"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline

vendredi 11 octobre 2019

Éric Zemmour: «Que faire du succès de la manif contre la PMA?»




Ils étaient nombreux. Plus nombreux que ne le disent les chiffres minorés de la Préfecture. Plus nombreux qu’on s’y attendait. Plus nombreux qu’ils s’y attendaient. La manifestation de dimanche dernier contre la PMA pour toutes est un succès par cela même que tout le monde attendait un échec, y compris certains de ses soutiens eux-mêmes.

Des manifestants dont la sociologie n’avait pas changé depuis les Manifs pour tous depuis 2013. Toujours ces familles catholiques, plutôt bourgeoises, avec leurs nombreux enfants, justement. Bienveillantes, réfléchies, légitimement inquiètes. La manif de 2019 est la fille de celle de 2013, comme la PMA pour toutes est la fille du Mariage pour tous. Qui sera la grand-mère de la GPA pour tous, quoi qu’en disent les menteurs professionnels.

Des manifestants qui ne vont pas brûler le Fouquet’s ou piller l’Arc de triomphe. Des manifestants qui laissent plus propres après leur passage les rues qu’ils traversent. Des manifestants modèles qui rendent les CRS inutiles. Des représentants d’une France bien élevée et courtoise, qui met le débat démocratique avant la violence. Des manifestants qui n’ont pas«la haine». C’est leur force. Et leur faiblesse.

Leur force, car leurs arguments sont intelligents, fondés: les drames des enfants sans père sont devant nous ; la phrase terrible d’Agnès Buzyn, «Une femme peut être un père», dit tout de la confusion des esprits ; celle de la députée Aurore Bergé «nous n’interdirons pas par la loi la reproduction charnelle des couples hétérosexuels»montre par sa bêtise même, les fantasmes eugénistes des partisans de la PMA.

Mais leur faiblesse aussi, car nos institutions sont si solides que le pouvoir n’a peur que de la violence, et ne cède que devant la violence. C’est le paradoxe de la Ve que de Gaulle n’avait pas prévu, lui qui faisait parler le peuple par des référendums où il mettait son destin en jeu. Quand il n’y a plus cette soupape, ne reste que la violence. Mais elle n’est pas dans les gènes de ces manifestants-là. L’éducation l’explique avant tout. Mais la sociologie aussi: comme on l’avait remarqué en 2013, ces manifestants ne sont pas dans le camp des vaincus de la mondialisation, mais dans celui des vainqueurs. Ils sont issus des classes sociales favorisées, sans être dans celle des riches. Ils ne sont pas hostiles à la mondialisation, encore moins à l’économie de marché. Ils ne sont pas des victimes du«système».

Ils sont simplement victimes d’un rapport des forces au sein de ce système où la balance penche toujours en faveur des libéraux-libertaires qui veulent imposer l’individualisme et la loi du marché à tous les domaines, y compris la famille, le sexe, la culture, l’identité même. Ce rapport de force est inscrit dans le marbre des métropoles mondialisées où ils habitent souvent. Les«conservateurs» sont condamnés à perdre tous leurs combats face aux «progressistes» dans le cadre d’un combat entre seuls vainqueurs de la mondialisation. Leur seule chance de renverser la table est de s’allier aux vaincus de la mondialisation, aux «gilets jaunes», aux populistes, bref aux classes populaires. Sans cette alliance, sans ce «compromis historique», toutes les manifestations du monde ne serviront à rien.




Eric Zemmour, Le Figaro 10 octobre 2019







jeudi 10 octobre 2019

Ils sont de retour









Déjà malmenés à Bihorel par la destruction de leur habitat, résultante du PLU, les oiseaux avaient disparu du ciel et de l'espace bihorellais depuis la catastrophe industrielle de Lubrizol. Où étaient-ils donc passés ? Avaient-ils fui ou bien restaient-ils simplement confinés dans quelques caches naturelles? Toujours est-il que depuis mardi matin, leurs chants saluent de nouveau l'aurore à Bihorel.

Doit-on se fier à leur instinct et se dire que leur retour signifie que la composition de l'air sur le plateau nord est redevenue "normale", dix jours après que notre préfet l'ait affirmé ? Pourtant, on parle maintenant de dioxine, de taux quatre fois supérieur à la normale, mais rassurez-vous mes chers Compatriotes, cela tout en restant bien en deçà du seuil de tolérance. 

La terre, les arbres, nos jardins vont rester pour longtemps pollués tout comme nos poumons et notre sang. Tout juste dans cinq, dix ou quinze ans, une étude épidémiologique mettra en évidence un pic de cancers. Mais le temps sera passé et Lubrizol se sera mis à l'abri des sanctions en allant semer la mort sous d'autres latitudes. Quant aux responsables politiques, ceux qui n'ont rien fait pour éviter de telles catastrophes et protéger les habitants, ils auront écumé quelques mandats de plus et continué à faire les poches de la république.

Lors du dernier conseil municipal, notre petit marquis a déclaré se poser la question de déposer plainte ou non à la suite de cette catastrophe. Mais savez-vous pour quelle raison ? Oh non, mes chers compatriotes, pas pour le préjudice porté à notre santé ou à celui de la flore et de la faune à Bihorel.
Non, juste parce que le coût du matériel de nettoyage était élevé pour la commune...

On vit une époque formidable.

C.Dragasès





lundi 7 octobre 2019

Un couteau sans lame auquel il manque le manche par Michel Onfray


On ne compte plus les égorgements de rue perpétrés par des islamistes présentés par le personnel politique de la France maastrichtienne comme des épiphénomènes à ranger dans la rubrique des faits divers. Très vite, les journalistes, les éditorialistes, les parleurs ayant leurs ronds de serviette sur les plateaux de télé des chaînes d’information continue, invoquent des problèmes avec l’alcool, la drogue, les antidépresseurs, la famille explosée, ils glosent abondement sur "les antécédents psychiatriques" -tout est fait, et dit, pour éviter que le réel soit vu en face. Or ces attentats ne sont pas des faits divers conjoncturels mais des actes de guérilla structurels conduits par des gens dont l’horizon idéologique et politique est d’affaiblir d’abord puis d’abolir ensuite la démocratie et la république en France afin d’y faire avancer la cause de la charia.

L’islamo-gauchisme ne concerne pas, hélas, que les gauchistes. Ce serait tellement simple si cette frange antisémite de la gauche était la seule à trouver systématiquement des excuses aux égorgeurs! Car, dans l’extrême gauche historique, je songe aux trotskistes, on assimile Israël, l’argent, le capital, le capitalisme, le sionisme et les Etats-Unis afin de compagnonner avec l’islamisme sous prétexte qu’il serait la nouvelle avant-garde éclairée sur laquelle il faudrait s’appuyer afin d’en finir avec le capitalisme. L’islamiste d’aujourd’hui serait le prolétaire d’avant-hier. Si les seuls gauchistes pensaient ainsi, ce serait quantité négligeable.

Mais l’islamo-gauchisme concerne hélas une grande partie de La France insoumise. Dans ce parti, certains justifient et légitiment la cause islamiste puis s’opposent aux souverainistes républicains et laïcs qui ont mon soutien, mais que Mélenchon vire comme des malpropres -je songe aux récentes évictions de Djordje Kuzmanovic et de François Cocq, membre fondateur du Parti de gauche.

Le PCF, pour ce qu’il en reste, entre un récent tropisme LGBT (qui lui fait désormais justifier la marchandisation des utérus et la vente des enfants) et l’amnésie concernant son soutien au nazisme, eu égard au Pacte germano-soviétique entre 1939 et 1941, se retrouve sur la ligne du compagnonnage avec la cause islamiste.

On trouve également la même complaisance pour cette cause chez la quasi totalité des socialistes qui ont abandonné le peuple à la famille Le Pen depuis des années. L’instrumentalisation mitterrandienne du Front national pour casser la droite traditionnelle en deux afin d’assurer une réélection en 1988 qui, sinon, se serait trouvé bien difficile, suivie de l’instrumentalisation de Carpentras afin de faire descendre un parti que Mitterrand  avait fait monter trop haut, montre aujourd’hui ses limites. C’est François Hollande lui-même qui, s’épanchant dans le giron de deux journalistes du Monde, entre une tranche de saucisson et un verre de vin rouge en regardant un match de foot (véridique, lisez Un président ne devrait pas dire ça…), annonce que la partition est assez probablement le devenir du pays qu’il n’a pas su diriger pendant cinq ans.

Ajoutons à ces benêts de l’extrême gauche, d’une frange de La France dite "insoumise", du Parti communiste français, de la plupart des socialistes, l’essentiel de ceux qui défendent le projet maastrichtien: car, qu’est-ce qui distingue Besancenot et Raffarin, Hollande et Sarkozy, Juppé et Macron, Mélenchon et Edouard Philippe, Olivier Faure et Fabien Roussel -respectivement les noms des patrons du PS et du patron du PCF pour ceux qui l’auraient oublié…-, et Alain Juppé ou Gérard Larcher sur la question qu’on dira par facilité islamo-gauchiste?

Je regardais une chaîne d’information continue qui commentait l’attentat de la préfecture de police de Paris. Nous étions dans les premières heures et on savait sûrement qu’un homme avait égorgé et tué quatre policiers à l’arme blanche dans le bâtiment et qu’il s’était converti à l’islam dix-huit mois plus tôt (disait-on alors -en fait une dizaine d’années). Le modus operandi de l’égorgement au couteau, les cibles républicaines, la conversion à une religion qui semble bien être la seule en France depuis des années à revendiquer des attentats mortels et à fournir le contingent de leurs acteurs -il n’y a en effet ni catholiques, ni juifs, ni protestants, ni bouddhistes, ni témoins de Jéhovah, ni sikhs, dans la liste des auteurs d’attentats qui ensanglantent le pays depuis des années -tout ceci ne suffisait pas: les journalistes, les éditorialistes se refusaient à l’évidence que tout cela ressemblait fort à un attentat terroriste.

Quand le Rassemblement national a dit sur ce sujet ce que le bon sens imposait qu’il fut dit, l’habituel panoplie des insultes est arrivé -récupération indigne, fond de commerce de politique politicienne, discours de haine, sans parler de l’inévitable islamophobie bien sûr…

Je suis toujours stupéfait de constater les ravages effectués par l’idéologie en vertu de laquelle on ne voit pas ce qu’il y a à voir mais on voit ce qu’on veut voir. Les compagnons de route de l’islamo-fascisme refusent de croire ce qu’ils voient parce qu’ils voient ce qu’ils croient -on pourrait même dire: ils ne voient que ce qu’ils croient. Normalement, en toute bonne logique: conversion à l’islam + couteau + égorgement + cibles républicaines = suspicion d’attentat terroriste. Et bien non… La logique ne fait plus la loi dans un régime libéral où le slogan a remplacé la réflexion.

Cette crainte de passer pour islamophobe quand on dit qu’un attentat a été commis par un islamiste qui a crié "Allahu akbar" -autrement dit: qu’on se contente de dire ce qui a eu lieu, d’énoncer un fait…- inhibe toute intelligence, toute réflexion, tout bon sens même. Si l’islamophobie est étymologiquement peur de l’islam, l’usage de cette épithète infamante génère la peur de passer pour quelqu’un qui n’aimerait pas l’islam -péché mortel en régime idéologique islamo-gauchiste. Or, il n’y a aucun jugement de valeur dans le fait de dire, quand un musulman radicalisé égorge au nom de sa religion, qu’un musulman radicalisé a égorgé au nom de sa religion.

L’un des signes du régime totalitaire, c’est que l’idéologie qui le sous-tend réussit à abolir le réel auquel on lui préfère une fiction. Le musulman radicalisé qui a égorgé au nom de sa religion n’est pas un musulman, il n’est pas radicalisé, il n’a pas égorgé et son geste n’a pas été perpétré au nom de sa religion. Il s’en faut de peu qu’avec force sophisme et effets de rhétorique, les journalistes et les éditorialistes recyclent l’image de Lichtenberg et parlent avec conviction d’un couteau sans manche auquel il manque la lame utilisé par un homme dont le suivi psychiatrique atteste qu’il avait perdu tout discernement lors de son geste et que, bien qu’il ait crié en arabe "Dieu est Grand", la religion n’entre en rien dans ce fait divers qu’il faut classer le plus rapidement possible. Il ne s’agirait donc pas, selon ceux qui nous gouvernent, d’une guérilla perpétuelle contre laquelle les politiques ne peuvent rien mais une série de faits divers hétérogènes.

Cette cécité est visible, si je puis dire, quand on apprend que l’égorgeur de la préfecture de police de Paris était un Antillais connu pour s’être converti à l’islam (1), qu’il avait fait savoir publiquement sa satisfaction lors de l’attentat de Charlie Hebdo (2), qu’il refusait de serrer la main des femmes dans son service (3), qu’il avait été condamné pour violence à l’endroit de son épouse (4), qu’il fréquentait une mosquée à laquelle il se rendait habillé avec le vêtement des radicalisés (5), qu’il était en contact avec des islamistes (6)! Qu’aurait-il fallu de plus au ministère de l’Intérieur pour retirer son accréditation secret défense à cet homme qui travaillait expressément au renseignent à la préfecture de police de Paris? Quoi d’autre? Quoi de plus?

Quatre personnes sont mortes. On ne sait combien cela fait de veuves, de veufs et d’orphelins, de familles et de parents dont la vie s’est arrêtée ce jour funeste.

Mâchoire serrée, Emmanuel Macron pourra aller aux obsèques, accrocher une breloque sur les drapeaux tricolores qui recouvriront le cercueil. Il y aura des gros plans sur son visage lors de la cérémonie retransmise sur les chaines d’information continue. Il lira un discours, écrit par un autre, rempli de bons sentiments, de prêchi-prêcha, de dénégation, de politiquement correct, de catéchisme idéologique maastrichtien. Puis un mort chasse l’autre, jusqu’au prochain. On oubliera.

Qui saurait dire au pied levé combien il y a eu d’attentats de ce genre en France depuis le début de l’année? Et combien de victimes?

Michel Onfray , 6 octobre 2019












dimanche 6 octobre 2019

Ainsi va la France en octobre 2019






et Castaner est toujours ministre de l'intérieur.


On apprend d'après le journal le Monde que les Mutuelles de Bretagne versent toujours 45.000 euros de loyers par an à la compagne de Richard Ferrand. Mais celui-ci malgré sa mise en examen est toujours président de l'assemblée nationale.

Le préfet de seine-maritime, entre autres manquements, découvrait hier, soit dix jours après la catastrophe industrielle de Lubrizol, que ce n'étaient pas 5253 tonnes de produits toxiques qui avaient brûlé formant le nuage toxique que l'on sait, mais plus de 9.000 tonnes...Menteur ou incompétent ? Les deux mon Capitaine. Ce préfet est toujours en poste...

Ça se passe en France, en octobre 2019

C.Dragasès 






mardi 1 octobre 2019

Enquête publique - Plan Local d'Urbanisme de la Métropole Rouen Normandie




Mes chers Compatriotes,

l'enquête publique concernant le PLUI qui va s'appliquer à l'ensemble des communes de la Métropole se termine ce soir à 17 heures.
Je ne doute pas que vous y ayez tous participé et que vous ayez formulé de nombreuses remarques...

Vous trouverez ci dessous celles que le groupe d’opposition municipal "Vive Bihorel" a consignée sur le registre.

"D'abord une  remarque. Il est très difficile voire impossible à un citoyen peu au fait des diverses problématiques de s'y retrouver dans la foultitude des documents. C'est donc à un exercice de « démocratie » purement formel auquel les habitants sont conviés.
Encore plus grave le plan de zone ne renvoie pas au plan morphologique qui déroge au dit plan de zone. Dans le plan de zone, la zone UD renvoie au règlement de la zone UD qui prévoit par exemple une hauteur maxima de 14 m. Or dans le plan de morphologie qui couvre les dérogations la hauteur pour la zone UD est de 17 m. On peut s'interroger sur de telles méthodes d'autant plus que c'est l'ensemble de la zone UD sur l'ensemble de la métropole qui est dérogatoire aux 14 m.
On peut même se poser la question d'une remise en cause de l'économie générale du PLUI avec un tel système dérogatoire étant donné son étendue.
Sur un plan général ce PLUI est agressif puisqu’il renforce considérablement  les droits à  construire sans aucune compensation. Les droits à construire se sont envolés avec la suppression des COS. Ce projet de PLUI augmente les deux seuls garde-fous restant : l'emprise au sol et les hauteurs au lieu d'avoir procédé à un rééquilibrage en baissant l'emprise au sol.
La métropole au moins sa partie la plus centrale souffre d'un manque de REELS espaces de respiration : parcs, espaces boisés conséquents. Pire on assiste dans le projet de PLUI à une chasse à l'espace vert, aux arbres car on poursuit certes un mouvement déjà engagé de disparition des grandes propriétés arborées au profit de surfaces bétonnées.

En ce qui concerne Bihorel, qui rappelons-le, est une des communes les densifiées de la métropole on renforce encore cette densification dans Bihorel village  et le quartier du Chapitre. Un exemple : la zone d'activités des hauts-Grigneux actuellement classée UZ devient une zone UD (zone d'habitat collectif) permettant à terme de construire des centaines de logement sur cette zone de 6 ha
On peut aussi s'interroger sur la disparition des zones N (zone naturelle) de l'hippodrome  et de l'argillère transformées en zones U (urbaine)  )
Pourquoi  alors que les équipements sportifs  avaient le même classement UL dans le PLU actuel a-t-on détaché la parcelle sur laquelle est érigée la piscine pour la classer avec le quartier habité ?
A l'ouest de l'hippodrome le quartier où se  trouve le centre  de rééducation des Herbiers  s'étend sur deux communes Bois-Guillaume et Bihorel. Le  projet  de PLUI est discriminatoire  puisqu'il classe un quartier qui a les mêmes  caractéristiques sur les deux communes de deux    manières : 1UBA1 sur Bihorel et  UBB2  sur Bois -Guillaume. UBA1 permettant une densification plus importante. Cela me semble  contraire à l'esprit d'un PLUI qui  -c'est sa raison d'exister- doit enjamber les limites communales.     

Jean-Claude Ravenel, conseiller municipal "Vive Bihorel" 

Françoise Jérôme, conseillère municipale "Vive Bihorel"









                                                                                                                                                                                                                                             

Homélie de Mgr Michel Aupetit – Obsèques du président Jacques Chirac

 

 Saint-Sulpice – Lundi 30 septembre 2019

Nous venons d’entendre saint Paul nous expliquer le sens de la cérémonie que nous sommes en train de vivre : « Frères, j’encourage avant tout à faire des prières et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les Chefs d’état et tous ceux qui exercent l’autorité ». C’est donc une tradition ancestrale de l’Église de prier avec bienveillance et dans l’espérance pour ceux qui nous gouvernent. Si nous prions pour ceux qui sont chargés de nous diriger c’est parce qu’ils ont la responsabilité du bien commun, de chacune des personnes et de l’ensemble de la communauté afin que tous puissent atteindre leur plein épanouissement. Ce n’est donc pas une prière facultative pour nous, c’est une obligation qui tient à l’amour du prochain. Nous le savons aussi, le bien commun n’est pas l’intérêt général car celui-ci peut supporter le sacrifice et l’oubli du plus faible.


Le président Jacques Chirac avait axé sa campagne de 1995 sur le thème de la fracture sociale, portant ainsi son regard sur ceux qui restent sur le bord de la route. La fracture sociale est un mal qu’il est sans doute difficile de traiter puisque, aujourd’hui encore, certains se ressentent comme exclus. Un des rôles de l’Église est de construire la fraternité, cette fraternité qui constitue un des trois piliers de notre République et qui permet d’édifier une véritable unité entre nous. Cette fraternité est évidente pour les chrétiens puisqu’elle se réfère à l’unique Paternité de Dieu. C’est au nom de cette Paternité que Dieu, dès le commencement de l’humanité fracturée, demande à Caïn qui vient de tuer son frère Abel : « Qu’as-tu fait de ton frère » ?
L’attention aux plus petits, aux plus faibles, aux laissés-pour-compte est une caractéristique du christianisme. Nous l’avons entendu dans cet évangile choisi par la famille : « J’avais faim, tu m’as donné à manger, j’avais soif, tu m’as donné à boire, j’étais nu et tu m’as habillé, j’étais un étranger, tu m’as accueilli, j’étais malade et tu m’as visité, j’étais en prison et tu es venu jusqu’à moi ».
Il y avait chez notre ancien président, cet homme chaleureux soutenu par son épouse Bernadette, un véritable amour des gens. Aussi à l’aise dans les salons de l’Élysée qu’au Salon de l’agriculture, beaucoup en le rencontrant se sentaient considérés. Son amour pour sa famille était profond et, bien que pudique, chacun a pu percevoir la tendre compassion qu’il avait pour la vulnérabilité de sa fille Laurence.
Cette attention aux plus faibles a une raison plus profonde encore que la délicatesse de l’affection. Jésus dit « Ce que tu fais aux plus petits d’entre les miens c’est à moi que tu le fais ». C’est en raison de l’étincelle divine qui réside dans notre humanité, que toute personne, du commencement de sa vie à la conception, jusqu’à sa mort naturelle, est appelée à être aimée et respectée. Cela nous oblige à un changement de regard qui doit aller bien au-delà des apparences et des postures qui caractérisent nos sociétés humaines. Dieu voit le fond du cœur, il convient de se mettre à son école. En effet, les gestes que nous posons vis-à-vis d’un frère en humanité vont bien au-delà de l’entourage et de la dimension sociale et politique, car ils passent par le Christ et, par lui, atteignent les autres jusqu’aux extrémités du monde.
« Gouverner c’est prévoir » cette célèbre citation d’Émile de Girardin, le président Jacques Chirac l’a illustré à plusieurs reprises. En septembre 2002, lors du Sommet de la Terre, avant la prise de conscience écologique forte d’aujourd’hui, il avait dit : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».
De même, en février 2001, au forum mondial des biotechnologies, il avait vu la nécessité d’une conscience éthique : « Face à l’importance des enjeux et à la rapidité des progrès, il est essentiel que les avancées de la science s’accompagnent partout d’une conscience démocratique et d’une réflexion politique et morale aussi large que possible ».
Enfin, lorsque la France pouvait être engagée dans une guerre injuste et dangereuse pour l’équilibre mondial, il a su librement se démarquer des pays amis qui voulaient entraîner notre patrie dans une aventure imprudente. Puisse-t-il être entendu aujourd’hui sur tous ces sujets.
Mais si nous sommes ici, si nous célébrons cette messe de funérailles demandée par la famille et, je le crois, par tout le pays, c’est pour présenter cet homme à la Miséricorde de Dieu. Saint Paul nous l’a redit dans la première lecture : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ». Si tous les hommes « naissent libres et égaux en droit », on sait aussi qu’ils ne naissent pas forcément égaux dans la réalité de leur existence. Tout dépend de la façon dont ils sont accueillis, acceptés, aimés et des conditions dans lesquelles émerge leur jeune vie. En revanche, la mort est bien le lieu commun de notre humanité et, au fond, l’égalité véritable de notre condition humaine.
Saint Jean de la Croix, ce grand mystique espagnol, nous l’avait révélé : « Au Ciel nous serons jugés sur l’amour ». Si nous présentons notre ancien président à Dieu avec tant de confiance, c’est parce que nous savons que seul l’Amour peut juger l’amour. Le Christ, Jésus de Nazareth, nous a révélé l’immensité de cet amour de Dieu qui dépasse infiniment nos connaissances expérimentales et nos capacités intellectuelles de connaître l’au-delà du réel qui nous entoure.
Pour finir, je voudrais citer cette phrase du président Chirac, tellement d’actualité, qu’il a prononcée pour la visite du Pape saint Jean-Paul II en 1980 : « C’est en ces lieux, sous le commandement des tours de Notre-Dame, à portée de la chapelle où Saint-Louis a honoré la Passion, au pied de la Montagne sainte-Geneviève où flotte encore le souvenir de l’antique bergère de Nanterre, patronne de la capitale, sous le regard de la prestigieuse Sorbonne où tant de docteurs ont enseigné, c’est en ces lieux que la France sent le plus fortement battre son cœur ».
Les événements récents et dramatiques survenus à Notre-Dame nous ont montré combien cette intuition était vraie. Adieu et merci M. Chirac.


Mgr Michel Aupetit,
archevêque de Paris

 

 

 

 

 

dimanche 29 septembre 2019

Samedi soir (avec Guignol)



Pour être préfet de nos jours, il n'est point besoin d'avoir suivi les cours de l'ENA. Ceux de la comédie française suffiraient amplement...

Le préfet de seine maritime a déclaré sans rire en fin d'après-midi que " la qualité de l’air à Rouen était dans son état habituel ".

Il suffisait à cet instant d'ouvrir sa fenêtre et de respirer l'odeur pestilentielle ambiante à Bihorel pour se persuader que Pierre-André Durand était un grand comique d'état.

Dormez bien, mes chers Compatriotes...





C.Dragasès
  






vendredi 27 septembre 2019

Le jour d'après

futur quartier écolo pour bobos. Rouen 26 septembre 2019. Crédit Photo Marie Hélène Labat



On l'a échappé belle non ? C'est mon chien qui m'a réveillé un peu avant 4 heures. Il a horreur des feux d'artifices et pour lui le bruit des explosions au loin, cela ressemble à un feu d'artifices, alors il aboie en bas dans l'entrée . 
Dans un demi sommeil, je crois tout d'abord à un énième acte de délinquance; des voitures incendiées dont les pneus en éclatant produisent ce genre de détonation. Je me rendors mais bien vite c'est toute une nouvelle série d'explosions, là ça fait beaucoup, d'autant que se mêle aux détonations le bruit d'un hélicoptère. S'ensuit alors la pioche aux informations.

Appeler la mairie ? Inutile, maire et fonctionnaires doivent roupiller à poings fermés. Alors c'est internet qui va nous donner la réponse; le site de Paris Normandie nous apprend que c'est (encore) Lubrizol qui fait des siennes. Un immense incendie. J'allume Radio France bleue Normandie, ils sont en édition spéciale. C'est grave, très grave même. Pour l'instant il s'agirait d'un stock "d'additifs" qui est en flammes. Mais le responsable des pompiers (gloire à eux !) sur place est très clair: si le feu se propage aux autres bâtiments, il y a risque de diffusion d'hydrogène sulfuré et là, ce ne sera plus du tout la même musique. La mort sera dans les airs et se baladera au gré des vents...

Alors on fait quoi ? On se calfeutre à la maison ? On embarque tout le monde dans la voiture et on s'éloigne le plus loin et le plus vite possible ? Finalement, nous décidons de rester confinés dans notre maison avec chien et chat. Le préfet bredouille à la radio que les fumées ne sont pas d'une " toxicité aiguë ", notion aussi vague que peu crédible. En fait il n'en sait rien, puisqu'il faut attendre le résultat d'analyses complémentaires qui devrait lui parvenir dans l'après midi. D'ici là, ça brûle toujours et il nous faut continuer à respirer cet air pollué par on ne sait trop quoi.

Le jour s'est maintenant levé. Enfin si l'on peut dire. Le ciel de Bihorel côté ouest est couleur d'encre et cela à très basse altitude. Au dessus de la maison par un velux, je constate que nous sommes à la limite du nuage de fumée. Il semble que la nuit soit en train de tomber.

La radio annonce que les sirènes vont retentir à 08H00 pour avertir les populations, soit plus de cinq heures après le début de l'incendie. Bravo aux élus en charge de notre sécurité. 
A Bihorel, rien. Finalement elles ne retentiront qu'à Rouen et au Petit Quevilly. 
Pendant ce temps là des enfants arrivent aux portes de leur écoles aux heures habituelles à Bihorel comme ailleurs. Ceux qui représentent "l'autorité" n'ont prévenu personne et ont laissé sortir au péril de leur vie, bambins et parents.

Vers neuf heures et quart, le nuage passe très nettement au dessus de la maison à 50/100 mètres d'altitude, difficile de se rendre compte. Toujours pas d'odeur. Mais une ambiance type Tchernobyl s'installe.

13 heures, Chirac sur les chaines d'infos nous vole, bien involontairement, la vedette. Pour les marchands de sensations et de publicité en continu, la vie d'un bassin de population de 500.000 habitants n'a plus aucun intérêt d'autant plus que l'on ne compte toujours pas un seul mort !  De quoi flinguer l'audience, ça manque de cadavre...

L'après midi se passe, on ne sait toujours pas ce qui volète au vent. Vers 17/18 heures une très forte odeur d'hydrocarbures et de caoutchouc brûlé entoure Bihorel. Certains endroits sont recouverts par une suie grasse, d'autres pas. On ne connait pas leur composition donc leur dangerosité...

Ce matin, nous sommes le jours d'après. Les "sachant" nous chantent en boucle "tout va bien, tout va très bien". "On peut vivre normalement à Rouen", nous déclare sans rire, le préfet.

Vient maintenant le temps des constatations et des bilans. Quel est l'impact de ce nuage de fumée (22 km de long sur 6 de large) qui a souillé les sols, la faune et la flore, les poumons et les yeux des habitants d'une zone qui va de Rouen à Neufchâtel-en-Bray (40 km à vol d'oiseau) et même au-delà puisque ressenti dans la Somme et jusqu'au Nord-Pas de Calais !
Quelles sont les conséquences, environnementales, alimentaires, sanitaires à court, moyen et long termes ? Dans la sphère du CHU se murmure en "off" que toutes ces particules sont cancérigènes.

Mais un problème central se pose aujourd'hui, celui de l’impéritie des maires et responsables de la métropole toujours prompts à se palucher à grands coups de "cop 21". Entre parenthèses, l'incendie d'hier, cela représente la pollution de combien de Clio de plus de vingt ans conduites par "ceux qui fument des clopes et roulent au diesel" ?  J'attends la réponse d'un trou de balle LREM qui se reconnaitra.

Nous habitons une zone à risque, 40 usines classées "Seveso" sans compter deux centrales nucléaires. 
Lubrizol ? Voilà six ans déjà, une fuite de mercaptan et son odeur pestilentielle avait créé peurs et pathologies dans l’agglomération. Hier, ce furent des fumées "peu toxiques" qui ont tout salopé sur leur passage. Que serait-il advenu si les émanations rependues sur toute une région étaient celles d'un produit mortel ? Nous serions à cette heure, mes chers Compatriotes, tous morts dans notre sommeil, hommes, femmes , enfants et animaux. 
C'est sans doute cela que nos politiques attendent pour mettre en place une procédure digne de ce nom qui serait diffusée et portée à la connaissance de tout un chacun et qui nous indiquerait quelle conduite adopter et quelles mesures prendre en pareils cas ?

L'incendie d'hier et la propagation de ses conséquences montrent que mettre les usines à la campagne, ne servirait à rien. Nous vivons dans un monde qui a besoin des produits de ces usines. Alors faisons avec, mais il est du devoir des maires et responsables de mettre en place une véritable politique de protection des populations en les formant de manière préventive aux risques encourus et aux méthodes de survie en cas de pollution mortelle.

Bougez-vous les politiciens, petits marquis de tous bords, au lieu de faire les fanfarons avec nos impôts au quotidien ou vous aurez à en répondre devant les survivants de la prochaine catastrophe industrielle mortelle qui n'hésiteront pas à aller vous chercher là où vous serez terrés !  

Nous sommes le jour d'après. C'est un jour de colère et si la pollution nous a enfumés, demain nous ne nous laisserons pas enfumer par vos phrases creuses et vos promesses de baltringues. 

C.Dragasès



Ciel vers le nord. Bihorel 26 septembre 2019 - 11 heures AM

















jeudi 26 septembre 2019

Chirac, Lubrizol et Rouen



Peu de temps avant sa mort, Jacques Chirac aurait déclaré au sujet de Rouen :

            " et en plus si vous ajoutez le bruit et les odeurs ".

CD












Lubrizol





Acte isolé d'un déséquilibré ou simple mégot ? Le préfet et le procureur hésiteraient...








mercredi 25 septembre 2019

Lorsqu’il s’agit d’être dans l’erreur, le petit marquis de Bihorel a toujours une idée d’avance.


Obscurité pour femme seule - rue de Bihorel 2019


Ah mes chers Compatriotes, comme moi sans doute vous vous trouviez bien sur ce blog en compagnie de Régis Debray, Alain Finkielkraut, Sylvain Tesson, Eric Zemmour, Brassens… à échanger sur la littérature, la PMA, l’identité française bref, sur autant de sujets si passionnants. 

Alors diantre, pourquoi me demanderez-vous, redescendre dans les bas-fonds de l’intelligence en vous ramenant à Bihorel ? Vraisemblablement parce que j’aime les extrêmes et les contrastes. 
Après les discours savants de ceux qui éclairent notre époque, faisons donc une pause et un court crochet par la bêtise la plus crasse et la plus noire, celle que nous côtoyons au quotidien. Pour cela, rien de tel qu’un détour par le conseil municipal et les élucubrations de notre petit marquis et de ses berniques.

Depuis quelques mois, vous avez constaté que Bihorel se trouve plongé la nuit dans l’obscurité la plus totale puisque l’éclairage public reste éteint la majeure partie de la durée nocturne pour des raisons soi-disant environnementales mais plutôt budgétaires.

C’est là, le nouveau hochet écologique de notre petit marquis et de tous les tartuffes de maires de la métropole qui massacrent l’environnement au quotidien dans leurs communes par l'urbanisation et tentent en utilisant quelques gadgets de « greenwashing » de récupérer au passage les voix écologistes pour les élections municipales de mars 2020, même si pour cela il leur faut faire fi de la sécurité des habitants et des habitations.

Le sujet a animé le dernier conseil municipal. Quelques conseillers d’opposition ont fait remarquer à notre petit marquis qui pourtant n’est pas réputé apprécier le moyen-âge, que c’était là, ramener Bihorel plusieurs décennies en arrière. 
Ces propos furent accueillis par des gloussements de la part de la petite coterie freluquesque. Parmi les caquètements on entendit fuser les noms de lampe électrique, voire frontale, le maire allant jusqu’à exhiber son gros" Iphone" lumineux en proclamant « aujourd’hui, Madame, tout le monde a ce genre d’instrument pour s’éclairer la nuit ». 
Mais la perle revint à une conseillère de la majorité, dont je tairai le nom par pure charité chrétienne afin de lui éviter les quolibets des Bihorellais, qui sans rire lâcha, je cite « l’éclairage public, c’est de l’assistanat ! ». 
Je sais, mes chers Compatriotes, comme moi les bras vous en tombent et cela dépasse l’imagination mais vous constaterez que lorsque je parlais de la bêtise la plus crasse et la plus noire, je n’exagérais pas… 

Certes, on peut rire de ce sujet comme nous venons de le faire, mais la réalité nous ramène vite en matière de sécurité à la dureté de la vie. Début septembre, le mini bus d’un club de basket a été nuitamment incendié et détruit à Bihorel…
Dans une commune du plateau nord qui plonge elle aussi ses concitoyens dans l’obscurité totale, le nombre de cambriolages a doublé cet été par rapport à l’année dernière… 

Le 7 aout dernier, devant l’explosion des vols dans les voitures, la police nationale trouvait utile de communiquer sur le sujet et de prodiguer quelques conseils à la population : 

 « Il faut penser à bien verrouiller les portes de la voiture, ne rien laisser dans un véhicule en stationnement ni dans le coffre. Il faut faire attention à stationner dans une rue plutôt passante et bien éclairée ».
 
En résumé, la police nationale constate que supprimer l’éclairage public la nuit, c’est favoriser la délinquance. 

Décidément, lorsqu’il s’agit d’être dans l’erreur, le petit marquis de Bihorel a toujours une idée d’avance. 


C.Dragasès


ps: je n'étais pas présent lors de ce conseil municipal, mais les propos cités dans ce billet me furent rapportés par une très proche conseillère d'opposition.
















mardi 24 septembre 2019

«En tant qu'homosexuels, il est de notre devoir de prendre position contre la PMA et la GPA»





FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que les opposants à l'extension de la PMA sont souvent accusés d'homophobie, plusieurs homosexuels refusent de «servir de caution morale» pour justifier la «réification de la femme et de l'enfant». Pour eux, la question n'est pas celle de l'égalité, mais du risque d'aliénation de l'humain par la technique.

Jean-Mathias Sargologos est diplômé en science politique et de HEC-Montréal, étudiant aux cycles supérieurs en histoire de l'art, et journaliste.

Sébastien de Crèvecoeur est normalien (Ulm), ancien professeur de philosophie, chercheur en management, et consultant en art.

Jacques Duffourg-Müller est critique musical.


Le jeudi 18 janvier se sont ouvert les États généraux sur la bioéthique où il sera officiellement discuté de l'ouverture de la PMA aux couples de femmes, c'est-à-dire une PMA sans père, et officieusement de la question de la légalisation de la GPA (qui, bien que concernant tous les couples, devrait aussi permettre aux couples homosexuels hommes de «concevoir» un enfant). C'est en tant qu'homosexuels que nous souhaitons aujourd'hui prendre position contre ce que nous estimons être de graves dérives, réalisées au nom d'un individualisme exacerbé et contre ce qui n'est rien d'autre qu'une tentative de briser l'interdit entourant la réification du corps humain. Notre démarche s'inscrit par ailleurs dans une volonté de briser le monopole des associations dites LGBT, représentantes autoproclamées des personnes homosexuelles, dans leur prétention à incarner l'ensemble des voix de celles-ci. Face à la gravité de la situation et des enjeux éthiques soulevés, nous estimons qu'il est de notre devoir de citoyens et de notre responsabilité morale de prendre publiquement position afin de faire entendre une voix alternative et raisonnable.

Homosexualité et procréation
Le désir d'enfant chez les personnes homosexuelles est éminemment légitime, mais ne peut cependant se réduire à une question d'accès à l'égalité, à des droits, et à la lutte contre les discriminations. Une telle vision simpliste implique en effet qu'il existerait une inégalité dans l'accès à la procréation pour les homosexuels, que cette inégalité serait le fruit d'une discrimination, et qu'il appartiendrait donc à l'État de corriger cette situation en ouvrant la PMA aux couples de femmes et en légalisant la GPA. Or, cet argument est fallacieux. En effet, deux hommes ou deux femmes ensemble ne peuvent intrinsèquement concevoir un enfant et cette impossibilité de procréer est une donnée objective qui n'est pas le fruit d'une quelconque action discriminante de la société ou de l'État ; elle est de nature, et propre à la condition homosexuelle. En ce sens, les personnes homosexuelles ne peuvent prétendre à une réparation de l'État afin de pallier une discrimination puisque cette dernière n'existe pas. Dire cela n'est pas de l'homophobie, mais simplement un rappel objectif des faits. Ce constat est peut-être difficile à entendre pour certains, mais nous pensons pour notre part qu'assumer pleinement son homosexualité revient aussi à accepter les limites qui en découlent.

Dans ce débat, nous remarquons que la plupart des arguments avancés par les défenseurs de ces pratiques sont du registre du subjectif et de l'émotion (désir d'enfant, souffrance de ne pas pouvoir en avoir, sentiment de discrimination, etc.). Or, nous pensons que face à l'ampleur des enjeux, l'État ne devrait pas fonder son action sur les émotions et les inclinaisons subjectives de chacun, mais devrait au contraire la fonder en raison. Or, celle-ci appelle clairement au maintien de l'interdiction de la PMA pour les couples de femmes et de la GPA, que cette dernière s'adresse aux couples hétérosexuels ou homosexuels.

PMA pour couples de femmes et GPA pour tous
Certains avancent comme argument qu'il est discriminatoire d'autoriser la PMA aux couples hétérosexuels et de la refuser aux couples de femmes. Nous réfutons cet argument. En effet, la PMA pour les couples hétérosexuels entre dans le cadre de l'Assistance médicale à la procréation (AMP). Elle est donc un traitement médical qui permet de pallier une condition médicale d'infertilité d'un couple hétérosexuel. Effectivement, l'ordre naturel des choses implique qu'un couple hétérosexuel soit normalement fertile. L'infertilité peut donc s'assimiler dans ce cas-ci à une maladie, il est alors normal qu'un traitement médical soit offert. Or, un couple de femmes est objectivement et par définition infertile. Celles-ci ne souffrent donc d'aucune condition médicale ou maladie qui justifierait qu'elles aient accès à la PMA. Nous irons même plus loin en affirmant que, la PMA étant un traitement médical, permettre son accès aux couples de femmes reviendrait à sous-entendre que les femmes homosexuelles seraient malades, ce qui constituerait bien entendu un retour en arrière considérable.

Nous nous opposons aussi à la légalisation de la PMA pour les couples de femmes, car elle ouvre une boîte de Pandore qui mènera tout naturellement à la légalisation à terme de la GPA (bien que la GPA concerne tous les couples, homosexuels comme hétérosexuels, elle est notamment promue par des associations dites LGBT comme un moyen de permettre aux couples d'hommes de «concevoir» un enfant). En effet, bien que de natures différentes, la PMA pour les couples de femmes et la GPA sont revendiquées au nom d'un prétendu nouveau droit pour les couples homosexuels, le droit à l'enfant. Or, au nom du principe d'égalité, il sera impossible d'interdire la GPA une fois la PMA pour les couples de femmes légalisée. En effet, au nom de quoi les homosexuels hommes n'auraient-ils pas, eux aussi, le droit d'avoir accès à une nouvelle technique leur permettant de «concevoir» un enfant?
L'enjeu principal ici est la réification de la femme vue comme «moyen» au service d'un couple qui louerait son utérus pour porter son enfant. Or, après des décennies de féminisme, il est difficilement concevable qu'aujourd'hui la réification du corps de la femme apparaisse par le biais du discours libéral. En ce sens, l'argument selon lequel la mise à disponibilité par certaines femmes de leur utérus serait éthique parce qu'elles le feraient de manière libre et consentie nous semble irrecevable. Ce serait en effet nier toute la dimension d'un principe moral fondamental et caractéristique de notre civilisation occidentale, résumé notamment par l'impératif pratique kantien: «Agis de telle sorte que tu traites l'humanité comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.»

Cet impératif est au cœur du principe de dignité humaine que l'on est en droit d'exiger de l'autre, mais aussi de tout être humain envers lui-même. En ce sens, il existe une multitude d'exemples où la loi interdit certains comportements et pratiques, quand bien même cela ne concernerait personne d'autre que soi: ne pas porter sa ceinture de sécurité en voiture est dangereux seulement pour soi et pourtant illégal (on ne peut invoquer sa liberté individuelle pour ne pas la porter), le lancer de nains est interdit (indépendamment du consentement des intéressés), je n'ai pas le droit de consommer de la drogue (même si en le faisant je ne porterais atteinte qu'à moi-même), et si je porte atteinte à mon intégrité physique en m'automutilant, il est possible que je sois interné de force en hôpital psychiatrique. Ainsi, pourquoi la société devrait-elle accepter que certaines femmes réifient leur propre corps en louant leur utérus au prétexte qu'elles seraient consentantes?

Ensuite, le caractère éthique de la GPA serait supposément garanti par l'interdiction de rémunérer la gestatrice et par le caractère altruiste qui motiverait sa décision de louer son utérus. Argument irrecevable, encore une fois, puisque l'absence de rémunération ou l'altruisme de la démarche n'enlèvent rien au fait que le corps serait tout de même réifié, la grossesse n'étant pas une activité, mais un état.

Enfin, à la réification de la femme s'ajoute celle de l'enfant: objet d'une transaction contractuelle, ce dernier devient donc lui aussi un objet, et non plus une personne. Nous estimons, en outre, inadmissible que des individus contournent l'interdiction de la GPA en France en faisant appel à des gestatrices à l'étranger et demandent, une fois de retour en France, la reconnaissance par l'état civil de leurs droits parentaux sur l'enfant qu'ils ont obtenu. Nous voyons là une façon malhonnête et mesquine de mettre l'État français au pied du mur. Ces personnes se sont volontairement mises hors la loi, elles ne peuvent donc pas ensuite demander un accommodement à l'État français puisque la pratique de la GPA est illégale en France. En ce sens, l'existence en France d'enfants nés par GPA à l'étranger ne peut en aucun cas motiver une adaptation ou une modification de la législation française puisqu'on ne fonde pas la règle sur l'exception ni sur la légalité de tel ou tel acte à l'étranger. Nous reconnaissons cependant ici la précarité de la situation de ces enfants qui subissent les conséquences de l'irresponsabilité de leurs «parents» d'intention. Nous reconnaissons aussi l'importance de trouver des solutions dans l'intérêt supérieur de ces enfants. Nous refusons cependant que l'unique réponse à apporter soit celle d'une trahison par l'État français de l'esprit de ses propres lois en reconnaissant les droits parentaux d'individus ayant eu recours à une GPA à l'étranger.

Ainsi, le maintien de l'interdiction de la GPA en France (à l'instar de l'Allemagne, de l'Italie, de la Suisse, de l'Espagne, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays baltes, du Québec, etc.) va dans l'intérêt de la protection d'une conception humaniste de la procréation, soucieuse de la défense des plus vulnérables, et qui respecte l'interdit de toute exploitation et réification de l'être humain. Dans cette perspective, le rôle de l'État n'est pas d'assurer l'accès à toujours plus de droits individuels, mais bien de protéger les plus faibles contre les excès de l'individualisme et de préserver une certaine conception de l'Homme.

Progrès technique et usage moral
La PMA pour les couples de femmes et la GPA, présentées faussement comme des avancées permettant aux femmes et aux hommes homosexuels de «concevoir» un enfant, ne sont que des avancées techniques. Or, des avancées techniques ne sont pas nécessairement des progrès sur le plan moral. En ce sens, elles sont axiologiquement neutres et ne nous disent rien de l'usage moral qui en sera fait. Les partisans de la PMA pour les couples de femmes et de la GPA se parent de la vertu de la lutte contre l'homophobie pour les faire accepter. Nous refusons de servir de caution morale à une vision archaïque et régressive de l'humain, fût-ce au nom de la liberté.
Pour finir, face à ceux qui affirmeraient que nos positions empêchent toute possibilité pour les homosexuels de devenir parents, là encore nous répondons que cela est faux. En effet, il n'existe, aujourd'hui en France, aucune loi qui interdise aux personnes homosexuelles de devenir parents (ce ne sont que les moyens par lesquels elles souhaitent le devenir, c'est-à-dire la PMA pour les couples de femmes et la GPA, qui sont interdits). En ce sens, le maintien de l'interdiction de la PMA pour les couples de femmes et de la GPA n'épuise pas, par ailleurs, la possibilité d'une réflexion de fond sur les alternatives éthiques dont disposent les homosexuels pour avoir des enfants.

Jean-Mathias Sargologos, Sébastien de Crèvecoeur et Jacques Duffourg-Müller.










lundi 23 septembre 2019

Éric Zemmour et Laurent Joffrin: «Comment définir l’identité française?»


Le Figaro 20 septembre 2019

GRAND ENTRETIEN - L’auteur du Roman de la France (Tallandier) et celui du Destin français (Albin Michel) partagent une même passion pour notre récit national et ses grands hommes. Tous deux assument l’existence d’une identité française. Mais leurs visions de celle-ci sont radicalement opposées. Pour Laurent Joffrin, l’ADN de la France, c’est la liberté. Pour Éric Zemmour, c’est la lutte violente pour maintenir son unité.

LE FIGARO. - Votre livre sonne comme une réponse au Destin français d’Éric Zemmour, Laurent Joffrin avez-vous un rêve caché … devenir le Éric Zemmour de gauche? Éric Zemmour, Laurent Joffrin est-il votre antithèse parfaite?

Laurent JOFFRIN. - J’ai commencé à travailler sur mon livre il y a trois ans et celui d’Éric Zemmour est sorti il y a un an. Je suis parti d’une autre réflexion: à mon sens, les programmes d’histoire sont formulés de manière trop abstraite ; ils ne respectent pas la logique du récit en racontant l’histoire par thèmes généraux. Je pense qu’il faut raconter l’histoire de France telle qu’elle est: un roman d’aventure formidable. C’est une saga faite de personnages extraordinaires, d’ascensions fulgurantes, de chutes abyssales, de drames et de guerres. Si l’on part des structures, des grands courants économiques ou intellectuels, on ennuie les gens. Il faut raconter cette histoire de manière vivante, un peu comme une série, et ensuite remonter aux structures, aux généralités. On me fait le reproche de vouloir raconter l’histoire de manière traditionnelle: c’est le contraire. J’utilise les techniques de récit que l’on peut voir à la télévision ou sur internet. J’emploie certains ressorts de la fiction mais en racontant des faits vrais.
Éric Zemmour quant à lui, s’inscrit dans un débat sur l’identité nationale, point sur lequel nous sommes en total désaccord.

Éric ZEMMOUR. - Quand mon livre, Destin français, est sorti, on l’a considéré comme une réponse à Boucheron et à son Histoire mondiale de la France. Les affrontements autour de l’histoire de France sont aussi vieux que l’histoire de France elle-même. La conception qu’on a de l’histoire de France détermine la vie en commun et la société. Orwell explique ainsi dans 1984: «Qui tient le passé, tient l’avenir et qui tient le présent, tient le passé». Je crois qu’il y a un affrontement idéologique sur l’histoire et je suis en désaccord presque total - non sur ce qui est raconté - mais avec les interprétations que Laurent Joffrin propose de ces faits historiques.

 
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