"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline

samedi 30 janvier 2010

Clearstream

Lorsque le Sage montre la pieuvre financière, l'idiot regarde le duel Sarkozy / Villepin

(libre adaptation du proverbe chinois: lorsque le Sage montre la lune, l'idiot regarde le bout du doigt)

Poésie (2)

Poularde Marguerite de Savoie


Faire rissoler pendant cinq minutes dix alouettes dans du beurre brûlant.
Leur ajouter une belle truffe blanche, détaillée en copeaux ; couvrir hermétiquement la casserole et la retirer du feu.
Introduire ensuite alouettes et truffe, pendant qu’elles sont chaudes encore, dans une belle poularde, braiser celle-ci avec moitié fonds de veau, moitié vin blanc de Savoie.
D’autre part; préparer une polenta au lait : l’étaler sur une plaque, en couche de deux centimètres d’épaisseur et laisser refroidir. Détailler ensuite avec un emporte-pièce rond de quatre centimètres de diamètre.
Quelques instants avant de servir, passer ces ronds de polenta dans de la farine; les colorer au beurre clarifié. Les saupoudrer ensuite de Parmesan râpé et les glacer vivement.
Dresser la poularde sur un tampon très bas, en pain frit ; l’entourer avec les ronds de polenta glacés: saucer le fond du plat avec un peu du fond de braisage, lié à l’arrow-root, et envoyer le reste dans une saucière.

- Servir en même temps un légumier de truffes blanches du Piémont, émincées, sautées au beurre et arrosées de quelques cuillerées de glace de viande fondue.

Auguste Escoffier, le Guide Culinaire, Paris 1902

mercredi 27 janvier 2010

Alain Finkielkraut

Tribune publiée dans La vie, le 21 janvier 2010

En lançant la proposition d’une réflexion nationale autour de ce qui nous fait français, Éric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, a ouvert une série de débats jusqu’à fin janvier. Non dénuée d’arrière-pensées politiques, la proposition mérite qu’on s’y arrête. La Vie y apporte sa contribution. Après Max Gallo (n° 3349), Esther Benbassa (n° 3351), Patrick Lozès (n° 3358), le philosophe livre sa position.

Être français, pour moi, c’est d’abord consentir à un héritage, être le légataire d’une histoire. Voulons-nous la continuer, la reprendre à notre compte ou préférons-nous nous alléger de ce fardeau ? Malheureusement, la tendance actuelle va plutôt vers la désaffiliation. L’identité française s’efface peu à peu au profit d’une société des individus. Une société où chacun fait son marché. Ce n’est plus la mémoire nationale qui forme le monde commun, c’est la télévision. Ce lieu où ceux qu’on appelle les « people » bazardent l’héritage, résilient toute dette et parlent n’importe comment, en y mettant la même application que la classe cultivée d’hier mettait à s’exprimer dans une langue choisie.
Il existe une civilisation française. La question est de savoir si celle-ci a encore une place à l’ère du village global et si nous voulons nous donner les moyens de la perpétuer. Je n’en suis pas sûr. J’entendais l’autre jour, à la radio, Robert Badinter parler de l’identité nationale en évoquant une communauté de culture, de valeur et de destin. Pour faire comprendre ce que signifiait « communauté de culture », il a cité spontanément deux œuvres littéraires : À la recherche du temps perdu et la Princesse de Clèves. En l’écoutant, je pensais à Ernst Curtius, grand philologue allemand de la première moitié du XXe siècle, qui écrivait : « La littérature joue un rôle capital dans la conscience que la France prend d’elle-même et de sa civilisation. Aucune autre nation ne lui accorde une place comparable. Il n’y a qu’en France où la nation entière considère la littérature comme l’expression représentative de sa destinée. »
Dans la même émission, quelques minutes après, un auditeur interpellait Robert Badinter : « Moi, je suis juif d’origine polonaise. Je n’ai jamais lu Proust ni Mme de La Fayette, ma femme qui est auvergnate, non plus, et nous n’en sommes pas moins français. » Cette affirmation m’a profondément déprimé. Elle témoigne d’une révolte du sentiment démocratique contre ce qu’il y a de plus beau dans l’identité nationale, notre culture. « Fier d’être français ! », affirme Robert Badinter. « Fier d’être inculte ! », lui répond cet auditeur qui ne veut pas qu’on lui gâche la vie avec des références écrasantes. Cette prise de position montre bien la volonté d’émancipation actuelle à l’égard du surmoi national. Pourtant, les œuvres littéraires et le passé qu’elles constituent sont pour nous une source d’inspiration et une espèce de défi. Elles ne nous laissent pas tranquilles. Elles exigent de nous que nous les comprenions, que nous soyons à la hauteur de leur intelligence et de leur langue. Mais voilà qui semble insulter, offusquer le sentiment présent d’égalité. Alors, on s’en débarrasse, on se défait d’une identité trop lourde à porter car elle nous oblige. Ce n’est donc pas le contenu de l’identité nationale qui est aujourd’hui en question, mais son existence même : y a-t-il une place en nous pour la reconnaissance de dette ou ne sommes-nous désormais que des clients, des consommateurs, des créanciers du monde ?
Je suis né de parents d’origine polonaise, j’ai bénéficié avec eux d’une naturalisation collective lorsque j’avais 1 an. Je n’ai jamais été rien d’autre que français et en même temps il y a un moment de ma vie où je me suis demandé ce que cela signifiait d’être français. Ce sont les écrivains qui m’ont permis de répondre à cette question. Ronsard, La Fontaine, Nerval, Verlaine, Aragon, Racine et Corneille, Montaigne et Pascal, Diderot, Marivaux, Balzac, Stendhal, Flaubert ou Proust ont pour moi plus d’importance que Robespierre ou Napoléon. Je suis reconnaissant de parler une langue qui me donne immédiatement accès à une littérature aussi variée et aussi belle. Et j’ajoute, de manière plus objective, que les écrivains ont eu en France un rôle déterminant. C’est la raison pour laquelle je suis très inquiet du destin, à mes yeux tragiques, de notre idiome national, qui s’appauvrit chaque jour davantage.
Dans un pays qui accueille un nombre toujours croissant d’étrangers, notre devoir est d’assurer une coexistence harmonieuse entre les uns et les autres. Pour dire les choses plus brutalement, d’éviter le conflit, d’empêcher la guerre civile. À cette fin, la France se doit de ne pas renoncer à elle-même. Dans certaines circonstances, la fidélité n’est pas une attitude passéiste. Elle est un projet d’avenir. Notre civilisation doit pouvoir s’affirmer face à ceux qui la contestent. Et nous ne devons rien céder à la francophobie montante dans notre pays. « Sale Français » est devenu une injure répandue dans les banlieues. On ne peut pas répondre à cela en faisant abstraction, au nom de la diversité et du respect de l’autre, de l’identité française. Ce serait d’ailleurs une entreprise vouée à l’échec que de vouloir intégrer dans une France qui ne s’aime pas, des gens qui n’aiment pas la France. Ne fût-ce que par les nouveaux dispositifs technologiques dans lesquels les enfants sont pris et absorbés dès leur naissance, notre pays est aujourd’hui menacé d’amnésie. Et, face à cette amnésie grandissante, la mémoire est un projet.
Nous avons besoin de la littérature, de ses nuances, des qualités dont elle est porteuse pour mieux voir. La littérature est une éducation de la sensibilité. Notre perception est aussi fonction de notre pouvoir d’énonciation et donc des œuvres que nous avons lues. Nous devrions aujourd’hui changer de paradigme. Notre but ne peut plus être de transformer le monde, mais de le sauver. Le philosophe allemand Hans Jonas parlait d’un passage du « principe espérance » au « principe responsabilité ». Dans la mesure où elle nous éduque à la beauté, la littérature nous donne les moyens, nous ouvre les yeux sur la variété des paysages. Elle peut nous aider, face à l’uniformisation, face au « devenir-banlieue », à épargner le monde ou ce qu’il en reste.
La culture a la vertu de nous vieillir. Plus nous lisons, et plus nous sortons de notre temps. Et l’idéal serait de pouvoir habiter d’autres siècles. « Il faut en finir jeune avec la jeunesse, sinon quel temps perdu », écrivait Philippe Muray. Oui, je crois qu’aujourd’hui l’humanité est de plus en plus jeune. Elle n’est pas assez vieille, pas assez déployée. On parle sans cesse d’émancipation, alors émancipons-nous du présent. Nous avons besoin d’un détour par le passé pour comprendre quelque chose à ce que nous sommes. Si nous voulons embellir le monde, ou à tout le moins éviter qu’il ne s’enlaidisse irrémédiablement, il faut que nous puissions acquérir et transmettre le sens de la beauté. Je ne veux pas me détourner des urgences du présent, mais je ne vois pas comment une politique digne de ce nom, c’est-à-dire une politique qui soit souci du monde, pourrait faire l’économie de la culture et s’affranchir du passé.

La grande peur des ouviers de France qui vivent dans les banlieues

Article de Mireille Popelin, paru sur le site de Riposte Laïque
http://www.ripostelaique.com/La-grande-peur-des-ouvriers-de.html


"Ils sont 12 millions dans le salariat français. Et on fait tout pour qu’ils disparaissent. On n’en parle plus ! la gauche "bobo" dit même qu’ils n’existent plus. La discrimination, eux , ils la subissent : leurs luttes, les "Conti" les Caterpillar etc. qui se battent contre les délocalisations et les "plans " dits sociaux ( le chômage ) ils les mènent souvent seuls. Ce sont eux qui habitent dans ces cités HLM qui subissent la loi des intégristes et des mafieux.
Beaucoup ont quitté ces banlieues devenues invivables. sauf ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter ou de louer ailleurs. Les vieux retraités qui n’ont pas pu partir subissent injures : " sales français, vieilles putes, et 4 m2 " Vous ne savez pas ce que signifie ce 4m2 ? C’est la tombe, ils réduisent ces vieux travailleurs à la tombe ! Avec les crachats ciblés, près de leurs chaussures, avec les places, dans le bus, que l’on offre ostensiblement à une musulmane voilée plus jeune qu’eux. Au marché, c’est la musulmane que l’on sert d’abord, ostensiblement et l’on fait attendre les "francés", les marchands sont "arabes". Les boucheries sont presque toutes halal et les retraités doivent prendre un bus ou le métro pour s’approvisionner en viande non halal

L’école ? Les islamistes sont à la porte et font pression sur les pauvres enseignants... pas de piscine pour les filles, pas d’éducation "sexuelle " ( Nous, on a la religion on n’a pas besoin de ça , on ne parle pas de ça ) . Biologie , histoire , les enseignants craquent souvent, partagés entre la peur et le désir de "tirer" ces gosses vers l’émancipation, vers le savoir . Je le sais bien, ça se passe dans ma famille, et ça se termine par dépression et infarctus .
Alors, j’en ai assez de lire partout ( sur Marianne aussi ) la grande peur des musulmans discriminés. Alors qu’intégristes et mafieux font régner "leur" loi dans les "territoires perdus de la République). "
Mireille Popelin

Le petit jardin


J Dutronc --le petit jardin--

vendredi 22 janvier 2010

Cocus

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Benoît joue à Simplet. Benoît voudrait nous faire croire qu’Houbron et le système ont fait cocus les socialistes et leurs amis de Bihorel avec vous. Benoît feint de découvrir qu’une enquête publique « c’est une phase obligatoire, on fait semblant d’écouter les gens, on fait semblant de lire ce qu’ils écrivent » et de poursuivre «En fait, le pouvoir du maire est absolu ». Benoît le louveteau aurait donc (enfin) perdu son pucelage en politique. Fort de sa nouvelle condition et deux semaines avant le vote du PLU, Benoît va essayer « d’alerter, de faire prendre conscience aux gens ce qu’est ce document d’urbanisme et ses conséquences ». Benoît, fallait pas dormir pendant l’homélie de Saint Freluquet, sa grand messe sur le PLU dure depuis des mois. Je sais Benoît que vous lisez mon blog mais apparemment pas assez attentivement. J’ai expliqué tout cela.
Bien sûr je plaisante, car bien évidemment vous nous prenez pour des cons. « On a d’abord réellement cru qu’au sein des instances faites pour, on pourrait amender cette affaire là » (ndlr : le PLU). C’est la phrase de trop. Jusque là, Benoît, d’innocents bihorellais auraient encore pu vous accorder de la mansuétude, celle que l’on accorde aux naïfs ou aux benêts, mais cette phrase vous range dans la catégorie des politiciens cyniques jouant d’une fausse innocence pour mieux nous tromper.
Mes Chers Compatriotes l’interview de Benoît a au moins un intérêt : c’est une excellente illustration de comment faire semblant en politique d’être un opposant sans s’opposer. Cela nous montre pourquoi en France la démocratie est un marché de dupes entre le peuple et les « élites » et où la droite et le PS verrouillent le système pour mieux en profiter.
Avec Pascal Houbron et Benoît Pétel, les cocus de l’histoire c’est toujours Bihorel et les bihorellais.

lundi 11 janvier 2010

Un Pupille fier de sa Nation


"La droite et la gauche ont le même grossiste. C'est pour ça qu'ils vendent le même produit" se plaisait à dire Philippe Seguin.
Une simple lecture de son discours à l'assemblée Nationale du 5 mai 1992 suffit pour voir ô combien celui-ci était prophétique... Tout y est: la définition de la Nation française contre une hypothétique identité nationale définie en creux par le Traité de Maastricht, la perte de la souveraineté au profit d’une caste dirigeante et technocratique, 1992 comme l'antithèse de 1789, le mépris de la souveraineté du peuple et des droits de l'Homme.

" la vie politique d’aujourd’hui, c’est comme un match de foot où les deux équipes jouent mais où le ballon a disparu, détenu par les autres puissances, celles de l’argent qui gouvernent en cachette", commentait Philippe Seguin auprès du jeune Dupont-Aignan...

lundi 4 janvier 2010

Albert Camus

"Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse."

Albert Camus, extrait du discours de Stockholm (10 décembre 1957)

mercredi 30 décembre 2009

VAPEURS

Arracheur de dents (oeuvre contemporaine)
« Dans quelle langue faut-il l’écrire ? », nous demande un Pascal Houbron que la critique visiblement échauffe et qui a des vapeurs. Question inutile, mon cher, avec vous, on sait qu’à l’écrit comme à l’oral vous pratiquez la langue des arracheurs de dents: celle du mensonge.
Si l’on souhaite un énième exemple, il suffit de poursuivre la lecture de l’édito du Bihorel Mag n°78. « La municipalité actuelle ne construira pas sur l’hippodrome; ne construira pas dans le square Tamarelle, ne construira rien sur l’espace des pommiers, ne construira rien sur la place de l’église… ». Le freluquet nous prendrait-il pour des benêts ? Bien sûr que ce ne sera pas la municipalité qui construira (elle n’a pas le premier centime pour le faire et cela grâce à la bonne gestion de Pascal Houbron) mais les promoteurs, eux, construiront en appliquant le PLU!
Encore un exemple ? « Vous qui êtes propriétaire, êtes vous si prompt, nous demande le bon Pascal, à quitter la commune et à laisser faire n’importe quoi sur votre parcelle ? » Si c’est à moi que l’on pose la question, je répondrai « non bien sûr » mais si la mairie préempte ma propriété lors de la vente, alors là on peut lui faire confiance pour laisser faire n’importe quoi sur mon ex-parcelle par un promoteur qui respectera le PLU.
La suite de l’édito se délaye un peu et le maire nous ressort ses antiennes essoufflées: « développement urbain de qualité et maîtrisé, protéger le cadre de vie, les paysages, les bâtiments emblématiques, blablabla…..jusqu’à « accompagner la vitalité économique de la ville ». Tiens, ça c’est intéressant ! Au moment où le maire fait courir le bruit qu’il préemptera les terrains des entreprises Delaunay et Karine, supprimer ou déplacer des emplois vers d’autres territoires que ceux de la commune, c’est sans doute cela accompagner la vitalité économique de Bihorel selon Pascal Houbron ! Situées en zone UB, ces deux belles et grasses parcelles feront de juteuses poires et de gros bénéfices pour les promoteurs grâce au PLU.
Et l’emploi à Bihorel? Allez donc vous faire embaucher ailleurs, ici on fait de l’immobilier!

Un plus un plus un, égale ? Trois mensonges.

Il est savoureux de lire la majorité municipale nous expliquer dans son billet que combattre le maire « avec tant de hargne, voire de haine », c’est ne plus respecter les règles de la démocratie. Au maire de nous montrer l’exemple en ne s’asseyant plus sur la démocratie à tout bout de champ et en arrêtant de s’essuyer les fesses avec l’expression des bihorellais (enquête publique) en déballant des projets de construction sur un terrain inconstructible alors que l’enquête publique est en cours.
Si « des procédés qui rappellent l’ultra gauche » avaient cours à Bihorel (allusion sans doute aux citations de Gandhi par les socialistes), Mesdames et Messieurs de la majorité municipale, vous seriez les premiers avertis car vous seriez déjà en camp de rééducation dans les rizières. Vous trouvez le climat insurrectionnel malsain ? Exact : le goudron et les plumes seront pour vous.

In fine, l’édito de Pascal Houbron dans le Bihorel Mag de Décembre est une illustration du paradoxe d’Eubulide (IV ème siècle avant J.C), que l’on peut résumer ainsi : « un homme déclare, « je mens ». Si c’est vrai, c’est faux, si c’est faux, c’est vrai ».
Mes Chers Compatriotes, je vous adresse mes meilleurs voeux pour 2010!
Constantin Dragasès

SILEX

Silex (œuvre contemporaine)
La fin de l’année est toujours l’occasion de distributions de friandises. L’association « Bihorel avec vous » n’a pas manqué à la tradition en déposant dans nos boites aux lettres un paquet de guimauve. Entre jeu de mots trouvé dans le rebut de l’almanach Vermot (pas de dialogue avec dialoge), abandon de poste façon Jospin (maîtresse Arson qui rend ses aiguilles et son tricot en plein mandat au comité de quartier), un édito à fleuret moucheté et autres billets qui posent des constats mais ne lèvent pas un seul moyen d’action, la lecture du Silex n°6 nous laisse en fin de bouche le goût sirupeux du démocratiquement correct.
Mais rien d’étonnant au fond à cela. Après tout les socialistes ne sont pas mécontents de voir le maire faire le sale boulot qu’ils auraient eux mêmes accompli s’ils avaient été élus. Et puis le mécontentement généré sera toujours bon à capitaliser l’instant venu et cela leur permettra d’invoquer s’ils arrivaient aux affaires « l’héritage ».
Mes chers compatriotes, lisons entre les lignes. Si l’on y prête suffisamment attention, ce que les socialistes reprochent au maire c’est de confondre « urbanisme et immobilier» (édito de Fred Duval). Ce qui les différencie ce n’est pas la préservation de l’existant ou du cadre de vie à Bihorel, pas plus qu’une différence sur le cos, la hauteur à l’acrotère ou le minimum parcellaire. Non, ce qui les différencie c’est la finalité des constructions à venir. Ils sont d’accord avec le maire pour « renouveler » Bihorel et ne s’opposent à lui que sur l’objet de ce qui sera bâti.
Si l’on fait simple, il y a deux écoles :
-La première, celle du freluquet, qui consiste à faire cadeau à des promoteurs, d’un règlement (le PLU) leur permettant de réaliser des opérations immobilières qui leur remplira les poches, ceci au détriment du cadre de vie des bihorellais. Après quoi, les promoteurs redevables s’acquitteront de leurs dettes en sponsorisant les futures campagnes électorales du freluquet à la députation ou autres fonctions républicaines sensées servir l’intérêt général (joke).
- La deuxième, celle des socialistes, qui consisterait à construire du logement social ou des équipements collectifs, par le biais d’un PLU qui permettrait la réalisation de ces constructions, ceci sur le dos du cadre de vie des bihorellais, constructions financées par de l’endettement de la commune et/ou de la hausse des impôts locaux et qui, in fine, remplirait les poches de promoteurs privés, futurs sponsors de campagnes électorales socialistes.

Pour Pascal Houbron et Benoit Pétél, le bihorellais est un égoïste encroûté dans son immobilisme.
Ne nous y trompons pas, les socialistes bihorellais au pouvoir sauraient tout comme Pascal Houbron ce qui est bon pour nous sans prendre soin de nous poser la question et ils passeraient leur projet de mixité sociale et culturelle tout autant en force que s’apprête à le faire Houbron, drapés dans les habits de la légitimité du suffrage universel et d’une concertation bidon.
Alors pour donner le change, nous assistons à un nouvel épisode de « je te sers la soupe, tu me repasses les plats » dont les plus belles illustrations sont ces articles/commandes de presse (paris normandie/bulletin de Rouen) où l’opposition officielle s’oppose et où la majorité se raidit.
Bref, nous sommes en plein Vaudeville: Fred claque les portes et à tour de rôle c’est Pascal ou Benoît qui est dans le placard. Mais le cocu, c’est toujours le bihorellais!

C’est à la lecture du Bihorel Mag de Décembre que l’on mesure le mieux tout le déterminisme qui muscle l’action des socialistes à Bihorel surtout lorsqu’ils en appellent à Gandhi dans leur billet pour dénoncer les projets du freluquet.
La feuille de route des socialistes bihorellais pour 2010 s’inspirera de « l’ahimsa » du Mahatma Gandhi: protestation contre le PLU par jet de chamallows sur les pelleteuses et manifestation avec des fleurs dans les cheveux face aux promoteurs tout en éparpillant des pétales de roses sur le parvis de la mairie avec le Président Duval au sitar indien.
La majorité municipale a raison : le climat insurrectionnel qui règne dans la commune est malsain!

Constantin Dragasès

jeudi 24 décembre 2009

Et Verbum caro factum es.

Mes Chers Compatriotes, Je vous souhaite une sainte et belle fête de Noël !
Constantin Dragasès


dimanche 20 décembre 2009

La patrie trahie par la République

Texte paru dans le Figaro du 17 juin 2004
Débats & Opinions
«Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ?» Une série du «Figaro»
La patrie trahie par la République
PAR JEAN RASPAIL*

J'ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d'un colis piégé. Difficile de l'aborder de front sans qu'il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C'est pourtant l'interrogation capitale. J'ai hésité. D'autant plus qu'en 1973, en publiant Le Camp des saints, j'ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n'ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.
Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu'«ils sont chez eux chez moi» (Mitterrand), au sein d'une «Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes» (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu'au basculement définitif des années 2050 qui verra les «Français de souche» se compter seulement la moitié - la plus âgée - de la population du pays, le reste étant composé d'Africains, Maghrébins ou Noirs et d'Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l'islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer(1).
La France n'est pas seule concernée. Toute l'Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas - rapport de l'ONU (qui s'en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment -, mais ils sont systématiquement occultés et l'Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l'Europe des Quinze est l'un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l'incurie des «gouvernances» et qu'il lui faudra affronter dans son âge d'homme...
Sans compter que les «Français de souche», matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l'homme, de «l'accueil à l'autre», du «partage» cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites «antiracistes», conditionnés dès la petite enfance au «métissage» culturel et comportemental, aux impératifs de la «France plurielle» et à toutes les dérives de l'antique charité chrétienne, n'auront plus d'autre ressource que de baisser les frais et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule «citoyen» du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu'on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français - et pas nécessairement tous de race blanche - qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s'obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu'elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.
Face aux différentes «communautés» qu'on voit se former dès aujourd'hui sur les ruines de l'intégration (ou plutôt sur son inversion progressive: c'est nous qu'on intègre à «l'autre», à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s'agira en quelque sorte - je cherche un terme approprié - d'une communauté de la pérennité française. Celle-ci s'appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.
Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l'autre. Quelque chose comme l'élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite?
Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l'ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d'une espèce à jamais disparue qui s'appelait l'espèce française et n'annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé.
Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu'en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c'est que les derniers isolats résistent jusqu'à s'engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l'espagnole mais s'inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n'est pas moi qui m'en chargerai, j'ai déjà donné. Son auteur n'est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j'en suis sûr...
Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c'est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d'hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n'ose dire cyniquement, à l'immolation d'une certaine France (évitons le qualificatif d'éternelle qui révulse les belles consciences) sur l'autel de l'humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l'Etat (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces «intelligents» qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l'organisme encore sain de la nation française.
Même si je peux, à la limite, les créditer d'une part de sincérité, il m'arrive d'avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication: ils confondent la France avec la République. Les «valeurs républicaines» se déclinent à l'infini, on le sait jusqu'à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d'abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n'est qu'une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d'idéologie, idéologie avec un grand «I», l'idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu'ils trahissent la première pour la seconde.
Parmi le flot de références que j'accumule en épais dossiers à l'appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l'étendue des dégâts. Elle est extraite d'un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003: «Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d'une jeune Française issue de l'immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République...»
Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure: «Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d'êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie.» (Président Boumediene, mars 1974.)
Et celle-là, tirée du XXe chant de l'Apocalypse: «Le temps des mille ans s'achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée.»

*Ecrivain, romancier.
(1)Le délicat iman de Vénissieux, en vertu du jus soli, a engendré à lui seul seize petits citoyens français

Cathédrale et Mémoire

J’habite une ville dans laquelle s’élève une très belle cathédrale. Peut-être la plus belle de France. J’aime passer devant. Parfois, lorsque j’ai le temps, j’y entre. L’intérieur aussi est magnifique. Grand, froid, sombre, silencieux et majestueux. La sensation y est unique. A condition de savoir être à l’écoute, on peut y sentir le poids des siècles. Fouler le sol des ancêtres, apercevoir leurs ombres, entendre les murmures de leurs fantômes, se dire que le sang qui coule dans nos veines coulait dans les leurs ici même il y a mille ans… prendre conscience que nous sommes une étape de quelque chose de bien plus vaste, de bien plus fort,de bien plus lointain, de bien plus précieux. Alors, un sentiment étrange entre l’humilité, la plénitude et l’amour s’empare du corps et de l’âme. Une fois propulsé en haut, le panorama est imprenable.Un morceau d’éternité, un voyage immobile, une contemplation profonde et intense, un instant infini qu’aucun livre d’histoire ne saurait retranscrire. Une vague qui rassure et qui fait palpiter le cœur. Comme une évidence, elle surgit même dans des endroits qui n’ont a priori aucun lien avec notre mémoire individuelle, avec lesquels nous n’avons pas d’attaches personnelles. Des endroits dans lesquels nous n’avons pas grandi, que nous n’avons pas connus ici-bas. Nous n’y avons jamais mis les pieds et pourtant… et pourtant dès les premiers pas ils nous semblent aussi familiers que la poitrine d’une mère.