"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline
Affichage des articles dont le libellé est Zemmour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Zemmour. Afficher tous les articles

jeudi 25 mars 2010

Guillotine médiatique

Dessin paru dans Marianne

Par Renaud Camus
M. Éric Zemmour est pour notre peuple une des dernières voix audibles dont les propos ont quelque rapport avec ce qu'il observe quotidiennement et ce qu'il éprouve jour après jour. Que les puissances de la répression médiatique parviennent à le faire taire après tant d'autres, quelques-uns des tout derniers liens seront tranchés entre ce qui survient et ce qui se dit, entre l'expérience et la parole, entre la réalité physique et sensible des jours, d'une part, et l'endoctrinement permanent d'autre part : on entrera sans restriction dans la fiction totale et dans le monde imaginaire que fomentent de toutes leurs forces les champions d'une humanité nouvelle elle-même imaginaire. Le seul critère à retenir pour juger des propos de M. Éric Zemmour, ce n'est pas de se demander s'ils sont conformes ou non à la formidable vulgate de l'anti-racisme dogmatique, mais de se poser cette question simple et de partout chassée : sont-ils vrais ou ne le sont-ils pas ?
Paris, samedi 20 mars 2010

samedi 20 février 2010

La schizophrénie des profs (Eric Zemmour)


Ils défilent. Ils manifestent. Ils se plaignent. Ils exigent. Révolte de routine ? Non, sire, une révolution. Les profs manifestent pour la sécurité. Ils se plaignent de la violence. Ils exigent de la répression. Certes, ils croient encore naïvement que l'arrivée de surveillants supplémentaires sera la solution miracle. On n'efface pas toute trace de pensée magique d'un trait de plume. Mais il faut se souvenir qu'il y a vingt ans leurs aînés parlaient de «sentiment d'insécurité»; et traitaient de «fascistes» et de «racistes» tous ceux qui dénonçaient la montée de la violence à l'école. La culpabilité coloniale hantait ces bons apôtres. La culture de l'excuse sociale était une seconde nature. Encore aujourd'hui, d'éminents sociologues nous expliquent que les jeunes enfants d'immigrés se sentent exclus d'une école faite pour les Blancs. Leur enseigner Molière et Louis XIV les «humilie». Les profs, comme toute la gauche, sont schizophrènes : ils croient en l'émancipation par la culture et ne peuvent se défaire de ces fadaises victimaires. Ils voient qu'une immigration continue depuis trente ans sape leurs efforts d'intégration et militent avec le RESF (Réseau Education sans frontières) contre les expulsions d'enfants de sans-papiers. Ils constatent, en Seine-Saint-Denis par exemple, que la plupart de leurs élèves n'ont pas le niveau de l'enseignement général, mais défendent encore le collège unique. Ils veulent imposer leur autorité, transmettre leur savoir, et appliquent le slogan de leurs maîtres des IUFM : « L'enfant au cœur du système. » Entre la réalité qu'ils vivent et l'idéologie qu'ils récitent, ils ne savent plus où ils habitent. C'est toute la gauche - médiatique, intellectuelle, politique - qui connaît un semblable désarroi. Et donc notre pays puisque, depuis la Libération, l'Education nationale a été sous-traitée par tous les gouvernements aux syndicats d'enseignants.

Eric Zemmour (Figaro 19/02/2010)