"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline

samedi 22 août 2015

Bouillons amers


Henriette, vache libre et heureuse (Plateau d'Emparis, août 2007)

Voilà un long moment que nous n'avions pas parlé sur ce blog de la ferme des Bouillons à Mont Saint Aignan. Après le renoncement d'Auchan et la classification en terre inconstructible de l'endroit, le dossier sommeillait. Les autorités et les propriétaires, attendant le désintéressement de l'opinion, jouaient en quelque sorte le pourrissement de la situation. Rien n'est pire que l'été pour ce type d'affaire. C'est en général à ce moment précis lorsque citoyens et militants (on en est pas moins homme) sont préoccupés par leur bronzage que le dénouement intervient.
Je ne suis guère surpris par l'issue connue depuis hier matin (l'évacuation par les gardes mobiles des occupants des lieux). Que pèse en effet une bande d'alternatifs face à un trio qui s’entend comme larrons en foire; j'ai nommé le préfet (de l'état socialiste), l'administration (Safer) et l'argent (Immochan) ? Ici comme ailleurs: rien.
Dès lors, il était évident que le sort des artistes de rue et pour un temps des champs était scellé et qu'ils seraient bientôt priés d'aller planter leurs carottes et leurs poireaux plus loin. S'ils avaient eu un peu de culture historique, ils auraient su que gouvernement de gauche ou pas, les socialistes n'ont jamais hésité à faire donner la troupe face à la populace lorsque cela sert leurs intérêts politiques ou les intérêts économiques de ceux qui les financent.

Certains médias domestiqués ont cherché à nous faire croire que la ferme des Bouillons était occupée par des "zadistes" (de sinistre mémoire) afin que le vulgum pecus trouvât normal qu'on les évacuât. Même si je me sens très éloigné des scouts pastèques (verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur) qui occupaient les lieux, je trouvais ce mouvement plein de fraicheur, lui qui défendait une agriculture aux antipodes de la ferme des mille vaches, des trois milles cochons, des cinquante milles poulets ou des broyeuses de poussins mâles vivants et "inutiles", s'ils sont vus au travers des lorgnons comptables et bureaucratiques des tenants d'une agriculture industrielle et financière, pourvoyeuse de malbouffe pour grande distribution.

Étant récipiendaire de la lettre d'information de la ferme des Bouillons, j'ai visionné comme sans doute bon nombre d'entre vous, la vidéo de présentation de la sci "familiale" Mégard nouvellement propriétaire des lieux qui joue au choix le rôle d'idiot utile ayant flairé le bon coup financier ou celui de collabo de la famille Mulliez en vue de projets futurs et non avoués à ce jour. 
Dans cette vidéo, on y entend le" bougli bougla" marketing de jeunes arrivistes (tel qu'on le leur enseigne dans de quelconques écoles de commerce ou d'agroalimentaire) qui ont établi un "business plan" dans le bio, puisque c'est un domaine à l'heure actuelle particulièrement lucratif et à l'image valorisante puisqu'il permet d'apparaitre comme des bienfaiteurs de l'humanité. La vidéo ne montre pas leurs ongles, mais je vous parie qu'ils terminent des doigts bien plus habitués aux touches des claviers tactiles des tablettes qu'à la cueillette de carottes et de poireaux pour aller les vendre au marché bio du coin. Récupérés par le système qui nous a montré depuis bien longtemps qu'il savait tout digérer et recycler, l'écologie et le "bio" modernes et massifiés ont perdu de ce fait leur romantisme au profit de la rationalité financière en devenant un business comme un autre.


Mes chers Compatriotes, si le dossier de la ferme des Bouillons parait éloigné de ceux des éleveurs de bétail ou des producteurs de lait (au bord d'une jacquerie qui pourrait bien submerger les ploucs qui nous gouvernent, chouette!), ce n'est qu'une illusion. La politique agricole voulue par l'union européenne, décidée par les lobbys de l'industrie agroalimentaire et mise en place par ses exécutants des différents gouvernements français depuis trente ans, est simple: faire disparaitre le paysan et l'agriculteur (comme l'on a déjà fait disparaitre l’artisan pêcheur) au profit d'usines à protéines sur plusieurs étages comme il en existe déjà aux Pays Bas, usines où les animaux ne sont plus qu'une marchandise. Agriculture industrielle et profitabilité à tout crin, en remplaçant labourage et patûrage sont devenues en quelque sorte, les deux nouvelles mamelles de la France de la malbouffe (pour tous, bien entendu).

Dans un pays socialiste comme l'est actuellement devenue la France où l'on nous rebat les oreilles avec la "diversité", il est déplorable que ceux qui nous gouvernent n'appliquent pas celle-ci aux modèles économiques en n'en privilégiant un seul en agriculture comme en tous domaines; celui qui sied aux marchés et lobbys financiers. 

Dans ces conditions, mes chers Compatriotes, je vous engage à rester comme moi  totalement de marbre face à "l'écoloparade" que nous prépare pour la fin de l'année, Fanfan la teinture et la mère de ses enfants (ministre de l'écologie) avec ce sommet mondial des bonnes intentions pour la nature et le climat, foutaises à visées électoralistes parmi tant d'autres si l'on considère la politique menée en la matière par les mêmes sur le terrain.
CD


samedi 15 août 2015

Assomption 2015



En cette assomption 2015, les cloches des églises de France sonnent en solidarité avec nos frères chrétiens d'Orient.

Soyons en communion de prière avec eux
CD

mardi 28 juillet 2015

Chiffre du chomage: où ké ty, où ké ty ?


comme Michel Simon dans "Fric frac" (1939) qui "tondait au bonneteau des caves avec les barons", le gouvernement s'y essaie avec les chiffres du chômage de juin : "où ké ty, où ke ty", les dix milles chômeurs disparus grâce au nouveau mode de calcul des "barons" de pole emploi ? 
Seuls les bonimenteurs qui nous gouvernent et nous prennent pour des caves, le savent...Sous le tapis peut-être ?
CD


dimanche 26 juillet 2015

Affaire de la crèche de la mairie de Beziers: épilogue judiciaire

 Mes chers Compatriotes, l'été pour la presse est plutôt une période de disette pendant laquelle, le moindre chien écrasé devient du pain béni pour elle, digne de figurer en "une" de tous les journaux. 
Après en avoir fait ses choux gras, ne cherchez pas dans une presse française domestiquée, la moindre ligne concernant l'épilogue judiciaire de l'affaire de la crèche de la mairie de Béziers qui valut à Robert Ménard d'être cloué au pilori médiatique en décembre dernier. Alors pourquoi pas un seul mot ? Parce qu'une fois encore, la justice a donné raison au Maire de Béziers face à " une gauche qui vit dans le cauchemar de la parole libérée, de l’action libératrice, du retour de la vitalité et de la volonté."

 
 Entretien avec Robert Ménard par Gabrielle Cluzel (Boulevard Voltaire)

Robert Ménard, « l’affaire de la crèche de Béziers » revient sur le devant de la scène. La justice qui vous avait donné une première fois raison en référé vient à nouveau de débouter la Ligue des droits de l’homme, sur le fond, cette fois. C’est une grande victoire pour vous ?
Oui, une grande victoire, mais aussi une joie immense, et d’autant plus forte que nous redoutions un jugement défavorable. En effet, le rapporteur public avait donné raison à la Ligue des droits de l’homme et, très généralement, le tribunal suit ses recommandations.
Les motivations du jugement sont particulièrement réjouissantes. D’abord, le tribunal admet qu’il n’est pas nécessaire de justifier d’une tradition locale pour mettre en place une crèche. Ensuite, il reconnaît que son installation en mairie, à partir du moment où elle s’inscrit dans un camp culturel, ne contrevient pas à l’article 28 de la loi de 1905. Le tribunal affirme aussi que la commune avait parfaitement le droit d’acheter des santons, qu’il ne s’agissait nullement du financement d’un projet cultuel. Bref, sur l’essentiel, le tribunal nous a suivis ou, plutôt, a refusé de suivre une argumentation sectaire qui tient davantage de la bigoterie laïque que de la défense de la laïcité.
En tout état de cause, et même si la Ligue des droits de l’homme se pourvoit en appel, il y aura une crèche en mairie de Béziers à Noël 2015. Du reste, si le jugement nous avait été défavorable, nous aurions trouvé le moyen légal d’en installer une…

C’est, si je ne me trompe pas, la cinquième fois que la Ligue des droits de l’homme fait chou blanc avec vous…
Oui, la Ligue ne se lasse pas de recevoir des fessées judiciaires. Elle a, à ce jour, outre le jugement dont nous venons de parler, perdu quatre référés. Nous menons donc 5 à zéro. De façon générale, la Ligue tente de faire annuler toutes nos décisions, que ce soit sur le conditionnement des aides sociales facultatives, l’interdiction des mineurs déambulant la nuit sans leurs parents, etc.
Cet acharnement s’inscrit dans une volonté de harcèlement. La Ligue n’est que le bras (faiblement) armé sur le plan judiciaire d’un mouvement plus large rassemblant des partis et des syndicats de gauche. Rassemblés récemment dans le Var, ils en ont fait l’aveu public : déposer systématiquement des plaintes ou des recours contre les municipalités FN ou, comme dans le cas de Béziers, soutenues par le FN.
Il s’agit d’une instrumentalisation de la justice qui, d’une certaine manière, rejoint la volonté de la gauche de criminaliser les propos ou les actes de tous ceux qui ne pensent pas comme elle.

Mais, pour vos adversaires, le principal n’est-il pas d’avoir remporté la première manche médiatique, la deuxième manche – judiciaire, la plus importante pourtant – ne faisant l’objet d’aucun écho, ou presque, dans la presse ?
Je ne suis pas certain que nos adversaires aient gagné même cette première manche. À chaque fois, ils ont attaqué sur des sujets où, désormais, la majorité des Français est en accord avec nous. Au fond, la gauche n’est plus que sur la défensive. La réactionnaire, c’est elle. La conservatrice, qui essaye de conserver les « acquis » de Mai 68, c’est elle. Elle a peur de la révolution qui vient. La gauche vit dans le cauchemar de la parole libérée, de l’action libératrice, du retour de la vitalité et de la volonté. Alors, dans ce contexte qui apparaîtra ô combien historique aux historiens de l’avenir, qu’importe la Ligue des droits de l’homme, plus que centenaire, qu’importent les petites machinations médiatiques !

propos recueillis par Gabrielle Cluzel (Boulevard Voltaire)

jeudi 23 juillet 2015

Tout est dit...A lire absolument !


INTERVIEW - FIGAROVOX/ENTRETIEN - Alors que se poursuivent les manifestations d'éleveurs protestant contre les trop faibles prix de la viande qui ne leur permettent pas de couvrir leurs coûts de production, Périco Légasse analyse les raisons pour lesquelles le secteur agricole est en crise.

Périco Légasse est rédacteur en chef de la rubrique vin et gastronomie à l'hebdomadaire Marianne.

LE FIGARO. - Quelle est la responsabilité de la grande distribution dans la dégradation de la condition des éleveurs?

Périco LEGASSE. - Si ce n'était que ça. Autant demander à l'insecte quelle est la responsabilité de l'araignée sur la toile dans laquelle il vient de se prendre. Il suffit d'aller faire un tour au rayon boucherie des grandes surfaces et de pointer l'origine des étiquettes, la part des produits en provenance de l'étranger ne cesse de croître, payés à des tarifs avec lesquels l'élevage français ne peut entrer en compétition. Quant à la viande française, issue du plus bas de la gamme, elle est payée à des tarifs si bas que les éleveurs vendent à perte. Certes, les premiers interlocuteurs sont les abattoirs, mais, loin d'être des saints, ces derniers sont tenus par une course à la compétitivité par la grande distribution. Comment un éleveur peut-il accepter de vendre sa viande 3,98€ et de la retrouver à 14,50€ sur les étals des grandes surfaces? Qui se goinfre au passage? Quand on est au bord du gouffre, on a le droit de s'en exaspérer.

Comment expliquer le dysfonctionnement croissant du système agro-alimentaire?
C'est un réel problème de civilisation et chaque jour qui passe nous fait toucher le fond de ce système satanique qui consiste à surproduire pour surconsommer en comprimant au maximum les prix de production pour augmenter la marge du distributeur. Ecraser le fournisseur, qu'il soit agriculteur ou industriel, pour conforter les bénéfices d'enseignes qui croulent sous les profits alors que certains producteurs sont en train de crever. Tout cela n'a rien de nouveau et les signaux d'alarme sont actionnés sans relâche depuis des années dans l'indifférence totale des pouvoirs publics. Mais la puissance financière de la grande distribution et sa collusion avec la classe politique conduisent au massacre économique et social que l'on constate quotidiennement. Nos gouvernants, de «droite» comme de «gauche» - tout cela ne veut plus rien dire - ont tellement peur d'aller dans le sens contraire de l'histoire, entendez celui des marchés financiers, en réglementant les pratiques commerciales abusives et déloyales, que la grande distribution dicte leur conduite aux pouvoirs publics. Des pratiques avec lesquelles ont leurre le peuple en lui faisant croire que Leclerc, Auchan, Carrefour ou Intermarché se battent pour qu'il puisse toujours payer moins cher, et qui aboutissent, en fait, à la ruine de nos agriculteurs et à la destruction d'emplois éradiqués par les importations concurrentes. Sans parler des méfaits sociologiques d'un consumérisme à outrance qui installe la malbouffe industrielle dans les mœurs alimentaires. Ni des conditions sociales dans lesquelles travaillent des caissières peu a peu remplacées par les caisses automatiques. Alors que ce fut au départ une idée formidable, la grande distribution est devenue un fléau national en pleine expansion. La vérité est que nos éleveurs gênent, car ce système économique est périmé aux yeux du pouvoir, mais ils ont mauvais caractère quand on les mène à l'abattoir, et surtout des gros tracteurs qui barrent les ponts, alors il faut bien leur donner un peu de foin pour qu'ils n'en fassent plus.

Que penser de l'appel solennel que François Hollande a lancé aux acteurs de la grande distribution?
Je pense que François Hollande a un sens de l'humour débordant. C'est lui qui a nommé à Bercy l'ancien rapporteur du projet Attali prescrivant l'installation des enseignes de la grande distribution dans les «cœurs de ville», cause de la disparition rapide de ce qui restait du petit commerce de proximité. Il est donc solidaire de ce système. Monsieur Macron est le génie du libéral-socialisme qui va transformer la France en supermarché. Et maintenant on leur dit: «Eh les mecs, faut pas trop écraser la gueule des paysans, sans ça ils font des barrages sur les routes». En fait, la grande distribution fascine M. Hollande, comme tous les phénomènes auxquels on peut ajouter le concept «pour tous». Là c'est la «malbouffe pour tous». Vraiment, nous avons un président de la République im-pay-able!

On parle peu des négociations autour du Traité de libre-échange transatlantique (TAFTA) entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Que pensez-vous de sa mise en place? Quel effet produira-t-il sur les agriculteurs français et la qualité de leur production?

Oh vous savez, on se couche bien devant les Allemands (dont nous avons adopté la monnaie déguisée en euro, celle qui nous a rendu si riches, si puissants, si compétitifs et si croissants) depuis le Traité de Maastricht, et nous les soutenons quant il s'agit de châtier le peuple grec d'avoir tenté de refuser le diktat germanique demandé par celui-là même qui avait certifié que les comptes de la Grèce autorisaient son entrée dans l'euro, l'ancien chargé d'affaires de Goldman Sachs en Europe… un certain Mario Draghi, aujourd'hui président de la BCE. Alors pourquoi ne pas se coucher aussi devant les injonctions américaines à renoncer à tout ce qui nous protège d'un libéralisme brutal et débridé? Le libéral-socialisme c'est aussi tendre la main au grand frère d'outre-Atlantique qui veut nous aider à résister aux méchants Asiatiques. Un conte de fées qui n'engage que ceux qui y croient. La preuve, quand ils espionnent nos dirigeants, on s'excuse presque de leur demander pardon. Si ce fameux TAFTA est signé tel que José Manuel Barroso et Jean-Claude Juncker l'ont conçu, ce sera tout simplement la fin des spécificités qui régissent la vie économique française depuis la Deuxième guerre mondiale et surtout la fin des normes qui permettent à l'agriculture française de se distinguer par la mise en valeur de son patrimoine qualitatif et par la préservation de ses origines. Mais tout ça, c'est ringard. La modernité c'est de supprimer une ligne SNCF électrifiée pour la remplacer par des autobus à mazout sur des routes saturées.

Quelle est l'influence de la convention européenne des travailleurs détachés sur le secteur agricole? [Pour mémoire, le nombre de travailleurs détachés dans l'agriculture a grimpé de plus de 1000% entre 2004 et 2011, atteignant environ 40 000 personnes.]

C'est très simple, elle a permis à la première puissance industrielle européenne, l'Allemagne, de devenir aussi la première puissance agricole. Ainsi les éleveurs de porcs bretons auxquels on a expliqué, avec la complicité de la FNSEA, ce grand syndicat qui cogère l'agriculture française avec le ministère depuis 1964, que le productivisme à outrance, dans la qualité de viande la plus infâme, leur garantirait la suprématie sur ce marché, se sont retrouvés au tapis, lessivés, ruinés. Pourquoi? Parce que l'Allemagne, pas à un scrupule près, embauche, à des salaires proches de l'esclavage, de la main d'œuvre des anciens pays de l'Est grâce à cette convention et qu'elle peut ainsi proposer du porc 15 à 20% moins cher que le moins cher des porcs armoricains. Ainsi les grandes surfaces de Quimper, Saint-Brieuc, Brest et Rennes peuvent-elles proposer du cochon allemand à un prix qui condamne à mort la filière bretonne. Les consommateurs des Côtes-d'Armor financent leur propre déclin en mangeant du cochon d'outre-Rhin. Tout cela sous le regard hébété de nos élites, de nos princes, de nos banquiers, qui se disent que, quand même, il y a quelque chose qui flanche dans leur montage européen mais qu'il faut continuer comme ça, car il est interdit de remettre en cause l'hégémonie de Berlin. En l'occurrence l'agression n'est ni mongole, ni moldave, ni bolivienne, mais signée par notre principal partenaire, notre rempart, notre gouvernante en matière de bonne éducation européenne: l'Allemagne.

La production agricole et les exportations agroalimentaires allemandes dépassent celles de la France depuis 2007. Plus compétitive, l'Allemagne domine dans le secteur du porc, du bœuf, de la volaille, des œufs, du lait et même des fraises. L'Espagne a pour ambition de devenir le leader dans la production de porcs en Europe. La concurrence se fait surtout sentir au sein même de l'UE… Les salaires des agriculteurs en France devront-il s'aligner à la baisse sur ceux de nos voisins?

Les salaires agricoles français sont déjà au plus bas, nous en savons quelque chose, et ne permettent plus aux exploitations de vivre de leur travail. Car en plus le paysan français, ce fainéant qui tire au flanc et passe sa journée à gémir, c'est bien connu, est assisté par les subsides versés par le contribuable allemand, via la PAC. Le paysan français, cela est dit et répété depuis des jours sur tous les médias audibles de ce pays, veut vivre de son travail. Il ne demande ni l'aumône, ni un poumon artificiel, mais que le lait et la viande qu'il produit en trimant et en respectant des règles drastiques de production lui donne de quoi vivre. Quel scandale! Et là, on lui explique que s'il ne s'aligne pas sur le néo-esclavagisme né des traités européens et appliqué par des institutions non élues, il n'a plus qu'à mourir. Produire de la saloperie ne suffit pas, il faut aussi vivre dans la misère. C'est ça la concurrence libre et non faussée du rêve européen?

Depuis dix ans, à l'exception des caprins, l'évolution des cheptels français est à la baisse. Comment l'expliquer?

Normal. Tout est fait pour éradiquer l'élevage français. La filiérisation de l'agriculture est une aberration. Races à viande, races à lait. C'est stupide. La solution est dans la mixité, comme cela a toujours été le cas du temps où l'agriculture française était la plus performante du monde. Une vache donne naturellement du lait pour nourrir son veau, un lait que l'on transforme en beurre, en yaourt, en fromages, etc. Quand la vache a fini sa «carrière» de laitière, qu'elle est «tarie», pour utiliser l'expression consacrée, il suffit de la mettre à l'herbe durant quelques mois pour obtenir une viande de très grande qualité. Pour cela il faut remettre des millions d'hectares de pâturages en valeur. Or aujourd'hui une viande bovine bouchère est obtenue en nourrissant la bête avec des céréales très coûteuses, du maïs qui nécessite un arrosage calamiteux pour nos réserves d'eau, ou au tourteau de soja OGM importé en masse d'Amérique du Sud. Tout ce qui va dans le sens contraire de la logique et du bon sens. Résultat: l'élevage français est dans l'impasse pendant que nos concurrents européens, Irlande, Grande-Bretagne, Allemagne et Espagne déversent sur le marché des millions de tonnes de viandes meilleures et moins chères car eux ont conservé la pratique du pâturage. Quant à l'élevage laitier, il est concurrencé par des laits industriels infâmes importés souvent de très loin et vendus en brique UHT. Allez chercher un litre de lait frais dans une supérette de village, en pleine région laitière, on vous regarde avec des yeux ronds comme si vous débarquiez d'Uranus. La publicité a lavé les cerveaux et la grande distribution finit le travail en gavant le consommateur de produits sans âme et sans saveur. Et le consommateur joue les moutons de Panurge, par paresse, facilité, ignorance et conformisme. Sublime paradoxe, la patron de la FNSEA, premier syndicat agricole, Xavier Beulin, qui discute avec le ministre, est président de la multinationale Sofiprotéol, propriétaire de plusieurs marques agro-alimentaires, dont l'une des filiales à 100%, la société Farmor (Glon-Sanders), à Guingamp, importe des centaines de milliers de tonnes de poulets industriels brésiliens produits dans des conditions ignobles. D'une main j'envoie mes éleveurs de volailles faire des actions commandos, d'une autre j'importe en masse ce qui les conduit à la ruine. Tout un symbole des aberrations de notre époque. Une question historique se pose alors, qu'est-ce que ce monsieur fait à la table des négociations? Stéphane Le Foll est un grand ministre de l'Agriculture, dommage qu'il n'ait pas le pouvoir de faire ce qu'il sait devoir faire. 

mardi 14 juillet 2015

Interview du 14 juillet du Ravi de la Corrèze



Résumé de l'interview de ce jour du Ravi de la Corrèze:

" Ce n'est pas pour me vanter mais il fait beau aujourd'hui."


CD

Discrimination anti-française : le témoignage d'Angelo, SDF

Le soldat, gardien de l'espace et du passé, sentinelle de la longue durée

 
par Robert Redecker - le Figaro
 
Chaque 14 Juillet, la France découvre qu'elle a des soldats. Le soldat français retrouve alors une partie de sa visibilité perdue.
En effet, les dernières décennies ont cherché à le rendre plus ou moins invisible, surtout depuis la fin du service militaire obligatoire. Cette malheureuse réforme a coupé le lien entre le peuple et le soldat. Le soldat s'est fait rare dans les familles, dans les rues, dans l'espace quotidien. Tout se passe comme si, hors quelques manifestations spécifiques, on l'avait obligé à déserter l'espace public. Le 14 Juillet permet d'oublier cette mise à l'écart.
 Naguère la figure du soldat était à la fois populaire (chacun ayant accompli son service militaire détenait une connaissance intime de l'armée, exposée dans toutes les réunions de famille) et notabilisée (il ne manquait pas de soldats dans les conseils municipaux, au Parlement, à l'Académie française, dans de nombreuses institutions, partout le soldat brillait en société). Chaque Français se sentait concerné par l'armée parce que celle-ci était passionnément liée à l'existence de tous les jours. De fait, chacun estimait que les affaires de l'armée étaient un peu aussi les siennes. Chacun ne manquait pas de donner son avis sur son fonctionnement et ses buts.

Pourquoi a-t-on voulu cacher le soldat? La réponse est claire: parce qu'il incarne une réalité que certaines élites aimeraient bien détruire, qu'il importe de toute façon à leurs yeux d'enfermer dans le grenier poussiéreux des choses à jamais réduites à la caducité, le fait national. La présence du soldat dans la vie quotidienne risquerait de rappeler aux Français qu'ils sont une nation, de légitimer la question, décrétée taboue, de l'identité nationale. L'escamotage du soldat s'inscrit dans cette haine de soi que les tenants de l'idéologie dominante veulent contaminer au peuple dans son entier. Plus: on a voulu cacher le soldat parce qu'on a voulu cacher l'histoire comme histoire nationale. L'opinion articule la figure du soldat à l'idée d'espace, de frontières, de territoires. Mais il est tout aussi exact de l'articuler à l'idée de temps. Il n'est pas seulement le gardien de l'espace, il est aussi, l'un des gardiens du passé, la sentinelle de la longue durée.

À l'image du professeur et du prêtre, le soldat rend présent la continuité, actualise le temps long. Il maintient présent le passé le plus long, celui de la nation. Sans doute est-ce à cause de ce rapport à la longue durée que tous trois, le professeur, le prêtre et le soldat, peinent à conserver du crédit dans notre société qui développe le culte de l'instant présent? De ce fait, devenir soldat, professeur et prêtre ne fait plus rêver les adolescents.
Tous les trois pourtant sont voués à la transmission du passé aux générations nouvelles. Le professeur transmet le savoir, le prêtre la foi, le soldat la nation. Ensemble ils rappellent à notre époque une obligation à laquelle elle cherche à se dérober: l'être humain a des devoirs devant le passé.

Tout comme le professeur et le prêtre, le soldat est un héritier et un passeur d'héritage. Tous les trois sont les derniers héritiers au cœur d'une société d'inhéritiers, la nôtre, qui a transformé en catéchisme la triste vulgate issue de Bourdieu, selon laquelle l'appellation «héritier culturel» est une insulte. C'est toute, l'histoire de France qui vit dans chaque soldat. C'est elle qui bat dans son cœur. Ce sont 15 siècles, 40 rois et 5 Républiques, qui habitent ses gestes. Autrement dit un soldat ne représente pas seulement la France dans son état actuel, ni non plus uniquement la politique française d'aujourd'hui (par exemple au Mali).
Il représente tout le passé de la France. Tous les soldats de toutes les batailles depuis Hugues Capet, et même avant, celles de l'Ancien Régime, celles de l'Empire et celles de la République, revivent à leur façon sous l'uniforme du soldat français tel qu'il défile le 14 Juillet. Acceptant le risque d'être tué à l'ennemi, le soldat est pourtant aussi résurrectionnel: même à l'heure du don suprême, celle de sa propre vie, de sa jeunesse, tous les soldats de France trouvent leur résurrection en lui.

«J'aime les gens à uniforme: ils portent la livrée des hautes préoccupations» a écrit, magnifiquement, Barrès. C'est la livrée que le soldat porte quand il est tué à l'ennemi. L'uniforme du soldat est une livrée paradoxale: une noble livrée, une livrée qui place le soldat bien au-dessus de tous les porteurs de costumes civils dans la mesure où elle témoigne d'un service qui transcende les êtres et les époques, celui de la France. Son uniforme est livrée du gardien de la France, de son espace (le territoire) et de son temps (son histoire). De fait, ce n'est pas pour des idées que le soldat accepte de mourir - les fameuses valeurs républicaines, ou humanitaires, au service desquelles
on l'utilise désormais. Ce n'est pas non plus pour les Français. C'est pour une entité différente des Français, historique, et métaphysique plutôt que démographique: la France.

L'air du temps tourne-t-il? Du fait du retour du tragique de l'histoire en plein cœur de nos sociétés, à cause de la guerre ouverte que le terrorisme islamiste entend mener contre la France, ses façons de vivre et son peuple, ses libertés, le soldat réapparaît dans la rue, afin de protéger les abords des bâtiments publics, des églises et des synagogues. Ce retour peut aider à renouer le lien entre l'armée et le peuple. Du coup, le 14 Juillet changerait d'allure, devenant la fête des retrouvailles entre la nation et son armée. Quoi qu'il en soit, sans le soldat, ce que le 14 Juillet exalte n'existerait pas: la République, et la France (qui ne se réduit pas à la République, laquelle a été précédée par la monarchie et dont nul ne peut dire quel type de régime lui succédera).

mercredi 8 juillet 2015

Comme les 30 premiers signataires, je signe l'appel de Denis Tillinac pour sauver nos églises

Église Saint Mary à Colamine sous Vodable. Août 2010

Résistance. Parce que nos églises, même désaffectées, ne sont pas destinées à devenir des mosquées, Denis Tillinac et “Valeurs actuelles” lancent un appel pour préserver ces sentinelles de l’âme française.

Certaines déclarations récentes appelant à ce que des églises soient transformées en mosquées ont provoqué chez les Français une émotion susceptible de favoriser les pires amalgames en ces temps où le terrorisme islamiste ensanglante la planète et commet des crimes en plein Paris. Elles offensent gravement les catholiques, ainsi que de nombreux imams attachés à la singularité de leur foi et de leur pratique cultuelle.

Une église n’est pas une mosquée, et prétendre que “les rites sont les mêmes” relève d’un déni de réalité scandaleux. Croyants, agnostiques ou athées, les Français savent de la science la plus sûre, celle du coeur, ce qu’incarnent les dizaines de milliers de clochers semés sur notre sol par la piété de nos ancêtres : la haute mémoire de notre pays. Ses noces compliquées avec la catholicité romaine. Ses riches heures et ses sombres aussi, quand le peuple se récapitulait sous les voûtes à l’appel du tocsin. Son âme pour tout dire. De Michelet à Marc Bloch, aucun de nos historiens n’a méjugé cette évidence. Les maires de nos communes rurales, fussent-ils allergiques au goupillon, entretiennent tous leur église avec une sollicitude filiale. Elle ennoblit leur village ; à tout le moins, elle le patine et ils en conçoivent une fierté légitime.

L’angélus que sonnent nos clochers scande le temps des hommes depuis belle lurette. Sur celui du tableau de Millet, il a beau n’être qu’un point infime à l’horizon, il atteste une pérennité culturelle par-delà les aléas historiques. pour lire la suite et signer la pétition, cliquez ici

mardi 7 juillet 2015

Comment être ministre et parler comme un tract d'étudiant gauchiste attardé ?


Robert Ménard
Entretien avec Boulevard Voltaire
Comment être ministre et parler comme un tract d'étudiant gauchiste attardé ?

Le procureur de la République de Béziers vient de classer sans suite la procédure ouverte à l’encontre de Robert Ménard dans le cadre de l’affaire du pseudo « fichage » d’écoliers musulmans. Boulevard Voltaire a recueilli les réactions de l’intéressé…

B.V: Le procureur vient de classer sans suite la pseudo-affaire du « fichage » des écoliers musulmans. Rien de très étonnant ?
Au regard du droit, à l’examen des faits, aucune surprise. En revanche, pour l’opinion publique ce doit être, ce matin, la stupéfaction. Car enfin, en mai dernier, durant plusieurs jours, j’ai subi avec ma ville une véritable hystérie médiatique. 160.000 occurrences dans le moteur de recherche Google ! À la demande du gouvernement, mes bureaux ont été perquisitionnés. J’ai été interrogé par le SRPJ à Montpellier. Les plus hautes autorités de l’État, dès la première heure de « l’affaire », m’ont jeté en pâture à la vindicte publique. Comment les Français pouvaient-ils penser que je n’étais pas un coupable absolu ?
Or, que reste-t-il de tout cela ce matin ? Rien ! Absolument rien ! La justice confirme ce que je disais dès le premier jour : il n’y a pas, il n’y a jamais eu de fichiers d’élèves musulmans en mairie de Béziers.
 
B.V: On a encore en tête les réactions outragées des responsables politiques, jusqu’à la tête de l’État…
Outragées, oui, comme le sont les personnages du théâtre de boulevard qui surjouent leur texte. Outragées, oui, mais de cette tragique et banale sottise qui irrigue les cerveaux de gauche dès lors que certains sujets sont abordés. Ainsi, Mme Taubira parlant de retour des années 30, Najet Vallaud-Belkacem affirmant « vouloir protéger les enfants », sans doute avant de leur dire « Au revoir » comme dans le film de Louis Malle sur la déportation des juifs
Comment peut-on être ministre et parler comme un tract d’étudiant gauchiste attardé ? Et que dire du président de la République me promettant une condamnation par les juges, ou du Premier ministre s’interrogeant sur le droit de « l’extrême droite » à diriger une ville ?
Tous ces gens qui nous dirigent sont d’une effroyable médiocrité intellectuelle. Sous Clemenceau ou Blum, ils n’auraient même pas obtenu un portefeuille de sous-secrétaire aux Postes.

B.V: Quant aux journalistes qui ont consacré des unes entières à cette « affaire », on voit aujourd’hui peu d’articles relayant la décision du procureur qui vous est favorable ?
Oui, et ceux qui paraissent ne font plus les gros titres. Midi libre s’est surpassé ce matin. Rien à la une. En page 2, un petit encadré, mais bien plus modeste qu’une longue colonne signée d’une stagiaire du journal qui explique combien elle est contente d’être stagiaire… Il faut aller en page « Région » pour trouver un article un peu plus conséquent, mais en bas de page, sans photo, écrasé par un article beaucoup plus gros, avec photo, consacré à un sujet de haute importance : la chaleur au travail…

B.V: Reste ouvert le débat sur les statistiques ethniques…
Légèrement entrouvert… Car le débat n’est guère autorisé qu’à condition de vouloir compter dans un but de discrimination positive. Pour le reste, le système en place vit dans la terreur de la réalité de ces chiffres. Il vient de paraître aux États-Unis une statistique : sur la classe d’âge inférieure à cinq ans, les « Blancs » sont désormais minoritaires. Si la France faisait les mêmes calculs, qu’apprendrions-nous sur la Seine-Saint-Denis, sur certains arrondissements de Paris, de Lyon, de Marseille ? Les chiffres bien cachés, l’autruche française peut bien dormir.
 

mercredi 1 juillet 2015

Mort d'un Patriote


Charles Pasqua 1927- 2015 
"La démocratie s'arrête là où commence l'intérêt de l’État."
"Il faut terroriser les terroristes"
et cette dernière dont je ne vois aujourd'hui meilleur destinataire que François Hollande:
 "Il peut encore rendre un service à la France: ne pas se représenter."

mardi 30 juin 2015

Philippe Muray : « Tombeau pour une touriste innocente »



Rien n’est jamais plus beau qu’une touriste blonde
Qu’interviouwent des télés nipponnes ou bavaroises
Juste avant que sa tête dans la jungle ne tombe
Sous la hache d’un pirate aux façons très courtoises

Elle était bête et triste et crédule et confiante
Elle n’avait du monde qu’une vision rassurante
Elle se figurait que dans toutes les régions
Règne le sacro-saint principe de précaution

Point de lieu à la ronde qui ne fût excursion
Rien ici ou là-bas qui ne fût évasion
Pour elle les pays étaient terres de passion
Et de révélation et de consolation

Pour elle les pays étaient terres de loisirs
Pour elles les pays n’étaient que communion
On en avait banni les dernières séditions
Pour elle toutes les terres étaient terres de plaisir

Pour elle les nations étaient lieux d’élection
Pour elle les nations n’étaient que distraction
Pour elle les nations étaient bénédiction
D’un bout du monde à l’autre et sans distinction  .....la suite ici

lundi 29 juin 2015

Texte intégral de l’intervention d’Éric Zemmour au Tribunal Correctionnel de Paris le 24 Juin 2015.




" Je vous avoue que j’ai longuement hésité à venir à l’audience. Mon avocat me déconseillait plutôt de me déplacer, pour conserver, disait-il, aux débats leur caractère technique.

J’ai décidé pourtant d’assister à cette audience. D’abord par respect des magistrats, de la cour, et au delà des institutions de la République. Mais aussi par curiosité. Je voulais comprendre ce qu’on me reprochait. Comprendre quelle loi ou quelle partie de la loi j’avais enfreint.
Après tout, nul n’est censé ignorer la loi. Je voulais comprendre pourquoi le procureur, le représentant de l’Etat, m’attaquait pour des propos qui ne faisaient pourtant que décrire des faits, une réalité, amplement retranscrite: «des bandes étrangères venues d’Europe de l’Est écument notre pays», ça passe; mais quand on dit: «des bandes de tchétchènes, Kosovars, Roms dépècent, dévalisent, violentent, ou dépouillent», ça ne passe pas. Lui n’est pas déféré, moi, je le suis.
Je comprends bien le point de vue du procureur : il favorise la concision.
L’ellipse est préférée à la description clinique. Madame le procureur préfère la pudeur des impressions à l’impudeur du réalisme. Mais cette querelle littéraire est-elle de la compétence de ce tribunal ? Il faut alors qu’elle aille au bout de cette logique littéraire.
Qu’elle m’indique les bons mots et les mauvais mots, les mots autorisés et les mots interdits. Qu’elle redéfinisse les canons de la profession de journaliste. Que celui-ci ne soit plus tenu d’informer de ce qu’il voit, mais d’abord d’informer ce qu’il ne voit pas, mais qu’il est bon de voir.
J’avoue ma perplexité. Je n’ose penser que ce ne sont pas les mots qui comptent, mais ma personne. Il y a quatre ans, le procureur m’avait expliqué que ma notoriété fort grande avait pour corollaire une responsabilité aussi grande. Je constate qu’en quatre ans, j’ai encore pris du galon, puisque je suis davantage responsable, et donc davantage condamnable, qu’un ministre de l’intérieur lui-même.
Mais j’ai compris en écoutant avec soin ces débats, que ce ne sont ni mes mots ni ma personne qui importaient, mais mes pensées. Même pas mes pensées, mais mes arrière-pensées. Dans le passé, nous avions ainsi le tribunal de l’Inquisition qui dénichait la persistance des pensées hérétiques chez des marranes convertis au catholicisme. Nous avons eu plus récemment les grands procès staliniens qui traquaient les intentions contre-révolutionnaires.
A la suite de la parution de mon livre, le Suicide français, le premier secrétaire du parti au pouvoir avait dénoncé la zemmourisation de la société. Le premier ministre avait expliqué que mon livre n’était pas digne d’être lu, le ministre de l’Intérieur avait appelé à manifester contre moi, et le président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale avait sollicité de mes employeurs qu’ils mettent fin à mes collaborations à leurs medias.
Marie-Anne Chapdelaine, Une députée d’Ille-et-Vilaine, me chassait carrément de France : «Monsieur Zemmour, la République, on l’aime ou on la quitte ».
Aujourd’hui, je vis la version judiciaire de cette offensive médiatico-politique. On prétend faire du droit, mais derrière les arguties, ce n’est qu’une bataille politique pour me faire taire.

Il y a six mois, des millions de Français défilaient dans la rue pour défendre la liberté d’expression. Les malheureuses victimes de Charlie Hebdo avaient subi aussi une condamnation judiciaire venue d’un tribunal islamique qui les avait condamnés à mort pour blasphème. Si je comprends bien ce qui m’est reproché, la liberté d’expression, c’est bon pour les dessinateurs de Charlie, mais ce n’est pas bon pour moi. Parce qu’eux sont gentils, et moi, je suis méchant.
Eux ont des bonnes arrière-pensées, et moi j’en ai de mauvaises. Si je comprends bien, nous vivons toujours sous le règne de la phrase de Saint-Just : «pas de liberté pour les ennemis de la liberté». Cela s’appelait la Terreur. "
Eric ZEMMOUR

Conseil Municipal


Conseil municipal le mardi 30 juin 2015, Hôtel de ville, salle des mariages à 19h00

PV du 18 mai 2015

Convocation et note de synthèse