Le blog d'un contemporain du crépuscule - Membre de l'Internationale Réactionnaire
"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"
Louis Ferdinand Céline
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dimanche 3 mai 2020
Charles Prats: «La fraude sociale, c’est 30 milliards d’euros par an»
par Alexandre Devecchio - Le Figaro 30 avril 2020
Ancien magistrat de la Délégation nationale à la lutte contre la fraude (DNLF) au ministère du Budget, Charles Prats estime que 2,5 millions d’individus «fantômes» bénéficieraient de 30 milliards de prestations sociales indues.
LE FIGARO.- L’Allemagne consacre au financement de ses dépenses de santé une part de richesse équivalente à celle de la France, affiche une pression fiscale moindre, et pourtant, son système de santé a mieux résisté que le nôtre. Comment expliquez-vous ce paradoxe?
Charles Prats.- L’Allemagne a beaucoup plus de lits d’hospitalisation par rapport à sa population que la France, et il y a plus de médecins et moins de personnels administratifs dans les établissements de santé. Schématiquement, en Allemagne, on dépense plus d’argent pour soigner que pour administrer. En France, le débat se focalise souvent sur les impôts. On se chamaille pour savoir qui va se faire taxer et de combien. La question fondamentale devrait d’abord être: comment l’argent public est-il dépensé?
Les spécialistes évoquent pour la France 56 % de dépense publique par rapport au PIB. Où va l’argent?
Regardez l’état de nos armées, de notre police, de notre justice… Ces institutions vous semblent-elles dignes de ce qu’elles devraient être en France? Les fonctionnaires vivent depuis des années les restrictions et le gel des rémunérations. L’hôpital est un exemple criant de cette indigence de nos services publics. Et pourtant, notre dépense publique est la plus élevée. Il n’est pas besoin de chercher bien loin: elle a explosé en France parce que les dépenses de protection sociale ont explosé, tout simplement! Et l’on peut craindre que ce soit pour de très mauvaises raisons…
Justement, peu avant la crise du coronavirus, vous avez dénoncé la fraude aux prestations sociales. Pourquoi l’estimation de l’ampleur de cette fraude rencontre-t-elle tant de difficultés?
Cet exercice est toujours compliqué, mais on peut par exemple facilement comparer le nombre théorique maximal de bénéficiaires avec ceux qui touchent réellement des prestations. C’est d’ailleurs la méthode de travail retenue par l’Inspection générale des finances (IGF). Selon les documents que j’ai donnés à la commission d’enquête parlementaire en cours sur le sujet, 12,4 millions de personnes nées à l’étranger ou dans un territoire d’outre-mer ont bénéficié l’an dernier de prestations sociales (allocations, pensions de retraite, chômage, maladie…) alors qu’il ne devrait en exister qu’un maximum de 9,9 millions selon les chiffres de l’Insee et des organismes sociaux. Il y a donc environ 2,5 millions de fantômes qui passent chaque mois au guichet pour toucher des sous! Si ces 12,4 millions de personnes existaient vraiment, cela signifierait par exemple que 42 % des allocataires des caisses d’allocations familiales seraient nés à l’étranger. J’ai donné ces documents et informations à l’Assemblée nationale le 3 mars dernier. Le ministère des Affaires sociales et les organismes sociaux se sont depuis réfugiés dans un silence gêné, personne ne commentant ces chiffres provenant du gouvernement lui-même dans une réponse à une question de contrôle publiée au Journal officiel.
Comment arrivez-vous au chiffre de 30 milliards d’euros pour la fraude sociale aux prestations?
C’est un enjeu potentiel de fraude. Le montant total des dépenses annuelles de protection sociale s’élève à 787 milliards d’euros pour 66,5 millions d’habitants, soit 11.800 euros par personne. L’enjeu annuel pour les 2,5 millions d’individus «fantômes» bénéficiant de prestations s’élève donc à près de 30 milliards d’euros auxquels il faut rajouter les autres types de fraudes sociales car ces 30 milliards ne concernent que la fraude potentielle à l’immatriculation sociale!
Qui sont les bénéficiaires de cette fraude sociale?
Quand on fait face à 2,5 millions de fraudeurs, tous les cas existent! On peut avoir des individus créant des identités fictives en grand nombre, comme cette famille roumaine qui en avait créé 1200 dans le Nord en 2018 pour escroquer 1,7 million d’euros d’allocations. Ou bien les immigrés clandestins qui créent des identités européennes pour bénéficier de notre système social. En 2011, sur l’échantillon de faux papiers d’origine étrangère, 47 % étaient soi-disant algériens, 27 % marocains, 6 % congolais et 3 % maliens. Mais attention, la nationalité du fraudeur peut être très différente de celle du document falsifié, tout fraudeur pouvant dupliquer de nombreuses identités fictives étrangères pour escroquer la sécu.
Comment expliquer que gouvernements successifs et médias se concentrent davantage sur la fraude fiscale?
Évoquer la lutte contre la fraude fiscale, qui coûte très cher à nos finances publiques, participe de la «chasse aux riches»! À l’inverse, la lutte contre la fraude aux prestations sociales tétanise décideurs politiques et haute administration qui ne veulent pas être accusés de «faire la chasse aux pauvres et aux étrangers». Pour certains, la fraude aux prestations sociales relève même de la «fake news» et le simple fait d’aborder ce sujet ferait le jeu de l’extrême droite. Il y en a même qui excusent cette fraude sociale au nom de l’existence de fraudes fiscales!
Ces contrevérités assénées par les «fraudosceptiques» ont heureusement été «fact checkées» par les travaux de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Sans vouloir distribuer des bons points aux parlementaires, reconnaissons tant l’action décisive de Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, pour avoir imposé cette commission d’enquête, que le travail titanesque des différents députés de tout bord politique sur ce sujet, on le voit, transpartisan. C’est à la suite de cette enquête que le député européen Jean-Paul Garraud (RN) a saisi le procureur national financier. Le décideur politique qui osera mener cette bataille gagnera à coup sûr la reconnaissance de nos concitoyens.
Que préconisez-vous pour lutter efficacement contre cette fraude sociale multiforme?
L’État doit recertifier tous les numéros de Sécurité sociale en intégrant les empreintes digitales de chacun. Ainsi, on stoppera massivement les fraudes en évitant les identités multiples pour un même individu, l’utilisation d’une même carte Vitale par différentes personnes ou encore les clandestins travaillant sous l’identité d’un tiers en situation légale. Cette vérification biométrique peut être mise en place en peu de temps si l’on s’en donne la volonté politique. En cette période de confinement due, au coronavirus, on ne peut pas le faire. Mais il faudra adopter la biométrie dès que le confinement sera levé pour permettre de mieux lutter contre la fraude et créer un véritable «FBI de lutte contre la fraude sociale» comme cela avait été proposé en 2012. Ce dispositif ne peut pas être confié aux seuls organismes de protection sociale qui n’ont pas la culture répressive. On n’attrape pas les bandits avec des «conventions d’objectifs et de gestion»! Il faut donc donner cette compétence au ministère du Budget qui aurait toute autorité opérationnelle sur les contrôleurs des organismes de protection sociale et sur les comités départementaux antifraude. Cette réforme administrative simple peut être faite avant la fin de l’année.
Réformer en urgence le dispositif de lutte contre la fraude aux prestations sociales est-il vraiment prioritaire à l’heure de la crise du coronavirus?
Cette réforme est d’autant plus urgente dans le contexte actuel! Cette crise coûtera plusieurs centaines de milliards à la France et des millions d’emplois aux Français. Lorsque arrivera l’heure de l’impôt-coronavirus - parce que cette heure viendra -, personne ne comprendrait que l’on continue de laisser la fraude aux prestations sociales allègrement prospérer!
La majorité des réformes structurelles de ces quarante dernières années, conduites par Bercy, visent à réduire l’État providence. Mésestime-t-on le poids de l’État social? Quelle est la différence entre État providence et État social?
L’État social recouvre l’ensemble des régulations poursuivant les objectifs de protection et de justice sociale, ce qui est bien plus large et profond que l’État providence que l’on peut cantonner à la protection sociale, par exemple l’assurance-chômage, le RSA, les allocations familiales… L’État social recouvre de larges pans de l’action publique: la répartition fiscale avec notamment les niveaux de redistribution, la législation du travail, l’étendue des services publics… La France est un véritable archétype de l’État social, même si ce dernier a reculé dans le domaine des services publics industriels et commerciaux - transports (Air France, la SNCF ou, plus récemment, Aéroports de Paris), autoroutes, télécoms, etc. -, plus sous l’impulsion du droit européen que de Bercy, ce qui a eu un fort impact, parfois négatif, pour les citoyens et n’a pas en réalité réduit le coût du «Deep Social State» français.
Celui-ci s’est renforcé en matière de fiscalité avec la concentration de l’impôt progressif sur de moins en moins de contribuables, alors même qu’une étude de l’Institut Vauban a démontré que l’impôt proportionnel était considéré comme le plus juste par plus de 80 % des Français. Et surtout que dire du niveau de redistribution «sociale», près de 800 milliards d’euros chaque année, on l’a vu!
Face aux nouveaux défis politiques et financiers posés par la crise du coronavirus, on ne pourra pas faire l’économie d’une grande réforme fiscale de relance: mieux d’impôt et plus réparti, car une fiscalité efficace à laquelle adhèrent les contribuables est une fiscalité à faible taux et large assiette, dans un cadre redistributif plus rigoureusement circonscrit et contrôlé.
Faut-il également réformer l’État bureaucratique? Peut-on dire que le poids de la technostructure explique en partie la gestion, souvent jugée illisible, de cette crise?
S’il y a bien une chose qui ronge l’efficacité de l’action publique, c’est la bureaucratie. On n’en fera jamais une aussi juste description que la «maison qui rend fou» dans Les Douze Travaux d’Astérix. Nous voyons aujourd’hui malheureusement à quel point la bureaucratie peut parfois s’avérer hors sol en temps de crise. Un «État profond» inefficace qui a mis l’autorité politique devant le fait accompli dans une situation intenable avec une communication de crise illisible une fois que les masques sont tombés. Regagner la confiance du peuple français va être compliqué…
samedi 2 mai 2020
Eric Zemmour agressé
"En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin "
Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort
Tout notre soutien à Eric Zemmour et à sa famille - C.Dragasès
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vendredi 1 mai 2020
Dès demain, pour la France
Depuis 1945, la France n'aura jamais eu autant besoin durant les mois et les années à venir de se rassembler autour de ses symboles fondateurs. S'il reste une lueur d'espoir pour notre pays après cette crise sanitaire et demain économique, c'est en nous recentrant sur nos valeurs judéo-chrétiennes, en retrouvant nos racines gallo-romaines, l'esprit de certains textes des lumières et l'enseignement des grecs anciens.
Quel plus beau symbole que Sainte Jeanne D'Arc qui redonna sa souveraineté à la France. Oui nous devons retrouver notre souveraineté militaire, territoriale, sanitaire et alimentaire. Cela va nous demander des efforts, beaucoup sans doute mais c'est la première épreuve d'envergure que les générations de Français qui constituent aujourd'hui notre Nation, ont à relever.
Depuis presque soixante dix ans, nous avons tous été des enfants gâtés. Aucune guerre sur le territoire métropolitain n'est venue troubler notre douceur de vivre. Alors, mes chers Compatriotes, notre moment "historique" est peut-être venu, celui d'agir pour la France et les futures générations de Français qui nous succéderont.
Il va nous falloir changer nos manières de vivre, de consommer, de travailler, nous recentrer sur l'essentiel pour sauver nos paysages et respecter la création. Il n'est que grand temps de reconnaitre et récompenser le travail des fumeurs de clopes qui roulent au diesel, des humbles et des oubliés, cette France des gilets jaunes de la première heure grâce à laquelle depuis deux mois de confinement, nous n'avons manqué ni de quoi nous nourrir, ni d'eau, ni de quoi nous chauffer et nous éclairer. Ce n'est pas la "start-up nation", c'est la France de la vieille mais au combien indispensable économie.
Mais cette économie, il lui faut des bras et des cerveaux pour qu'elle redémarre au plus vite afin de limiter autant que faire se peut les faillites et les licenciements. Seule la croissance, mais pas n'importe laquelle, donnera du travail et de quoi vivre à tous. Alors voici venu le temps de l'effort pour relever ce défi.
Pourquoi
les élus ne commenceraient-ils pas par montrer l'exemple en renonçant à une grande
partie de leurs indemnités, alors reversées là où l'argent manque ?
Pourquoi ceux qui n'ont pas travaillé ou télétravaillé durant le confinement, n'offriraient-ils pas à la nation leurs RTT et une voire deux semaines de congés ?
Pourquoi
ne pas accepter dans le privé comme dans le public, de travailler le
temps de la reconstruction économique, 40 heures payées 37 ? Nos aïeux dans les années cinquante et soixante, travaillèrent 50 voire 60 heures la semaine pour rebâtir le pays.
Oui, l'effort doit être général. Tous les Geoffrey Berrou de Bézieux sont aux aguets eux qui, si on les y autorisait, renverraient promptement les enfants de huit ans au travail, oui ces charognards, lorsqu'ils en appellent à l'effort, oublient singulièrement leur participation.
Pourquoi pendant autant d'années que nécessaire, pour participer au remboursement de la dette nationale et à la modernisation du pays (infrastructure routière, hôpitaux, armée, développement du numérique, école etc...), les gras dividendes versés aux actionnaires ne seraient-ils pas captés à 80% par l'état ? Ce que l'on demande au travail doit être exigé dans la même mesure au capital.
La France est un chêne millénaire encore plein de vigueur mais comme tout arbre, il est nécessaire de le débarrasser de ses branches gagnées par le gui et porteuses des maux qui, comme c'est déjà hélas le cas, contaminent le tronc et tueront bientôt le vieil arbre en s'attaquant à ses racines.
Tout cela nécessitera le rétablissement de frontières économiques et physiques, un certain protectionnisme et une préférence nationale. Cette politique devra être mise en musique par un régime fort, césariste ou bonapartiste, incarné à titre d'exemple par le Général Pierre de Villiers, avec au plan local des assemblées communales renouvelées tous les ans.
Mes chers Compatriotes, si nous voulons léguer à nos enfants, le plus beau pays du monde celui que nous ont transmis nos ancêtres, il est grand temps de nous en donner les moyens et d'agir, d'être de nouveau des citoyens ou des sujets, comme vous voudrez, au service de la République notre royaume de France, selon l'expression de Charles Péguy.
C.Dragasès
jeudi 30 avril 2020
mercredi 29 avril 2020
Lecture
« On supporte tout ça parce que ce n’est pas arrivé d’un seul coup, mais à doses homéopathiques, mois après mois, année après année. En fait, la catastrophe est lente, Agnès, terriblement lente. C’est une fin du monde au ralenti. »
Jérôme Leroy, Comme un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruine. (1001 nuits - 2007)
mardi 28 avril 2020
Bihorel / Béziers, de l'intérêt particulier à l'intérêt général
🙏Merci à tous les volontaires pour leur incroyable mobilisation depuis 5 jours ! Grâce à eux, la distribution des masques dans vos boîtes aux lettres sera terminée aujourd'hui !🙏#Beziers @RobertMenardFR pic.twitter.com/3iqD9sGiE6— Ville de Béziers (@VilleDeBeziers) April 28, 2020
lire la vidéo
Il y a d'un coté, les maires qui reçoivent en pleine épidémie les promoteurs immobiliers dans le clair obscur de leurs domiciles pour discuter affaires et se retrouvent à poil dans la rue, sans même un masque pour se cacher la face ou dissimuler tout autre partie du corps...
Et de l'autre coté, il y a les maires soucieux de l'intérêt général, de la santé et de la sécurité de leurs concitoyens qui sont au service des autres, n'attendent pas que tout vienne de l'état et qui se bougent.
D'un coté l'intérêt particulier, de l'autre l'intérêt général.
D'un coté Bihorel, de l'autre Béziers
C.Dragasès
à Bihorel, on a tellement confiance en l'action de "nos" élus et en la qualité des masques "grand public" qui devraient peut-être un jour nous être distribués que l'on préfère prendre les devants.
à l'attention de notre petit marquis : où sont les masques ?
dimanche 26 avril 2020
La fable du “monde d’après” par Barbara Lefebvre
Quand ceux qui ont organisé et administré le système nous annoncent que le monde d’après Covid 19 sera différent, on peut en douter : les dirigeants du monde globalisé n’ont aucun intérêt au changement. Explications de Barbara Lefebvre.
Il est des indices qui ne trompent pas pour prévoir que, dans la France post-Covid19, le postulat « plus ça change, plus c’est la même chose » sera à nouveau vérifié. Citons-en deux parmi d’autres. Jacques Attali et son « économie positive » (comme la « pensée positive » ou la « pédagogie positive » mais ici c’est pour ouvrir les chakras des salles de marché) a son mot à dire pour penser le monde d’après. En effet, le conseiller des princes faiseur de roitelets, du haut de sa compréhension unique du monde répète ces derniers jours qu’il avait tout prévu, tout annoncé et qu’on ne l’avait pas assez écouté. Le Nostradamus des dérives de la mondialisation est-il bien placé pour asséner aujourd’hui ses prophéties, lui qui fut un des grands promoteurs en France de la globalisation et du déracinement, de l’abolition des frontières à la destruction de la souveraineté nationale ? A bien l’écouter dérouler ses arguments, on comprend qu’il a une solution : pour corriger la mondialisation, il faut plus de mondialisation mais « positive » cette fois-ci ! Autre indice plus clair encore : le retour de l’ermite Dominique Strauss-Kahn. A écouter certains membres de la macronie véritablement subjugués par son article paru il y a quelques jours dans Politique Internationale, nous aurions là un texte d’une profondeur intellectuelle sans égale. Las, lorsqu’on a terminé la longue dissertation – qui mériterait certes un 18/20 à l’ENA - intitulée humblement L’être, l’avoir et le pouvoir dans la crise, on se dit que c’est décidément tout un art d’enfoncer les portes ouvertes.
Quand ceux qui ont organisé, administré le système, nous annoncent que le monde d’après Covid 19 sera différent, on peut en douter si on se souvient du monde post 11-09 ou du monde post-crise de 2008. Ceux qui dirigent le système du monde globalisé n’ont aucun intérêt au changement ; d’ailleurs ni Poutine, ni Trump, ni Xi Jinping, ni Merkel ne parlent du « monde d’après », ils ont au moins la sincérité de renouveler leur confiance dans ce système, quand d’autres poseurs font semblant de le critiquer pour espérer apaiser une opinion publique chauffée à blanc par leur gestion de crise. En France, nous n’étions même pas encore confinés depuis vingt-quatre heure que notre président annonçait tout à la fois la guerre et la reconstruction, le monde d’avant et le monde d’après ! L’unité dans le sang et les larmes d’une part, l’Union nationale des bouches cousues d’autre part. Jusqu’ici on le voit le système a fait bloc, il se maintient en dépit non pas des erreurs - qui peuvent toujours se pardonner - mais des mensonges proférés qui ont conduit à des mesures absurdes, dont le confinement général aura été l’apogée. On nous a ainsi présenté le confinement de la population non infectée comme une fatalité : « tout le monde le fait, donc on doit le faire », tel des moutons de Panurge, on nous imposa d’écarter toute autre option inspirée des stratégies de pays ayant choisi de ne pas se confiner de façon globale.
Faute d’humilité, de prévoyance et de stratégie, nos dirigeants ont été incapables, jusqu’à ce jour, de protéger les Français en leur fournissant les moyens d’être dépistés, isolés dans les conditions adéquates, traités et protégés par le port de masques efficaces. Sans même évoquer le sort d’une indignité absolue qui a frappé nos anciens dans les EHPAD qu’on a privés dans les dernières années de leur existence des contacts affectifs et sociaux dont ils ont plus que tout un besoin vital. Était-il si difficile d’organiser des visites familiales sécurisées du point de vue sanitaire dans un pays qui se dit développé et humaniste ? D’autant que la contagion a eu finalement lieu via les soignants, eux-mêmes peu accompagnés sanitairement dans leur travail jusqu’à début avril ? Le souvenir de nos anciens qui sont morts ces dernières semaines dans la plus profonde solitude, sans tenir la main de leur proche, hantera-t-il les consciences des sachants et autres technocrates qui ont inspiré à nos dirigeants une aussi cruelle décision ?
Et pourtant, malgré tous ces scandales accumulés en trois mois, les Français continueront de supporter les mêmes dirigeants. Non pas parce qu’ils leur font confiance, les apprécient ou les plébiscitent mais parce que les Français n’ont plus d’énergie, plus d’aspiration à la liberté. Ils sont nombreux à vouloir exercer leur droit de circuler librement pour rejoindre la galerie commerciale et ses biens « Made in China » où tuer le temps. Si individuellement la colère est puissante, collectivement les Français sont las. Ils se sont laissé asservir depuis des décennies dans la langueur d’une fausse paix civile et surtout par les vertus anesthésiantes de la société de consommation et son abondance futile. L’enseignement niveleur d’une pauvreté culturelle effarante qui leur a été dispensé au fil des décennies, a été fort utile pour les priver de tout libre arbitre, tout en les encourageant à l’indignation, cette sur-émotion de l’instant qui finit en cul-de-sac politique. Des générations de citoyens ont ainsi été formatées pour consentir au fonctionnement du système de la démocratie post-nationale et post-moderne. Pourquoi auraient-ils soudain collectivement la volonté que cela change ? Une majorité de citoyens a en outre assimilé que toute remise en question du système sera dénoncée comme une menace mortelle, un affront à la « démocratie et aux valeurs qui nous animent », un terrifiant saut dans l’inconnu. Qui peut avoir envie d’être ostracisé par un système qui se dit au service du Bien et du progrès infini ?
Bernanos après la guerre avait analysé « l’envahissement de la civilisation par les machines », il perçut comment le monde des techniciens allait se servir de la démocratie pour asservir l’humain : « le mot de démocratie c’est probablement le mot le plus prostitué de toutes les langues. Dans presque tous les pays, la démocratie n’est-elle pas d’abord et avant tout une dictature économique ? » écrivait-il. Pourquoi le système accepterait-il aujourd’hui de changer à cause d’un virus moins létal qu’Ebola, quand il ne s’est pas remis en cause ni par l’usage de l’arme atomique, ni par le terrorisme de masse, ni par la destruction minutieuse des paysages naturels et la surexploitation du monde animal, ni par les injustices économiques, ni par l’ensauvagement sociétal ?
La question soulevée par la promesse du changement n’est pas celle de la crédibilité de la parole publique – ce sujet est réglé depuis longtemps en France où la défiance citoyenne ne fait que s’accroître depuis le referendum de 2005 – mais du type de changement dont on parle. Là où la classe politico-médiatique dirigeante voit des difficultés que « davantage du même système » pourraient surmonter, nous sommes nombreux à voir des problèmes que seule l’instauration d’un autre système pourra régler. Quand la représentation de la réalité est organisée par la parole publique et docilement relayée par les grands médias, le changement ne peut avoir lieu qu’à l’intérieur du système lui-même. On va considérer qu’en y faisant deux ou trois modifications importantes de rouages, le changement est opéré, pourtant la structure du système reste la même, or c’est elle qui dysfonctionne dans la démocratie postmoderne supranationale que nous subissons et qui a corrompu profondément et définitivement la Vème République.
« Plus de la même chose » signifie renforcer le problème en pensant que c’est la solution la plus rationnelle : l’Union Européenne détruit l’avenir des peuples souverains, il faut plus d’Europe ; la mondialisation détruit la diversité des civilisations pour créer un homme-nomade asservi à la loi de la libre concurrence, il faut plus de mondialisation « positive » ; le système de santé publique meurt sous l’effet des réformes décidées par des technocrates non élus, il faut plus de réorganisation et de regroupement hospitaliers, etc. Ces solutions de changement n’en sont pas puisqu’elles reconduisent le même mécanisme systémique. Pour que les choses changent vraiment, il faut en général modifier le système : lorsque vous êtes immobile et que vous décidez de vous mettre en mouvement vous êtes contraint d’avancer hors du champ de l’immobilité pour entrer dans celui du mouvement qui est un champ opposé. Pour qu’une personne immobile se déplace, il ne viendrait à personne de lui conseiller de rester encore plus immobile ! C’est pourtant ce que nous disent de façon implicite nos dirigeants avec cette fable du « monde d’après ». Ecoutez-les attentivement : aucun des paradigmes structurants du système globalisé néolibéral n’est remis en question, ce ne sont que les atours du système qu’on proposera de modifier à coups de grands débats, de comités citoyens, de consultations numériques. On fera bavarder les citoyens, on gardera une ou deux idées inoffensives, mais jamais il ne s’agira de sortir du cadre de référence qui fait tenir le système.
Il y a une part d’obstination insupportable à ne pas vouloir une remise en cause démocratique du système postmoderne de l’Etat nounou-picsou (l’Etat-providence a besoin pour survivre d’une prédation fiscale sur les classes moyennes et des petites et moyennes entreprises toujours plus forte) et son attitude infantilisante à l’égard des citoyens. Il ne s’agit pas de conduire un changement de système pour élaborer un projet utopique dont l’histoire nous a montré qu’il se termine souvent en monstruosités. Il s’agit de refonder les bases de la civilisation à laquelle nous voulons appartenir. Ce n’est pas rien, en effet. Il faudra pour cela beaucoup plus de courage que celui dont on devra s’armer pour prendre le métro le 11 mai avec un masque en tissu mal façonné…
Les problèmes que nous affrontons depuis des décennies ne sont pas seulement politiques, économiques ou sociaux ils sont d’abord rattachés à une incompréhension sur le type d’humanité que nous voulons incarner. Le consensus semble aujourd’hui acquis que la civilisation globalisée est une anomalie, qu’elle est prédatrice et, au fond, inhumaine. Ce n’est pas seulement parce que les « grandes idéologies » se sont effondrées depuis le XIXème siècle (idéologies religieuses et politiques) que nous nous sentons perdus et que nous avons été soumis à la pensée unique du Grand marché de la concurrence généralisée. C’est parce que le système post-démocratique au service exclusif de l’idolâtrie économique nous a individuellement convaincus que le collectif recelait trop de danger. Pourtant, lui seul est le terreau de notre reconquête de la liberté. Quand ce ne sont pas « les heures sombres » des uns ou des autres que l’on convoque pour coudre les bouches, ce sont « les buchers de l’Inquisition » numérique et sa bêtise crasse que les pouvoirs publics laissent flamber pour faire contre-feu tel un pompier-pyromane.
Le « monde d’aujourd’hui » n’a aucun intérêt au changement, tant au niveau des individus pris dans de lucratives interactions relationnelles de carrière auxquelles ils ne sont pas prêts à renoncer pour l’intérêt général (et encore moins national !), qu’au niveau des structures institutionnelles dont la lourdeur et la rigidité garantissent la solidité et l’inefficacité comme l’a montré cette crise sanitaire, fort banale au regard de la Grande histoire. Le « monde d’après » ne pourra advenir que par un changement de système profond qui devra être institutionnel mais aussi philosophique, et qui remettra l’économique à sa juste place : au service de l’humain, de son environnement culturel et naturel ! Seul un mouvement partant du bas, du plus profond de l’âme française, et conduit par des esprits intrépides qui n’ont peur ni des paradoxes ni des contre-pieds, peut parvenir à changer le système en le remplaçant par un autre. Mais il s’agit d’abord, et ce n’est pas la moindre des difficultés, de faire renaître collectivement et unitairement ce refus de l’asservissement qui a toujours été en France à la naissance des grandes ruptures. Il est temps, en effet, pour nous de répondre à la question que posait déjà Bernanos en 1946 : « la liberté, pour quoi faire ? ».
Barbara Lefebvre - Valeurs Actuelles - 25 avril 2020
samedi 25 avril 2020
Samedi soir (avec le dernier des Bevilacqua)
Ciseleur de son, la mélancolie a perdu l'un de ses derniers maîtres
Sur le petit carnet noir
Un article du Canard Enchainé de mercredi dernier. Peu de médias ont relayé l'information. Les journalistes d'investigations, s'il en reste, sont aux abonnés absents.
Ce papier révèle une pièce de plus à porter au passif des gouvernements et des élus qui par leurs actions et lâcheté depuis dix ans ont contribué à la débâcle en cours. Ils devront répondre de leurs fautes en mémoire de toutes les victimes.
Mes chers Compatriotes, nous y veillerons.
C.Dragasès
vendredi 24 avril 2020
samedi 18 avril 2020
Retour sur une mésaventure
Je dois dire que je serais déjà passé à autre chose, si le maire lui-même ne s'était pas autant répandu dans la presse et sur les réseaux sociaux en délivrant moult détails sur ce qu'il appelle son "agression" et que je qualifierai personnellement d'une discussion ayant mal tournée.
J'ajouterai que j'aurais fait preuve de plus d'empathie à son égard, si l'altercation n'avait pas eu lieu avec un promoteur immobilier. En pleine épidémie, alors que les Bihorellais attendent des masques, le maire s'occupe de programme immobilier. Quel sens des priorités !
Oui, mes chers Compatriotes, il s'agit bien d'une discussion qui a mal tourné. On se demande ce que faisait un promoteur immobilier convié par le maire en son domicile privé, et en violation des règles de confinement ?
La mairie serait-elle trop petite ? Pas assez d'espace peut-être ? Le maire n'a pas internet dans son bureau ? La discussion ne pouvait-elle pas se dérouler en visioconférence, par Skype ou Whatsapp, avec échanges préalables des documents en PDF ? Quels aspects du dossier nécessitaient une telle intimité pour être évoqués ?
Le maire en a fait beaucoup, comme s'il voulait détourner notre attention de l'essentiel. Je comprends qu'il ait eu une sacrée frousse, mais bon il connaissait son interlocuteur, un promoteur, pas un Bastien-Thiry et l'arme brandie, un pistolet à billes, rien de comparable à une 12 - 7 ou à une Sten MK 2.
Si ce jour là, la rue Saint Denis à Bihorel avait des allures de rue du quai, nous n'étions pas au Petit Clamart en août 1962.
Le maire en a fait beaucoup, comme s'il voulait détourner notre attention de l'essentiel. Je comprends qu'il ait eu une sacrée frousse, mais bon il connaissait son interlocuteur, un promoteur, pas un Bastien-Thiry et l'arme brandie, un pistolet à billes, rien de comparable à une 12 - 7 ou à une Sten MK 2.
Si ce jour là, la rue Saint Denis à Bihorel avait des allures de rue du quai, nous n'étions pas au Petit Clamart en août 1962.
Depuis des lustres, mes chers Compatriotes, les rubriques de faits divers et les chroniques judiciaires des journaux sont remplies de rencontres "confidentielles" entre élus et promoteurs immobiliers qui ont mal tourné.
Affaire à suivre...
C.Dragasès
Affaire à suivre...
C.Dragasès
mercredi 15 avril 2020
Macron & l’hôpital de Falaise
Macron & l’hôpital de Falaise
Comme près de 37 millions de Français, j’ai regardé la prestation de ce qui nous sert de président de la République. Ce fut tellement insupportable d’enfumage que j’avais décidé de ne rien écrire…
Comme près de 37 millions de Français, j’ai regardé la prestation de ce qui nous sert de président de la République. Ce fut tellement insupportable d’enfumage que j’avais décidé de ne rien écrire…
Et puis, le lendemain matin, sur une radio locale normande, Tou'Caen, j’ai entendu ce message ahurissant qui n’aura pas obtenu la même audience: l’hôpital de Falaise, dans le Calvados, appelait à ce que les auditeurs renvoient des masques usagés afin de pouvoir les recycler puisque, là comme partout ailleurs en France, le personnel hospitalier en manque alors qu’il est exposé au virus mortel.
Voilà: d’un côté, un président content de lui jusqu’à l’explosion narcissique; de l’autre, des soignants qui demandent à ce qu’on envoie le contenu des poubelles dans lesquelles se trouveraient des masques ayant déjà servi afin de pouvoir les recycler…
Tout est dit.
Michel Onfray - 14 avril 2020
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