou à la Chine.








vendredi 1 juin 2018

Actuel



Portrait de Maurice Barrès   -  Jacques-Émile Blanche, 1891



La France débilitée n’a plus l’énergie de faire de la matière française avec les éléments étrangers. Je l’ai vu dans l’Est, où sont les principaux laboratoires de Français. […] À toutes les époques la France […] ramassait ces étrangers pour s’en fortifier. Aujourd’hui, ces vagabonds nous transforment à leur ressemblance ! 

Maurice Barrès, Les Déracinés (1897)






samedi 26 mai 2018

Samedi soir (moyenâgeux)





Au Moyen Age, certes le béton n'avait pas encore été inventé mais l'on y écrivait de fort jolies mélodies comme celle que je vous propose ce soir, composée par Guillaume de Machaut , chanoine champenois, poète et compositeur du 14ème siècle qui arpenta l'Europe et fut l'un des musiciens les plus en vue de son temps. L'œuvre la plus célèbre de Guillaume de Machaut reste sans doute sa "Messe de Nostre Dame" chantée pour la fête de la naissance de la Vierge Marie.

Voici soumis à votre écoute "Douce Dame Jolie", virelai illustrant "l'amour courtois" apparu au Moyen Age en France et qui définissait les rapports de séduction entre homme et femme, empreint de courtoisie et de respect.  Nous étions alors bien loin du wesh wesh "t'as l'air bonne toi, file moi ton 06, putain de ta race" de ce 21ème siècle que seuls les incultes tiennent pour le summum de notre civilisation.

J'en recommande particulièrement l'écoute à notre maire "pour tous" puisque comme aimait à le rappeler Marcel Pagnol dans "La gloire mon père", "Il ne faut jamais perdre une occasion de s'instruire"...Surtout à propos des temps civilisés, ajouterai-je.
 CD