"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline

samedi 1 mai 2010

Un peu de lumière

Mes Chers Compatriotes,

La crise financière, dont nous ne sommes pas prêt de sortir, a pris depuis quelques semaines une nouvelle forme. Je crois qu'il est temps pour y voir un peu plus clair de remonter au début de cette crise pour en avoir une vue d'ensemble et mieux l'appréhender. C'est ce que fait Pierre Rimbert dans son article intitulé "Crise financière, les six étapes d'un désastre" parut dans le Monde Diplomatique de ce mois. Bonne lecture


Des subprime à l’effondrement des dominos européens

Crise financière, les six étapes d’un désastre

L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ?
Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut facilement identifier l’un d’entre eux : les coupes budgétaires mises en œuvre sous la pression… des investisseurs et des agences de notation .
La boucle est ainsi bouclée. Avec le recul, les pièces éparses des krachs économiques à répétition survenus ces trois dernières années composent peu à peu le thème d’un puzzle bien connu. Son cadre : la vague de dérèglementation financière des années 1980. Son nom : à crise de marché, remèdes de marché.
Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. Depuis l’éclatement de la « bulle Internet » en 2000, la Réserve fédérale américaine maintient en effet des taux d’intérêts très bas, favorisant l’aventurisme des investisseurs.
Deuxième étape : en septembre 2008, la crise des subprime dégénère en crise bancaire, les bilans des établissements financiers se révélant farcis de crédits immobiliers insolvables ventilés aux quatre coins de la planète dans des produits financiers sophistiqués. Lehman Brothers chute ; la panique gagne ; les banques cessent d’accorder du crédit : l’économie est au bord de l'asphyxie.
Troisième étape : plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état. Les Etats s’endettent hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie. Mais, après vingt ans de baisse continue de la fiscalité, les recettes ne suivent pas. Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise sociale. Dans les pays occidentaux, le chômage grimpe en flèche.
Quatrième étape. Requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires ordinaires. Pendant la tourmente boursière, beaucoup ont reporté leurs avoirs du marché actions (perçu comme incertain) vers celui des dettes publiques (réputé sûr). Mais celles-ci enflent dangereusement et ne servent qu’un faible taux d’intérêt. Le faire monter : telle est la conséquence de « l’attaque » spéculative sur la dette souveraine des pays « périphériques » de l’Europe entamée après la révélation du maquillage des déficits grecs – carambouille effectuée avec l’aide de la banque d’affaires Goldman Sachs.
Cinquième étape. Dès lors que les puissances publiques se refusent à stopper la spéculation par la loi et par une aide immédiate à la Grèce, un cercle vicieux s’enclenche : il faut emprunter pour payer la dette ; réduire ses déficits pour emprunter ; tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits ; abaisser les salaires, les prestations sociales et « réformer » les retraites pour réduire les dépenses publiques. Autant de mesures qui appauvrissent les ménages, obscurcissent les perspectives économiques et incitent les agences de notation à dégrader les titres de la dette souveraine…
D’abord présentée aux Etats, la facture adressée par les banques pour le prix de leur propre impéritie échoit alors à son destinataire final : les salariés.
Sixième étape. L’effondrement des dominos européens. Nous y sommes. Miroir de la désunion européenne, le plan d’aide à la Grèce entériné le 11 avril tente tardivement de concilier tous les antagonismes : l’intervention du Fonds Monétaire International (FMI) avec le sauvetage des apparences communautaires ; la mise sous tutelle d’Athènes et le principe de souveraineté nationale ; l’intérêt bien compris des banques françaises et allemandes, lourdement exposées à la dette grecque, et le Traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui interdit la solidarité financière avec un Etat membre (articles 123 et 125) ; le montant des prêts initialement prévus (45 milliards d’euros, dont 15 par le FMI) et les sommes désormais jugées nécessaires pour endiguer l’activité spéculative (deux, voire trois fois supérieures) ; le modèle économique rhénan qui comprime les salaires pour dilater les exportations, et les balances commerciales négatives de ses voisins ; l’agenda politique de la chancelière allemande Angela Merkel, confrontée à un important scrutin régional le 9 mai, et celui des dirigeants des pays les plus endettés qui voient l’orage spéculatif aborder leurs rivages.
En vertu de cet arrangement, la Grèce pourra emprunter à des taux moins élevés que ceux du marché (mais infiniment plus que ceux, pratiquement nuls, associés aux sommes débloquées sans limite par la Banque centrale européenne en faveur d’établissements privés en 2008 et 2009). Elle devra en contrepartie réduire de 5, voire de 6 points, un déficit budgétaire estimé à 14 % du produit intérieur brut. Une saignée violente, opérée prioritairement dans les budgets sociaux, mais déjà insuffisante aux yeux Berlin. Moins de dix jours après son annonce, les cortèges hostiles se succédaient dans les rues d’Athènes, le spectre du défaut de paiement se propageaient. planait sur l’Acropole, la crise de la dette souveraine gagnait la péninsule ibérique et les rumeurs d’éclatement de la zone euro
Faite d’improvisation, de crainte et de résignation face aux impositions de la finance, la réaction des Etats, des institutions européennes et du FMI se caractérise par l'absence de stratégie d'ensemble : on se contente de répercuter la contrainte des marchés tout en jurant d’y résister. Elle incite les pays membres à se démarquer mutuellement dans l’espoir d’échapper aux paris des investisseurs. Une fois les « partenaires » placés en situation de concurrence, c’est à qui exhibera le plan d’austérité le plus drastique. A Lisbonne comme à Athènes, à Dublin comme à Madrid, résonne un mot d’ordre unique : « rassurer les marchés » – un an auparavant, les dirigeants du G20 promettaient de les dompter. Au fond, la dynamique réfracte involontairement la logique réelle de l’Union européenne, promise à tous comme un espace de solidarité et finalement livrée au dumping social, salarial, fiscal et maintenant spéculatif .... D'autres solutions s’offraient pourtant au choix des gouvernants.
Comme la mer qui se retire, la crise découvre la fragilité d’une construction qui, depuis son origine, repose sur un pari : l’union douanière et monétaire entraînera l’union politique et populaire. C’est peu dire qu’il est perdu.
Pierre Rimbert

jeudi 29 avril 2010

Pas de Projet


Entendu ce matin sur France Inter, Eric Worth répondre à Nicolas Demorand au sujet de la reforme des retraites que « le gouvernement n’a pas de projet arrêté, nous avons bien quelques idées mais nous sommes en phase de concertation ».
J’ai déjà entendu cet air de flûte. Ne serait-ce point à Bihorel ?
Mes Chers Compatriotes, au risque de me répéter mais une fois de plus, je crains que ce soit encore nous qui l’ayons quelque part!

Prêtres et pédophilie


N’esquivons pas le sujet. Pour un catholique, c’est un moment difficile que de voir des prêtres au centre de telles affaires, même si la lapidation médiatique de l’Eglise dans son ensemble est due à une raison bien simple comme l’a fait remarquer Ivan Rioufol :
«L’Eglise, source encore présente de la culture occidentale, résiste à la table rase qui veut sa disparition. Ceci explique sans doute cela. ».
Il n’empêche, des réponses doivent être trouvées. Enfin, rappelons nous les évangiles :
« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ». (Mathieu 25, 40)
« Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une meule de moulin et être précipité à la mer, plutôt que de scandaliser un seul de ces petits » (Luc 17, 2)

mercredi 28 avril 2010

Là bas, si j'y suis

Femme libérée et son Émancipateur

Pour le bien être de notre pays et la sauvegarde de notre civilisation, il me parait nécessaire voire indispensable d'adresser à ce genre d'individus, un message aussi clair que ferme:
- Mesdames, Messieurs, la terre est vaste, alors allez donc "burquer" ailleurs!
En effet, il ne manque pas de pays assez stupides pour être dans le renoncement, l'égarement, le suicide culturel, la complicité d'abrutissement, et pour appeler cela tolérance.
C.D

lundi 26 avril 2010

Retraites : le faux quadrilemme

Quel lien pourrait-il exister entre le PLU et le dossier des retraites ? A priori aucun. Pourtant en y prêtant un peu plus d’attention, on pourrait voir une similitude dans la forme de présentation et la manipulation intellectuelle.

Rappelons nous : Pascal Houbron et son cabinet d’études nous avaient présenté un projet tout fait dont on pouvait (soi disant) discuter les contours. On nous plaçait de cette façon devant cette simple alternative : adhérer au projet du Freluquet ou rejoindre le camp des « immobilistes » qui refusent tout changement, sous entendu « tout progrès ».

En utilisant le paralogisme du faux dilemme, les conseillers du Freluquet fermaient ainsi la porte au champ de réflexion qui aurait permis d élaborer d’éventuels projets de PLU alternatifs.

Regardons maintenant le dossier des retraites. Le gouvernement a d’entrée balisé le terrain en affirmant qu’il n’existait que trois solutions : le recul de l’age de la retraite, la diminution des pensions, l’augmentation des cotisations. La manipulation consistait à fermer le champ des possibles et à nous placer devant un faux trilemme. La gauche qui tortille du postérieur pour éviter de trop se mouiller dans le dossier explosif des retraites avance très timidement une quatrième solution : taxer les revenus du capital.

Nous voici devant un faux quadrilemme qui a pour but de nous masquer le fond du problème: la diminution de l’emploi salarié en France et la répartition des gains générés par l’augmentation de la productivité.

Prenons un exemple simple : admettons qu’en 1975 pour produire 100 voitures, il fallait 200 travailleurs. Vingt cinq ans plus tard pour produire 150 voitures il ne faut plus que 70 travailleurs (l’usine de Renault Sandouville est passée de 12.000 salariés en 1976 à 4.500 en 2006). L’utilisation de robots de plus en plus performants (soudure) en passant par l’automatisation des ateliers de peinture etc., a permis des gains de productivité très importants mais aussi la suppression de tâches répétitives et particulièrement pénibles. Cela devait constituer, en principe, un bien pour les travailleurs. Certes, si certains postes aliénants sur les chaînes ont été supprimés, le revers de la médaille a pris deux aspects :

1) un chômage endémique et grandissant pour les travailleurs peu ou pas qualifiés.

2) Une diminution de la base de calcul du financement des prestations sociales (retraites, assurances maladies, etc..) calculées sur la masse salariale. Un robot ne paye pas de charges sociales, pas plus que l’ordinateur et son logiciel de traitement de texte qui a remplacé la secrétaire.

Il en va de même dans la grande distribution ou peu à peu on supprime les emplois de caissières pour les remplacer par des machines non assujetties aux charges sociales. On pourrait multiplier les exemples.

Ainsi la richesse produite au plan national est elle beaucoup plus importante aujourd’hui qu’il y a trente ans (le PIB a plus que doublé) mais elle nécessite un nombre de travailleurs de plus en plus faible

Les gains de productivité dûs au progrès technique ont desservi le financement du système social français parce que confisqués pour accroître les revenus du capital. Ajoutons à cela les délocalisations avec le chantage à la baisse fait sur les salaires plus les quatre à cinq millions de personnes privées d’emploi et l’on comprendra aisément que l’assise du financement du système social s’est considérablement rétrécie pendant que les besoins augmentaient.

Deux, trois voire cinq années de travail en plus (encore faudrait-il qu’à partir de 45 ans on ne soit pas versé au rebut du marché de l’emploi) ou une taxe supplémentaire, représentent-il des réponses sérieuses ? Si demain nous pouvons tous devenir centenaires, devrons nous pour autant travailler jusqu’à 80 ans? Est-ce la nouvelle ligne d’horizon qui nous est proposée avec l’allongement de l’espérance de vie? C’est en tout cas là, où veulent nous emmener les « experts » avec leurs théories dites « raisonnables ».

On mesure à cet instant la tromperie que représente le quadrilemme dans lequel, gauche et droite confondues, veulent nous enfermer. D’abord il nous empêche de nous poser les bonnes questions comme : le progrès technique n’est il pas fait à l’origine pour améliorer la condition humaine et non pas pour gonfler les dividendes, produire plus et se substituer au vulgaire péquin l’obligeant ainsi à travailler plus vieux ? Le bonheur est-il dans toujours plus d’écran plat ou d’i-phone ?

Mais surtout, ce quadrilemme a pour but de nous empêcher de réaliser qu’il est nécessaire de repenser de fond en comble notre mode de financement du système social français (maladie et retraites), de tout remettre à plat et d’imaginer de nouvelles solutions, comme en ne le basant non plus sur (quasiment) l’unique travail humain, denrée vouée à se raréfier dans l’hexagone mais sur un mixe de PIB (ensemble des richesses produites sur le sol national, y compris par les entreprises étrangères) et de PNB (ensemble des richesses produites par les entreprises françaises, y compris par leurs activités à l’étranger).

Une sorte de taxe sur la richesse économique et financière créée qui se substituerait aux charges sociales sur les salaires. J’y vois plusieurs avantages :

- le financement de nos régimes sociaux suivrait ainsi l’accroissement de la richesse nationale.

- le coût du travail serait baissé, les activités à forte utilisation de main d’œuvre cesseraient d’être pénalisées. Cela rendrait inutile les délocalisations vers les pays à salaires « low cost » et cela supprimerait les plans de licenciements boursiers.

Bien sûr cela devrait se faire au niveau européen, dans le cadre d’une harmonisation fiscale et tout cela demanderait beaucoup, beaucoup, beaucoup de volonté politique.

Mes Chers Compatriotes, le système actuel à moyen ou long terme est condamné. Je ne vous ai exposé ici qu’une idée sans doute parmi bien d’autres, mais notre pays et son système social ont besoin de vous. Alors ne vous laissez pas séduire par le pré-mâché que l’on vous sert sous la forme du paralogisme du faux quadrilemme et activez vos petites cellules grises!

C.D


mardi 6 avril 2010

samedi 3 avril 2010

Denis Tilliniac

Les matons d'un « Meilleur des mondes» néobobo
Carte Blanche de Denis Tilliniac parue dans Marianne

Il faut défendre Eric Zemmour pour que les mots renouent avec un sens, contre les faux bergers du puritanisme qui crient au loup pour néantiser l’autre.
Georges Frêche, Gérard Longuet, Robert Ménard, Eric Zemmour… Ces temps-ci, la police langagière ne lésine pas sur les rafles. Les propos incriminés étant en soi anodins, c’est le climat dans lequel ils ont été diabolisés qui méritent le détour d’une réflexion. Quel est l’objet de la censure ? Sa légitimité ? L’identité de ce Big Brother invisible qui lâche ses fatwas médiatiques ? Pourquoi cette hantise des mots au pays de la Fronde, de Guignol et des chansonniers ?
Des mots de la rue et, somme toute, du réel, car ce qui vaut à Zemmour une curée digne de l’Inquisition, on l’entend dire vingt fois par jour, et pas seulement au café du Commerce. Tout repose, semble-t-il, sur une sanctuarisation des minorités – ethniques, culturelles, régionales, sociales, sexuelles, religieuses. Nul n’est censé les critiquer – pardon, les « stigmatiser » – sous peine de commettre un péché désormais mortel : la « discrimination ». Prise à la lettre de la loi qui la pénalise, la discrimination vaudrait l’index à quasiment tous les écrivains de notre patrimoine. En creux elle dénonce l’existence d’une majorité suspecte par essence, vouée à expier son péché originel en euphémisant, en tamisant, en feutrant, en affadissant, en laminant l’expression de ses sentiments.
Au mieux les goûts et les couleurs de cette majorité trahissent le beauf. Au pis, il sera « réac », voire « facho », car cette démonologie ne fait pas dans la dentelle. Pour -parler clair, le « Gaulois », comme disent les jeunes des cités sans y voir malice, est sommé de se tenir à carreau. Préfère-t-il Mozart au rap, Giotto aux tags et le baroque aux arts premiers, on suspecte la morgue de l’Occidental ; on croit apercevoir l’ombre portée de l’esclavagiste, du colonialiste, et caetera.
Ose-t-il affirmer que l’identité profonde de la France est peu redevable aux flux migratoires du siècle dernier, le voilà présumé franchouillard. Donc étriqué, frileux, « rance » (Sollers), barrésien, et j’en passe. S’il avoue une inclination pour l’altérité des genres (Ménard), il présuppose indûment quelque chose d’aussi monstrueux qu’une norme : vade retro, hétéro ! S’il dresse à haute voix sur la population carcérale française un constat validé par les magistrats, les policiers, les élus et qui-conque a visité une maison d’arrêt (Zemmour), c’est pis. Son verbe a « stigmatisé » des « minorités visibles » (termes en usage pour maquiller leur identité), il doit payer. Encore Zemmour est-il lui-même issu d’une minorité ; on se demande avec quel bois l’Inquisition aurait alimenté le bûcher s’il débarquait du Cantal ou du Haut-Bugey. Ce qui, en somme, définit le péché, c’est sa référence implicite – ou supposée – à une norme perçue comme majoritaire (le « Gaulois », l’hétéro, le catho, etc.). On peut en conséquence canarder le pape, prétendument complice d’actes pédophiles. Mais pas Frédéric Mitterrand, Polanski ou Cohn-Bendit, couverts par leur appartenance présumée aux minorités « culturelles ».
Reste à cerner l’identité de ce flic sans visage qui traque le dissident, terrorise le politique, intoxique les journalistes et impose une loi du silence dont on rigole à l’étranger. N’accablons pas les médias et leurs relais mondains. Ils régentent les exécutions publiques, ils propagent les excommunications, ils les orchestrent à l’occasion, mais le verdict vient d’ailleurs. De partout, de nulle part. Aucune instance normative ne le légitime, et pour cause : la démonologie fonctionne sur la récusation de toute norme, la divinisation de toute marge, le déni de toute mémoire, la hantise de toute tradition. Le nihilisme qui la cautionne stagne dans l’air du temps, on le respire, on a du mal à le nommer.
D’ailleurs, il ne faut rien nommer. Le mot en soi fait l’objet d’une suspicion apeurée et le peuple qui en use avec sa gouaille millénaire doit être muselé. A défaut il importe de le terroriser, ce à quoi s’emploie le lâche suivisme du législateur, fût-il droitier. Rien de plus efficace, pour le téléguider, que de lui inoculer la crainte d’être ringardisé. De fait, les couples historiques (bien-mal, beau-laid, vrai-faux) sont invalidés par le seul clivage qu’instaure la déesse Modernité : ringard contre branché ! Il faut être branché sur les minorités : plus on fractionnera le corps social, moins l’hydre majoritaire aura de latitude. Qui décrète la ringardise ? Personne et tout le monde. Elle suinte naturellement de cette majorité invisible, indicible, muette d’ailleurs, mais frappée d’infamie car sujette, croit-on, à ressusciter la norme. Ou pis, la cohésion. Ou pis encore : elle est suspectée de requalifier le bon vieux réel, ce summum de la ringardise.
En effet, ce qu’on ne doit pas dire, on le pense néanmoins. On le ressent, on l’observe, on le sait. Les non-dits grouillent dans l’inconscient collectif, ou plutôt dans ses entresols. Ils s’impatientent, ils s’exaspèrent. Le refoulé finit par se venger, dans l’outrance ou dans l’amalgame, et alors la haine pointe son vilain museau. C’est malsain. En guise de soupape, le système médiatique concocte une kyrielle de « débats » animés par des « polémistes », avec l’espoir inavoué de « dérapages » qui feront monter l’audience. Faux dérapages : on laisse le non-dit se frayer un bref accès à la parole publique pour mieux l’éreinter. Après quoi les patrons de chaîne ou de station lâchent l’imprudent, qui aura tant soit peu révélé ce que pensent les proscrits, clandestinement.
Or ces proscrits sont majoritaires, et c’est bel et bien ce qu’on leur reproche. Jusqu’à quel degré d’autisme supporteront-ils la réclusion dans ce moderne « pavillon des lépreux » ? Jusqu’au comble d’un délire qui mettrait ce pays de francs railleurs à feu et à sang ? On peut le craindre. Certes, toute vie sociale exige le respect de quelques tabous. Encore faut-il qu’ils reposent sur un corpus homogène de convictions majoritaires. Celles des minorités ont droit de cité ; elles perdent leur raison d’être si la doxa ambiante n’est que leur addition anarchique.
Il faut défendre le polémiste Zemmour pour éviter le désastre d’une désintégration lourde de rancœurs. Il faut défendre l’écrivain Zemmour pour que la France, jadis terre d’accueil pour les plumes persécutées, ne devienne pas une geôle surveillée par les matons cinglés d’un Meilleur des mondes néobobo. Il faut défendre Zemmour pour que les mots renouent avec un sens, contre les faux bergers du puritanisme qui crient au loup pour néantiser l’autre. Il faut défendre Zemmour pour survivre dans cette jungle semée d’interdits ineptes où ma propre plume, de plus en plus, se sent traquée par une flicaille d’un gris désespérant.

vendredi 2 avril 2010

Vendredi Saint


Le Vendredi saint est le jour de la célébration liturgique du mystère de la Passion, de la mort sur la Croix et de la mise du Christ au tombeau. C'est un jour de jeûne et d'abstinence, à l'instar du Mercredi des Cendres qui, quarante jours plus tôt, ouvre le temps du Carême.

Le Vendredi saint est marqué encore davantage par le deuil et le recueillement. Le Vendredi saint est marqué par une liturgie particulière (vénération de la croix, communion eucharistique mais pas de célébration du sacrifice de la messe ce jour-là). Le moment culminant de la journée, dans son silence recueilli, est celui de la Crucifixion (entre 12h et 15h) et le moment même où le Christ expira, à 15 heures.
C'est spécialement ce jour que se fait la dévotion du Chemin de croix. Cette procession est particulièrement solennelle dans les lieux mêmes où elle eut lieu il y a près de 2000 ans, à Jérusalem, le long de la Via Dolorosa, puis dans la basilique du Saint-Sépulcre, où se trouvent le rocher du Golgotha et le Tombeau du Christ. A Rome, le Chemin de Croix est traditionnellement célébré au Colisée, durant le soir du Vendredi saint.
Par référence au jour du Vendredi saint, tout au long de l'année et spécialement durant le Carême, les vendredis sont un jour de pénitence, en principe d'abstinence de viande. On y dit les mystères douloureux du Rosaire.

Liturgie :
Le vendredi saint est le seul jour de l'année où on ne célèbre pas d'Eucharistie. La communion est distribuée aux fidèles au cours d'une célébration qui dégage une ambiance particulière : l'église est sombre, les autels sont dépouillés de leurs nappes, les statues et images sont voilées. Il n'y a pas de sonnerie de cloche, de jeu d'orgues, et les chants sont absents, ou très peu nombreux. La célébration commence et finit en silence. On lit l'évangile de la Passion. Il n'y a pas de prière eucharistique mais une grande prière universelle.
C'est le jour de la célébration de la Croix : la croix est amenée en procession puis proposée à la vénération des fidèles. Dans certains pays, comme l'Espagne, il y a d'importantes processions dans les rues des villes.
La dernière messe célébrée était celle du soir du Jeudi saint, correspondant à son institution au Cénacle, et la prochaine sera celle de la Vigile pascale, le soir du Samedi saint.

jeudi 1 avril 2010

Jeudi Saint

La Cène

Le Jeudi saint est un des jours les plus importants de la Semaine sainte : il correspond à la commémoration de la dernière Cène (au Cénacle) suivie de la nuit d'agonie du Christ au Jardin des Oliviers (Gethsémani).
Outre ce mémorial, c'est le Jeudi saint qu'est normalement célébrée la Messe chrismale, pendant laquelle l'évêque bénit et consacre les Saintes Huiles. Dans certains diocèses, cette célébration est un peu anticipée. A Rome, cette célébration a lieu dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome et du monde.
Le Jeudi saint est un jour de fête, qui commémore l'institution de l'Eucharistie par Jésus-Christ lors du repas pascal au Cénacle. Pendant la célébration de ce jour, on lit l'évangile du lavement des pieds, et le célébrant refait le geste de Jésus en lavant les pieds de quelques personnes de l'assemblée.
Cette messe est la dernière qui soit célébrée avant la Veillée pascale du Samedi saint. C'est aussi la dernière fois que retentissent les cloches, pendant le gloria, avant la sonnerie de l'alléluia de Pâques. Après le repas pascal, Jésus et ses apôtres se sont retirés à Gethsémani pour y bivouaquer, comme à l'habitude. Cette nuit fut cependant pour le Christ une nuit de prière et d'agonie - au cours de laquelle le Christ accepta le "calice" de sa Passion.
La célébration liturgique du Jeudi saint se termine par une procession, pendant laquelle la réserve eucharistique (les hosties consacrées) est amenée dans un endroit spécialement aménagé, le reposoir. Une veillée y est souvent organisée, et les fidèles peuvent s'y recueillir et adorer le Christ dans une nuit de veille.
Le triduum pascal est un ensemble de trois jours (en latin triduum) qui marquent l'aboutissement de la Semaine Sainte et le sommet de l'année liturgique : c'est la célébration du mystère de Pâques, avec : - la mort et la mise au tombeau de Jésus-Christ (le Vendredi saint), - la descente du Christ aux Enfers durant le "Grand sabbat" du Samedi saint, - la nouvelle de la Résurrection, nouvelle Pâque, durant la nuit du samedi au dimanche (Vigile pascale), où surgit la lumière de Pâques, l'alléluia du Dimanche de Pâques, avec les messes de l'aube et du jour.
Le triduum pascal est l'articulation entre les quarante jours de préparation pénitentielle du Carême et les cinquante jours du temps pascal, jusqu'à la Pentecôte (dont quarante jours jusqu'à l'Ascension).
C'est au pape Pie XII que l'on doit la restauration de la liturgie du triduum pascal dans son ancienne grandeur et à des heures et dans une atmosphère correspondant à celles du mystère, dans la liturgie latine (notamment, la vigile pascale), dans le même esprit qui avait été gardé dans les liturgies orientales.

mercredi 31 mars 2010

31 mars 1146

La Croix de Saint Bernard

Le 31 mars 1146 Saint Bernard prêcha la 2ème croisade de ce lieu même. En 1146, le Roi de France Louis VII et le Pape Eugène III décidèrent de faire une nouvelle croisade pour refouler les Turcs qui menaçaient l'Occident. Le Pape choisit Bernard de Clairvaux comme prédicateur et Vezelay comme lieu de rencontre. Mais l'église abbatiale Sainte Madeleine, pourtant déjà fort grande était bien trop petite pour contenir tous les chevaliers et le peuple. Bernard fut donc obligé de s'installer en pleine nature. Il choisit un petit tertre au nord de Vezelay, à mi-cote sur le penchant de la colline qui regarde Asquins.
Gesta Dei Per Francos

Gregorio Allegri - Miserere Mei, Deus


Gregorio Allegri - Miserere Mei, Deus
envoyé par

Le Miserere d'Allegri est une œuvre musicale chantée a cappella, composée durant le règne du pape Urbain VIII, vers 1630. Le Miserere est chanté à la Chapelle Sixtine lors des matines du mercredi et vendredi de la Semaine Sainte. Dès les premières années, le Vatican avait interdit de le reproduire ou de le diffuser afin d'en préserver le caractère unique. Le transcrire ou le jouer ailleurs qu'en ces lieux était puni d'excommunication.