Le blog d'un contemporain du crépuscule - Membre de l'Internationale Réactionnaire
"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"
Louis Ferdinand Céline
Louis Ferdinand Céline
mardi 10 avril 2018
Réflexion
Le Figaro: Vous ne croyez pas du tout à l'existence d'un islam modéré ?
Sylvain Tesson: L'islam modéré est du même registre que les banques populaires ou la musique militaire: c'est un oxymore.
Le Figaro, 6 avril 2018
lundi 9 avril 2018
Hongrie debout !
“Les nations et les peuples de l’Europe occidentale perdent petit à petit, pas à pas, leurs quartiers et leurs villes. Il est de fait que ceux qui n’arrêtent pas la migration à leurs frontières sont perdus. Ils se feront absorber lentement, mais sûrement. […]”
Viktor Orban, vainqueur des élections ce dimanche avec 49 % des voix...Un troisième mandat et 4 ans de plus. Bravo les Hongrois !
samedi 7 avril 2018
Notre Dame des Anges a 150 ans (et cela se voit...)
Mes chers Compatriotes, ce n'est pas à un samedi soir musical auquel je vous convierai aujourd'hui mais à un dimanche après-midi en l'église de Notre Dame des Anges à Bihorel. Des œuvres musicales de J-S-Bach, Maurice Duruflé, Camille Saint Saëns, Schubert ou encore Thomas Talli, Mocnik y seront interprétées à l'orgue et par les différents choeurs de Bihorel , tous associés pour fêter les 150 ans de Notre Dame des Anges.
Mais cela ne sera pas uniquement l'occasion d’assister à un beau concert. Vous pourrez, mes chers Compatriotes, en profiter pour mesurer l'état pitoyable dans lequel se trouve notre église, dû à la négligence du maire actuel qui lors de ses trois mandats, manquant ainsi à toutes les obligations d'un propriétaire, n'a pas fait réaliser les travaux d'entretien ni de conservation de la bâtisse la plus emblématique de Bihorel.
S'il ne s'agissait que de l'état crasseux des murs, la solution serait simple; un bon lessivage, un coup de peinture et notre église retrouverait son lustre d'antan. Mais la négligence du maire est telle qu'au fur et à mesure du temps, c'est toute la structure de l'édifice qui s'est dégradée.
Nul besoin de monter dans les combles ou sur le toit. Il suffit à l'intérieur de l'église de lever les yeux vers le ciel (en s'arrêtant au plafond) pour mesurer l'effet des affres du temps et surtout du "je m'en foutisme" du maire. Les marques d'infiltrations d'eau sont nombreuses, le plâtre et le lati sont pourris à de multiples endroits et menaceront bientôt de tomber sur la tête des fidèles !
Et ce n'est là que la face cachée car bien évidemment si le plafond et les murs sont à ce point détériorés, on imaginera aisément de ce qu'il en est de la charpente, elle aussi touchée par les fuites de la toiture. Une toiture négligée tout comme l'entretien des chenaux durant les années "Houbron", c'est à dire depuis 2001...
Et lorsque que ce n'est pas par la toiture ou les murs, c'est par le sol que l'humidité s'infiltre, cette fois dans le bas des piliers, menaçant la solidité de tout l'édifice. Il suffit de voir fleurir les barrières de protection tout autour de l'église afin d'éviter aux passants de prendre sur la tête, briques décelées et autres morceaux de pierre, pour comprendre qu'il est plus que temps d'engager une restauration globale de l'édifice et pas simplement d'investir 50.000 euros (comme voté lors du dernier conseil municipal) pour une simple opération cosmétique. Une peinture neuve n'a jamais maintenu debout ce qui s'écroule...
Enfin, on peut se demander quel est l'impact sur la bâtisse des travaux de pose d'une vingtaine d'antennes relais téléphoniques ? Quel poids supplémentaire à supporter par un édifice dont la solidité n'en est que plus fragilisée ? Tout cela relève de la responsabilité du maire et en cas d'accident la sienne sera pleine et entière !
Alors bien évidemment, le maire va chouiner, "la commune n'a plus d'argent", c'est la faute du département, de la région, de l'état...et pourquoi pas celle d'un vol de sauterelles pendant qu'on y est !
En tout cas pas de celle du maire, non, non. On oublierait donc les 150.000 euros versés à Vert Marine en dédommagement de l'impossibilité pour eux d'exploiter une piscine municipale dorénavant transformée en bac à sable ? Ou les 226.000 euros perdus en 2017 dans les merveilleuses opérations immobilières réalisées par le petit marquis avec les maisons préemptées ? De l'argent, les contribuables en versent à foison tout les ans, encore faudrait-il ne pas en faire n'importe quoi !
Maintenir la piscine municipale en fonction ou restaurer l'église de Bihorel, c'est une question de volonté politique et même je dirais de volonté tout court. Pour cela, il faut se remuer un peu et remuer les services municipaux. Monter des dossiers et aller à la pêche aux subventions. D'autres municipalités, qui elles se bougent, nous montrent l'exemple : Malaunay, Darnétal pour la piscine, Bonsecours avec sa Basilique !
Mais le maire actuel se fiche bien de Bihorel. En tout cas, il nous montre chaque jour un peu plus qu'il est tout aussi incompétent à gérer notre patrimoine historique communal que notre piscine municipale !
CD
Concert des chorales, dimanche 8 avril à 17 h en l'église Notre Dame des Anges. Venez nombreux et n'oubliez pas de lever les yeux...vers le plafond !
dimanche 1 avril 2018
samedi 31 mars 2018
vendredi 30 mars 2018
mercredi 28 mars 2018
Colonel Arnaud Beltrame
Sa mère l'a confié; le Colonel Arnaud Beltrame était un "Bleu, Blanc, Rouge", ce qui m'a rappelé le nom d'une fête...
Puis, ceux d'entre nous qui ont lu Hélie Denoix de Saint Marc, se seront souvenus de cette phrase: "Si on doit un jour ne plus comprendre comment un homme a pu donner sa vie pour quelque chose qui le dépasse, ce sera fini de tout un monde, peut-être de toute une civilisation".
Enfin, comment conclure cet hommage au Colonel Arnaud Beltrame sans citer ces quelques vers de Charles Péguy:
Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournésDans la première argile et la première terreHeureux ceux qui sont morts dans une juste guerreHeureux les épis murs et les blés moissonnés
CD
mardi 27 mars 2018
Éric Zemmour : « Arnaud Beltrame est l’héritier des chevaliers et des moines, pas des vedettes de la télé-réalité »
Par Eric Zemmour
Un héros, disent-ils. Du président de la République à tous les commentateurs, de tous les bords, le mot tourne en boucle, dans toutes les bouches. Un héros de la France, un héros de l'armée, un héros de la République, un héros de l'humanité. Chacun choisit son héros, chacun a sa vision d'Arnaud Beltrame.
Il faut imaginer l'échange de pensées - peut-être de mots - entre Arnaud Berltrame et son bourreau. Entre le gendarme et le jihadiste qui allait l'égorger. Entre celui qui sacrifiait sa vie pour en sauver une autre et celui qui sacrifiait lui aussi sa vie, mais pour tuer des infidèles au nom d'Allah. Deux conceptions de la vie et de la mort qui se croisent. Deux conceptions de Dieu. Deux traditions religieuses, étrangères et ennemies.
La mère du gendarme a déclaré que pour son fils la patrie et la famille étaient au-dessus de tout, que c'était un "bleu-blanc-rouge". Le travail, la famille, la patrie : voilà des valeurs que, depuis ce Mai 68 que l'on célèbre bruyamment ces temps-ci, on nous a appris à rejeter, à diaboliser, en les associant systématiquement à Vichy et à Pétain.
la suite est à écouter ICI-Zemmour-arnaud-beltrame-est-l-heritier-des-chevaliers-pas-des-vedettes-de-telerealite-7792789814
lundi 26 mars 2018
« Vive Bihorel ! » un nouveau groupe d’opposition
article paru dans le journal Paris-Normandie du 26 mars 2018
Françoise Jérôme et Jean-Claude Ravenel viennent de constituer un nouveau groupe d’opposition municipal intitulé « Vive Bihorel ! ». Françoise Jérôme a remplacé Benoît Pétel en décembre, suite à sa démission du conseil municipal (PN du 21 décembre 2017). Quant à Jean-Claude Ravenel, il siégeait jusqu’à présent dans le groupe « Bihorel rassemblée, Bihorel avance » formé pour les élections municipales de 2014.
« Nous estimons que nous pourrons ainsi mieux défendre ce que nous avons proposé dans notre programme de 2014, explique Françoise Jérôme. Alors que certains ne votent pas contre le budget de la majorité, nous voulons constituer la véritable opposition. »
La nouvelle conseillère municipale juge sévèrement l’action du maire, Pascal Houbron. « Nous allons demander des comptes sur le sujet de la piscine Transat, indique-t-elle. C’est un sujet qui intéresse tous les habitants. » Pour rappel, le premier édile a indiqué en février que la piscine, fermée depuis le 31 août 2016, ne serait pas rénovée d’ici à 2020.
La question de l’urbanisme cristallise également le mécontentement des deux élus d’opposition. « Avec les différentes constructions, on assiste peu à peu à une défiguration complète de Bihorel, analyse Françoise Jérôme. Le sort du presbytère, symbole du patrimoine bihorellais, nous inquiète aussi. »
la suite est à lire ICI
samedi 24 mars 2018
Samedi soir de deuil
![]() |
| Arnaud Beltrame mort en héros |
« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13) Merci mon Colonel pour l’exemple que vous nous laissez. Votre sacrifice portera du fruit, bien au delà de cette vie qu’il a permis de sauver."
Abbé Grosjean
sans oublier Jean Mazières, Christian Mevdes et Hervé Sosna, tous trois victimes civiles hier à Trèbes du totalitarisme islamique
CD
vendredi 23 mars 2018
mardi 13 mars 2018
Les 5 plus grandes villes du monde de 1600 à 2100
Les 5 plus grandes villes du monde... à travers les âges (1600-2100). Tout simplement fascinant ! #LeVoirPourLeComprendre @chezVoila pic.twitter.com/6FN63p1Ey3— Guillaume Lavoie (@glavoie_mtl) 26 février 2018
samedi 10 mars 2018
jeudi 8 mars 2018
mercredi 7 mars 2018
«Mai 68, la grande désintégration»
Éric Zemmour : «Mai 68, la grande désintégration»
Maintenant on sait. On sait que Mai 68 n'était qu'une ruse de l'histoire. On sait que le marxisme emphatique des jeunes révolutionnaires n'était qu'une manière détournée de faire le jeu du marché. On a lu Régis Debray, dès 1978, et Luc Ferry, au milieu des années 1980. Avant eux, l'Américain Christopher Lasch, et tous les autres depuis. On sait que la «crise de civilisation» diagnostiquée alors par Georges Pompidou était surtout une mutation du capitalisme, qui passait d'un système fondé sur la production, l'industrie et l'épargne, à une économie basée sur la consommation, les services et la dette.
On sait que même la «grève générale», rêve séculaire de tous les syndicalistes, a été noyée sous les augmentations de salaires - bientôt dévorées par la dévaluation du franc et l'inflation - et le retour de l'essence dans les stations-service pour les départs du week-end de la Pentecôte.
On sait que le talent du slogan travaillé dans les ateliers de la Sorbonne s'est reconverti dans les agences de publicité. On sait que la libido des étudiants de Nanterre qui voulaient aller dans le dortoir des filles s'est transmuée en pulsion de consommation. On sait que leur universalisme utopique a fait le lit du marché mondial des capitaux et des marchandises.
On sait que leur antiracisme généreux a forgé dans l'ouest de l'Europe des sociétés multiculturelles où chacun suit sa coutume, ses racines, sa loi religieuse. On sait que l'austérité virile des militants maoïstes a été subvertie et vaincue par le féminisme hédoniste du MLF et des mouvements «gays».
On sait que Mai 68 a commencé avant mai 1968. A Vatican II, avec la chute de la pratique du catholicisme. Ou en cette même année 1965, avec la fin du baby-boom démographique. Ou en 1967, avec la légalisation de la pilule. Ou avec les émeutes raciales de Los Angeles ou les manifestations contre la guerre du Vietnam, ou l'émergence du «politically correct», la défense véhémente des minorités.
On sait que Mai 68 n'a pas été seulement français, mais occidental (Italie, Allemagne, Etats-Unis), et même européen (Prague) et même mondial (Mexique). On sait que Mai 68 a été cependant la voie française pour fermer le ban de l'histoire révolutionnaire du pays en faisant une ultime révolution pour rire. Une dernière révolution mais sans mort ou presque. Une révolution faite au nom du peuple par les fils de la bourgeoisie. Comme 1789 et 1848. Et, comme d'habitude, disait déjà Marx à propos de 1848, l'histoire se répète, la première fois en tragédie, et la seconde en farce.
Mai 68, ce fut farces et attrapes.
On sait que même la «grève générale», rêve séculaire de tous les syndicalistes, a été noyée sous les augmentations de salaires - bientôt dévorées par la dévaluation du franc et l'inflation - et le retour de l'essence dans les stations-service pour les départs du week-end de la Pentecôte.
On sait que le talent du slogan travaillé dans les ateliers de la Sorbonne s'est reconverti dans les agences de publicité. On sait que la libido des étudiants de Nanterre qui voulaient aller dans le dortoir des filles s'est transmuée en pulsion de consommation. On sait que leur universalisme utopique a fait le lit du marché mondial des capitaux et des marchandises.
On sait que leur antiracisme généreux a forgé dans l'ouest de l'Europe des sociétés multiculturelles où chacun suit sa coutume, ses racines, sa loi religieuse. On sait que l'austérité virile des militants maoïstes a été subvertie et vaincue par le féminisme hédoniste du MLF et des mouvements «gays».
On sait que Mai 68 a commencé avant mai 1968. A Vatican II, avec la chute de la pratique du catholicisme. Ou en cette même année 1965, avec la fin du baby-boom démographique. Ou en 1967, avec la légalisation de la pilule. Ou avec les émeutes raciales de Los Angeles ou les manifestations contre la guerre du Vietnam, ou l'émergence du «politically correct», la défense véhémente des minorités.
On sait que Mai 68 n'a pas été seulement français, mais occidental (Italie, Allemagne, Etats-Unis), et même européen (Prague) et même mondial (Mexique). On sait que Mai 68 a été cependant la voie française pour fermer le ban de l'histoire révolutionnaire du pays en faisant une ultime révolution pour rire. Une dernière révolution mais sans mort ou presque. Une révolution faite au nom du peuple par les fils de la bourgeoisie. Comme 1789 et 1848. Et, comme d'habitude, disait déjà Marx à propos de 1848, l'histoire se répète, la première fois en tragédie, et la seconde en farce.
Mai 68, ce fut farces et attrapes.
La destruction de la famille
Le général de Gaulle avait joué le rôle de Richelieu et celui de Louis XIV ; les rebelles de la Sorbonne jouèrent donc aux enragés de 1793. La cible était idéale. De Gaulle, c'était tout à la fois le dernier père avant les papas poussettes, le dernier chef avant les managers, la dernière incarnation de la nation avant la dissolution de la nation, le dernier homme avant les adolescents féminisés.
La cible était parfaite et peu importe qu'elle ait elle-même préparé le terrain, par de nombreuses mesures «émancipatrices», à ceux qui allaient le renverser. Sa mort, en 1970, était concomitante de la loi qui mettait un terme à la puissance paternelle dans la famille.
Balzac avait dit que la mort du roi sur la guillotine avait été la mort de tous les pères. L'histoire repassait les plats avec la mort de De Gaulle. Les pères n'étaient plus que des papas, et les papas, que des secondes mères. La famille patriarcale passait sous le règne du matriarcat, dont les hommes s'échappaient, par le corps (explosion du nombre des divorces ou des familles monoparentales) ou par l'esprit. L'égalitarisme révolutionnaire passait partout, entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les parents et les enfants, même entre les différentes sexualités. Il était interdit d'interdire. Tous égaux, tous sujets, tous dotés de droits.
On n'était plus une famille, avec un père, une mère et des enfants, mais «on faisait famille» avec des individus égaux en droits, aux sexualités diverses. La famille n'est plus le lieu de la transmission, d'un héritage culturel et matériel, mais le lieu de l'épanouissement des individus. C'est là où les nécessités du marché (devenir un consommateur) rejoignent les anciens fantasmes révolutionnaires (détruire la famille bourgeoise). Là où les libéraux s'allient aux libertaires. Là où les mouvements féministes s'allient aux mouvements homosexuels, devenus «gays». Là où les minorités sexuelles s'allient aux minorités ethniques. Avec un ennemi commun: le mâle blanc hétérosexuel occidental.
Mai 68 voit la remise en cause de toutes les identités
Un des slogans de Mai 68 était: tout est politique. Ils ne parlaient pas en l'air. Tout: famille, école, Eglise, parti, syndicat, sexe, nation, toutes les structures hiérarchiques et verticales seraient subverties et renversées. Mises à bas. Toutes les identités seraient remises en cause. Au nom de la liberté, on n'avait que des droits. Au nom de l'égalité, la société n'avait que des devoirs. Au nom du marché, on était un individu roi à qui il était interdit d'interdire. Mais, au nom de l'ancienne vulgate marxiste, nous sommes tous des «damnés de la terre» qui devront faire rendre gorge à notre ancien maître: le père, le prof, le patron, le prêtre, le ministre et, plus largement, l'homme, le blanc, le Français. La majorité est sommée de s'incliner et de se soumettre aux minorités.
La redécouverte dans les années 1980 de Tocqueville, considéré comme un horrible aristocrate libéral par les révolutionnaires marxistes des années 1960, permettait de retourner l'antique malédiction des démocraties: puisque Tocqueville avait bien vu que le danger était la dictature des majorités sur les minorités, il fallait empêcher par tous les moyens cette tyrannie majoritaire. Au nom des droits de l'homme, on donna donc aux juges le moyen de contenir la moindre contrainte, la moindre «discrimination» de la moindre minorité. La démocratie n'était plus le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple, mais le pouvoir du juge, au nom du droit, pour les minorités. Le résultat ne se fit pas attendre: au nom de la nouvelle religion des droits de l'homme, le principe sacré de «non-discrimination» affirmait la tyrannie du juge et des minorités. On appelait cela avec emphase «l'Etat de droit».
Les anciens révolutionnaires qui avaient retenu de Marx que le droit en général, et les droits de l'homme en particulier, n'était que l'arme de la bourgeoisie pour affermir son pouvoir et contenir les assauts du prolétariat, retournèrent leur veste avec maestria et devinrent les défenseurs les plus forcenés des droits de l'homme. C'était leur nouvelle religion séculière après le communisme. Après la défense du prolétariat, la défense des minorités. Après la lutte contre le capitalisme, la lutte conte le néocolonialisme. Après le communisme, l'antiracisme. Religion dont ils devinrent les nouveaux prêtres. La religion avait changé, mais les bûchers de l'Inquisition étaient allumés par les mêmes. Les fascistes d'avant étaient seulement devenus les racistes d'aujourd'hui.
La victoire de l'existentialisme
La pensée conservatrice affirme depuis longtemps qu'une nation n'est qu'une famille de familles. Il était inéluctable que la désagrégation de l'une entraînât celle de l'autre. Le constructivisme né dans les cerveaux des théoriciens français - Deleuze, Guattari, Foucault - nous revenait auréolé de son passage dans les campus américains des années 1960. Rien n'était naturel, tout était social. Rien n'était biologique, tout était culturel. C'était la victoire absolue de l'existentialisme de Sartre. On ne naît pas femme, on le devient. Ou pas. On ne naît pas homme, on le devient. Ou pas. On ne naît pas français, on le devient. Ou plus.
Tous les instruments de l'assimilation - prénoms, vêtements, langue, école, histoire, culture, cuisine -, qui avaient permis l'intégration de générations d'immigrés venus de toute l'Europe, étaient rejetés au nom du respect des cultures et du prestige de la «diversité». Là encore, la conjonction très française de la liberté et de l'égalité, du libéralisme mais aussi de l'ancienne vulgate marxiste, faisait des ravages. Libres de suivre et d'imposer sa culture d'origine, sa tradition, sa religion, même si elle vient en contradiction avec la culture dominante de la France ; mais égaux, au nom du scrupuleux respect du principe de «non-discrimination».
Cette double injonction est destructrice de la nation, qui n'est plus qu'un territoire sans passé où cohabitent des communautés diverses, au nom d'un «vivre-ensemble» oxymorique. Mais c'est bien l'objectif. Daniel Cohn-Bendit disait, bien des années après ses «exploits» de Mai 68: «Le peuple français n'existe pas ; et la notion même de peuple n'existe pas.» Le véritable héritage de Mai 68 est sans doute là, dans cette destruction voulue, pensée, imposée, des individus, des familles, des peuples, des nations. Ce nihilisme anarchisant s'épanouit au nom d'un universalisme totalitaire hérité du marxisme, marié avec le libéralisme de marché et qui n'a plus comme objectif de sacrifier la bourgeoisie sur l'autel du prolétariat, mais les peuples européens sur l'autel du métissage généralisé.
Mai 68 a gagné depuis longtemps. Les rebelles sont devenus le pouvoir. Un pouvoir qui se prétend toujours rebelle. Et qui traite toujours ses opposants de conservateurs. Alors que les conservateurs, ce sont eux. Mais la révolte gronde. Elle est disparate, éclatée, divisée. C'est le succès de la Manif pour tous, en 2013, contre le mariage homosexuel. C'est le réveil d'un catholicisme identitaire qui a compris le danger de l'islam. Mais c'est aussi, dans les banlieues, un patriarcat islamique souvent virulent, et parfois violent, porté par les «grands frères», qui se vit en opposition avec le féminisme de leur société d'accueil.
C'est même, sans qu'elles le comprennent elles-mêmes, la montée en puissance d'un néopuritanisme féministe qui, au nom des droits des femmes, remet en cause l'hédonisme libertin des anciens soixante-huitards, qu'ils soient producteurs de cinéma, photographes ou politiques. C'est enfin, à l'est de l'Europe, la coalition de peuples qui entendent bien sauvegarder tout à la fois leur cohérence nationale et leurs racines chrétiennes.
Toutes ces révoltes ne se valent pas. Elles sont même souvent antinomiques, et même adversaires. Elles sont toutes le produit de la désagrégation des sociétés occidentales depuis Mai 68, de toutes les identités, individuelles, familiales, religieuses, et nationales.
Sur les ruines de Mai 68, il faudra un jour reconstruire.
par Eric Zemmour /Le Figaro 2 mars 2018
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