"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline

samedi 3 décembre 2022

"au Cœur de Bihorel", l'association

 



J'aime bien cette vieille carte postale, elle représente un Bihorel des origines ou tout du moins d'un temps que les moins de cent ans n'ont pas connu. Elle est intéressante également car elle nous montre trois des prochaines victimes (parmi d'autres, hélas !) de l'urbanisme à Bihorel qui ressemble à un canard sans tête.

On y voit à l'arrière plan l'hippodrome qui à l'occasion de l'adoption du PLUI est passé de zone naturelle à Zone UP (zone urbaine paysagère) ce qui le rend "constructible" pour des équipements publics avant de l'être pour des logements privés dans un futur proche. On y voit aussi le Lido, condamné à moyen terme, c'est à dire dès que la nouvelle salle des fêtes sera opérationnelle.

Enfin, notre presbytère au premier plan, qui se retrouve lui dans l'œil du cyclone. Les choses en effet semblent s'accélérer du coté de la mairie et sa volonté de voir un projet immobilier aboutir rapidement. A Bihorel, comme sur tout le plateau nord, les promoteurs sont à l'urbanisme et au cadre de vie ce que les viandards sont à la chasse : ils s'arrachent et massacre la moindre proie. 

Cette semaine, une association a été créée par de simples habitants de Bihorel et/ou paroissiens de Notre Dame des nations. Son but proposer une alternative aux différents projets que les "viandards de l'urbanisme" vont soumettre à notre maire à tous qui les étudiera avec les yeux de Chimène, enfin surtout le chèque, puisque l'on parle d'une somme de plus d'un million d'euros pour acquérir les quelques  1.400 mètres carrés de foncier de la parcelle du presbytère. 

"Au cœur de Bihorel" proposera et défendra deux projets alternatifs. L'un consistant à raser l'actuelle bâtisse et à bétonner 80% (voir plus) de la parcelle pour y construire un collectif "intergénérationnel et participatif " entre autres dont j'ai déjà écrit tout le "bien" dont je pensais.

L'autre projet de l'association consisterait à réhabiliter le presbytère en le faisant évoluer à l'image de ce qui fut réalisé pour le centre Gascard. Cela permettrait de sauver en grande partie le jardin qui entoure le presbytère, et de conserver ainsi un peu de végétation et un espace vert dans un environnement (celui de la place de l'église) déjà particulièrement bétonné et pavé de granit. 

Bien évidemment, l'association est là également pour veiller à l'application de la clause presbytérale voulue par le donateur de la parcelle à la commune et l'association soutient par ailleurs, la création dans le bâti (ancien et nouveau) d'un restaurant scolaire pour les élèves de l'école Notre Dame des Anges ainsi que la réalisation d'un espace de même surface remplaçant l'actuelle salle paroissiale quelque peu désuète, voire dangereuse...

Le projet de réhabilitation en est à ses balbutiements, les tenants de la sauvegarde du patrimoine historique n'ayant été que très récemment invités à la réflexion sur l'avenir de notre presbytère et cela pour des raisons sur lesquelles je reviendrai à l'heure des bilans.

Bref, si tout cela vous intéresse, une réunion d'information se tiendra le 12 décembre à une heure et un lieu que je préciserai dans ces colonnes.


C.D  

 






vendredi 2 décembre 2022

Dimanche

 


" On reconnaît l'homme libre à ce qu'il est attaqué simultanément ou successivement par des partis opposés." 


Henry de Montherlant





jeudi 1 décembre 2022

Comme le temps passe

 



    On se dit " tiens, je vais écrire un billet aujourd'hui " et puis la nouvelle tombe.

 "Mort à 87 ans de Mylène Demongeot."  Le billet attendra...








samedi 26 novembre 2022

vendredi 25 novembre 2022

mercredi 23 novembre 2022

Equipe de France

 



Difficile de s'identifier à cette équipe de France, mais bon, c'est quand même plus facile avec certains joueurs qu'avec d'autres... 


C.D





lundi 21 novembre 2022

 

« Ils achèteront plus tard mes livres, beaucoup plus tard quand je serai mort, pour étudier ce que furent les premiers séismes de la fin. »


Louis-Ferdinand Céline






vendredi 18 novembre 2022

In memoriam - Marcel Proust



votre serviteur - Cabourg / Balbec - Grand Hôtel - février 2014


     Marcel Proust 

" La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l’attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l’insuffisance de la réalité à les satisfaire. Ceux-là qui ont besoin de repos avant d’avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine. Rien n’y demeure, rien n’y passe qu’en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui ! De là cette grande pureté de la mer que n’ont pas les choses terrestres. Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu’il faut une pioche pour entamer. Le pas d’un enfant sur l’eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l’eau en sont un moment brisées; puis tout vestige s’efface, et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde. Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus douces, incertaines et désertes. Tout y est plus mystérieux, jusqu’à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maisons et sans ombrages, et qu’y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures.

La mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit, qui sont pour notre vie inquiète une permission de dormir, une promesse que tout ne va pas s’anéantir, comme la veilleuse des petits enfants qui se sentent moins seuls quand elle brille. Elle n’est pas séparée du ciel comme la terre, est toujours en harmonie avec ses couleurs, s’émeut de ses nuances les plus délicates. Elle rayonne sous le soleil et chaque soir semble mourir avec lui. Et quand il a disparu, elle continue à le regretter, à conserver un peu de son lumineux souvenir, en face de la terre uniformément sombre. C’est le moment de ses reflets mélancoliques et si doux qu’on sent son coeur se fondre en les regardant. Quand la nuit est presque venue et que le ciel est sombre sur la terre noircie, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel mystère, par quelle brillante relique du jour enfouie sous les flots. Elle rafraîchit notre imagination parce qu’elle ne fait pas penser à la vie des hommes, mais elle réjouit notre âme, parce qu’elle est, comme elle, aspiration infinie et impuissante, élan sans cesse brisé de chutes, plainte éternelle et douce. Elle nous enchante ainsi comme la musique, qui ne porte pas comme le langage la trace des choses, qui ne nous dit rien des hommes, mais qui imite les mouvements de notre âme. Notre coeur en s’élançant avec leurs vagues, en retombant avec elles, oublie ainsi ses propres défaillances, et se console dans une harmonie intime entre sa tristesse et celle de la mer, qui confond sa destinée et celle des choses. "


Marcel Proust /  septembre 1892

Les Plaisirs et les jours, 1896.





lundi 14 novembre 2022

Humanité par Charlotte d'Ornellas




 

Personne ne quitte son pays de gaité de cœur, c’est entendu. Mais personne ne devrait quitter son pays pour finir dans une tente sous un pont du périphérique parisien, poussé à la délinquance par des réseaux criminels ou par les basiques nécessités d’une vie déracinée et solitaire. C’est pourtant ce qui arrive, sans que cela n’arrête la propagande migratoire des idéologues endurcis et des élites décidemment déconnectées.

On peut bien accueillir 234 personnes de plus, répètent en cœur ceux qui ne subissent jamais les conséquences de leur prétendue générosité. 234 personnes en détresse, qu’est-ce que cela pèse dans un pays de 67 millions de personnes, ânonnent en cœur les vedettes au grand cœur virtuel. Ils affirment agir par humanité… Mais où sont ces défenseurs de l’humanité lorsque ce sont leurs proches, ceux dont le gouvernement a premièrement la charge, qui murmurent leur détresse sans association de défense, sans micro ni caméra, sans avocats commis d’office, sans défenseurs de droits fondamentaux à leurs trousses ?

Savent-ils seulement qu’il suffit de quatre clandestins pour terroriser les habitants d’une place défigurée par le trafic de crack ? Qu’il a suffi d’un seul pour faire basculer la vie d’une jeune fille violée dans son sommeil ? Qu’il n’en suffit que d’une dizaine pour rendre un quartier invivable aux familles ? Qu’il n’a fallu que l’un d’entre eux pour salir les derniers jours d’une vieille femme violée dans son salon ? Qu’il a suffit d’un seul pour endeuiller les parents de tel ou tel petit Français assassiné.

Le dire serait de la « récupération » ? Répétons que ce n’est que de l’élémentaire compassion, doublée d’un appel au réalise.

Bien sûr, l’immigration illégale n’est pas seulement affaire de délinquance. Nombre d’exilés sont de pauvres hères innocents de tout délit ou crime, de simples exilés malheureux de vivre si loin de leurs patries. Mais où donc se cache la compassion des généreux pour les Français désespérés de leur exil intérieur, de la disparition culturelle de pans entiers de leur patrie à eux ? Nulle part.

Il est indiscutable que les malheureux qui forcent les portes d’entrée de l’Europe n’ont pas des vies enviables. Mais que les bonnes âmes se posent honnêtement la question : envisageraient-ils la détresse d’un inconnu si ce dernier venait à forcer la porte de leur maison ? S’inquiéteraient-ils de la souffrance de l’intru au moment d’exiger son départ à grand renfort de police ? Non, évidemment. Qu’ils acceptent alors de comprendre que la France est pour beaucoup de Français une maison commune dont il convient de préserver les murs porteurs.

Eux qui n’ont que la démocratie à la bouche devraient comprendre : rêver d’un vaste monde sans frontière est leur droit, accepter l’épuisement d’une majorité de leurs concitoyens devant la question migratoire est leur devoir.

Quand accepterons-nous enfin d’avoir l’humilité de reconnaître que nous ne pouvons plus ? Que la charité ne s’impose pas à d’autres ?

Le baromètre arabe, un réseau de recherche qui publie des enquêtes d’opinion dans les pays du Moyen-Orient et du nord de l’Afrique, publie des chiffres qui devraient faire réfléchir : 48% des jordaniens rêvent de quitter leur pays, 46% des Soudanais, 45% des Tunisiens, 34% des Marocains… Des proportions qui doivent être au moins similaires dans les pays de l’Afrique subsaharienne. Evidemment que ces aspirations individuelles sont compréhensibles.

Mais n’importe qui peut comprendre que nos pays ne pourront jamais digérer de tels mouvements de population sans disparaître.

Les 234 malheureux du jour sont potentiellement des millions. Quand aurons-nous la sagesse de comprendre que les portes doivent se fermer ? L’humilité de reconnaître que nous n’y arriverons plus ?

Ou plus exactement que la limite est déjà largement franchie : leur humanité ressemble à un bidonville porte de la Chapelle. Leur générosité finit sous une tente de fortune en périphérie des grandes villes. C’est cette réalité qui devrait remplacer l’imaginaire de l’eldorado dans la tête de tous les candidats à l’exil. Et dans celle des militants qui organisent la submersion.

 

Charlotte d'Ornellas

Journaliste à Valeurs actuelles









dimanche 13 novembre 2022

Parole de gauche (la vraie)