« Si le régime, s’accrochant à sa propre existence, prolongeait la carence de l’État tandis que la crise qui commence pour le monde continuait à s’aggraver, on pourrait craindre que les pouvoirs publics aillent, de chute en chute, jusqu’à une complète dégradation. La catastrophe, si elle survenait, provoquerait leur effondrement, soit qu’ils disparaissent dans le néant, soit qu’ils abdiquent entre les mains des agents de l’envahisseur, soit qu’ils se jettent dans la subordination vis-à-vis de l’étranger. Mais le salut de la patrie est la loi suprême, il faudrait qu’en temps voulu un autre pouvoir parût, moralement capable de prendre en charge l’indépendance et les intérêts de la France. Cela s’est fait déjà ! Que le pays en soit sûr : cela se ferait encore. Mais rien ne nous voue à de tels malheurs. Le redressement est parfaitement possible. Il implique un grand effort de la part de la Nation. Pour qu’elle le fasse, il faut que ses guides l’y entraînent. (…) Aux élections générales, qu’il faut faire sans les truquer et dans les moindres délais, sous peine de courir aux pires secousses, le suffrage du peuple, j'en suis sûr, consacrera massivement cette union et cette volonté. Dès aujourd’hui, les responsabilités sont ouvertes. Nous n'avons pas surmonté deux mille ans d'Histoire pour nous écrouler demain, dans la veulerie, devant la vague des robots. L'avenir est à prendre, comme toujours. C’est par l'effort qu’un peuple l’achète. Debout ! »
Illustration : affiche pour la formation du Rassemblement du Peuple Français, avril 1947, fondation Charles de Gaulle, droits réservés.
Source citation et pour aller plus loin : Georges Pompidou, « pour rétablir une vérité », éditions Flammarion, 1982.
Ce texte est pleinement d'actualité
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