"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline

jeudi 9 septembre 2010

L'été des permanents du spectacle

Permanents du spectacle
La médiocrité ne connaît pas de trêve estivale. En tout cas pas en matière de politique. Les permanents du spectacle ont assuré cet été plus que le minimum. D'un coté la pseudo droite qui sentant que c'est (très) mal parti pour 2012, a gesticulé telle une bande de chimpanzés sur sa branche. Les Roms en ont fait les frais. Ce n'est pas que j'aie une sympathie particulière pour des individus qui fréquemment vivent de rapines et envoient leurs enfants dès 5ans faire la mendicité dans la rue, mais les Roms sont des lampistes et une goutte d'eau dans l'océan de la délinquance et de l'insécurité. Ne soyons pourtant pas trop inquiets pour eux. Ces pauvres Roms seront de retour chez nous dans moins d'un mois, carte vitale en poche et après être passés par la case départ, en ayant touché 20.000.

Avec le sens de la nuance qui la caractérise la pseudo gauche a bien interprété son rôle sur la scène de la post-démocratie. "Nos rebellocrates" ont ressorti tous les poncifs éculés qu'ils utilisent dans ces circonstances: Vichy, rafles, bref toutes les outrances propres aux professionnels de l'indignation. Martine Aubry dans ce registre fut très performante à défaut d'être crédible. Si peu crédible que quelques jours après ses condamnations et ses indignations concernant les expulsions on apprenait que la communauté urbaine de LIlle qu'elle préside, avait demandé en juillet dernier l'évacuation d'un camp de Roms d'un terrain lui appartenant. Bon de toutes façons, Martine était déjà ridicule bien avant.
Figurez-vous mes chers Compatriotes qu'avec Ségolène, nous sommes presque d'accord (si,si) sur une idée! La Vuvuzela du PS propose que la racaille se fasse rééduquer dans les casernes par les paras (je crois bien que ce fut la seule idée des socialistes ces derniers temps). Moi je propose que les paras aillent nettoyer les banlieues de la racaille. Nous n'avons jamais été aussi proches!

S'il y eut un non événement politique cet été, ce fut bien les universités du PS. Autour de la table de poker menteur, il manquait le Milou des marchés financiers, l'idole des révolutionnaires en charentaises et des boursicoteurs de gauche: DSK himself!
A part ça, il paraitrait que les socialistes cherchent des idées. Pas pour gouverner, non, seulement des idées pour être élus. Après les élections, on gère le quotidien, on profite de l'auberge et puis avec l'héritage que la pseudo droite va leur laisser, les socialistes sont tranquilles, ils n'auront pas à chercher bien loin les arguments pour nous expliquer leur échec dans la gouvernance post 2012 de notre pays.
Notons toutefois que Martine nous a promis pour octobre "le plan socialiste de lutte contre l'insécurité" (ça ressemble à un oxymore). Les socialistes se sont fait virés du pouvoir en 2002 à cause de leur bilan sur la sécurité. Huit ans après, il est amusant de constater qu'ils n'ont toujours pas d'idée à proposer sur ce sujet (comme sur le reste) et qu'il nous faudra attendre encore un mois et demi pour découvrir comment la racaille va se faire câliner après 2012. Dans les "think tanks" du PS, on doit aussi faire les 35 heures.

Pardonnons nous, les uns les autres!
En matière d'absolution, les politiques n'ont besoin de personne. Ils s'absolvent eux mêmes. Delanoë et Chirac vont s'arranger entre eux, quelques emplois fictifs contre quelques millions d'euros. Entre gens du même monde, on ne va pas se reprocher les mêmes pratiques. Les discours sur l'intégrité et tout le blabla, c'est pour les effets dans les discours sur les estrades médiatiques, pas pour le réel. L'UMP va donc régler la note. Le financement des partis politiques étant (enfin c'est ce que l'on nous dit) "public", mes chers Compatriotes, vous savez déjà où passera une partie du dernier tiers de vos impôts que vous ne manquerez pas, j'en suis sûr, de régler avant le 15 septembre prochain (cachet de la poste faisant foi, majoration de 10% passé cette date).

La fabrique du crétin et nos ancêtres les Zoulous
"Beaucoup de jeunes sont d'origine africaine: il faut aussi qu'ils se reconnaissent un peu dans les programmes." affirme, sans rire,  Laurent Wirth, doyen du groupe histoire-géographie de l'inspection générale du ministère de l'éducation nationale.
Cette fois ci, dans la destruction de l'identité nationale et de notre mémoire, les "pédagocollabos" n'y sont pas allés de main morte. Louis XIV et Napoléon virés de l'enseignement de l'histoire au collège! Les homos festivus hors sol qui veulent vivre avec leur époque vont être heureux. La fabrique du crétin a passé la sur-multipliée.
"Les manuels de 5e consacreront 20 pages à l'Afrique au Moyen Age (empires Shonghaî et Monomotapa) ce qui ne laissera plus que 8 pages dédiées à Louis XIV. C'est un pur scandale", "La déconstruction de notre histoire est rampante et les tenants de ces théories révisionnistes creusent lentement leurs sillons sans que personne ne réagisse",indique dans une lettre ouverte Dimitri Casili, historien spécialiste du 1er empire et dénonce également une France "tournée vers la seule lecture culpabilisante du passé et cet éternel esprit de repentance". Bref, c'est sensé redonner à la racaille le gout de l'école et des études. Ce serait du plus grand comique si cela n'était pas une nouvelle étape dans la déculturation en cours et du grand remplacement en marche.

Et notre clocher? va se plaindre l'ex-président Duval. Rien à dire?
Il semble qu'à Bihorel, nos permanents du spectacle s'agitent comme leurs modèles au plan national. Le Freluquet dévoile par où il va commencer à défigurer Bihorel village et notre Martine à nous (Laconde) est bien peu crédible dans le rôle de celle qui s'indigne. Mais ce sera le sujet d'un prochain billet.
 
Terminons par une note d'humour dans ce monde de clowns tristes, celle d'Eva Joly qui lors de l'annonce de sa candidature pour 2012, déclara " je connais DSK, je l'ai mis en examen dans le cadre de l'affaire ELF".
Chez les Verts Solidaires à Bihorel, ça promet d'être "Rock n Roll" pendant les Présidentielles.
C.D

dimanche 8 août 2010

Quand revient le temps du Casanis


Mes Chers Compatriotes,
Ce blog va se mettre en mode « tranquille ». En effet voici venu le temps de rejoindre les bords de la grande bleue.
Tourné vers l’est, assis dans mon fauteuil, je contemplerai la mer. Tourné vers l’ouest, je serai face aux montagnes. J’emmène avec moi une pile de livres mais si le cerveau n’a rien contre un peu d’exercice, mon principal effort se produira « runnings » aux pieds, d’importantes échéances approchant. Cela ne m’empêchera pas de participer à quelques redoutables « troisièmes mi-temps » ou de tomber dans quelques « pièges à canons ». Tant pis pour le chrono !
Je vous quitterai (momentanément) sur une note d’humour en vous livrant une réflexion de Pierre Desproges, celui la même dont « les martyrs du sarkozysme» Stéphane Guillon et Didier Porte se sont réclamés:
« Les animaux sont moins intolérants que nous: un cochon affamé mangera du musulman »(Chronique de la haine ordinaire).
Retour prévu sur la toile dans la première décade de septembre. D’ici là, portez vous fort !
C.D

dimanche 1 août 2010

«C'était intenable, nous sommes partis»

Myriam, jeune femme appréciée de tous, voulait croire au bonheur à Perpignan.


Mais les agressions, incivilités, trafics, montée du communautarisme, des tensions raciales et des violences tribales... Victimes de cette situation, des familles migrent. Des anonymes qui vivent aujourd'hui en France comme des exilés de l'intérieur. Après les émeutes de Grenoble et Saint-Aignan, reportage à Perpignan.

Myriam P. s'en souvient comme si c'était hier. Elle se souvient des cris dans la rue, des insultes qui montaient, de la horde qui gonflait, se massait sous ses fenêtres, des projections de pierres et de carrelages qui menaçaient de tomber dans la chambre de sa fille endormie et bientôt des coups de boutoir dans sa porte, après qu'une quinzaine de jeunes eurent défoncé le portail de son immeuble.Réfugiée dans les toilettes de son appartement, tenant blottie contre elle son bébé tandis qu'elle essayait désespérément de joindre la police, elle pouvait les entendre qui hurlaient:« On va vous crever, sales céfrans (Français, ndlr). » Son mari, lui, arc-bouté derrière la porte d'entrée, pouvait voir voler en éclats son mur devenu poussière de plâtre. « On a cru vivre nos derniers instants. Sans l'intervention de la BAC, c'en était fini. » C'était dans la nuit du 17 au 18 avril, au 14 de la rue des Trois-Journées, en plein cœur de Perpignan. A cinquante mètres de la splendeur gothique qu'est la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, et à deux cents mètres à peine du commissariat principal. Coupables d'avoir osé demander que cessent sous leurs fenêtres les rodéos de scooters et menacé de prévenir les flics.Pendant cinq jours, encore traumatisé par la violence de l'agression, le jeune couple a bénéficié, grâce à leur assureur, de la protection d'un vigile. Mais après? Renforcer la cloison? Dérisoire! S'en remettre aux caméras de surveillance installées dans la ville pour prévenir des agressions? Elles ont fait la démonstration que la dissuasion ne suffisait pas face à des délinquants mineurs le plus souvent impunis. A quoi bon vouloir rester dans ce quartier quand leurs agresseurs étaient déjà libres, alors qu'eux-mêmes, à quatre heures du matin, n'avaient pas fini de déposer plainte? L'un d'eux, à 15 ans, comptait déjà 122 arrestations à son actif. Rester? Autant tenter le diable! « C'était intenable, donc nous sommes partis. Il aurait fallu me payer très cher pour que j'y reste un mois de plus », dit-elle aujourd'hui avec le sentiment coupable qu'en choisissant l'exil, elle démissionne et abandonne le terrain à ces nouveaux barbares.Pour autant, cette jeune femme énergique sera la seule à témoigner à visage découvert, parce qu'« il faut sortir de l'omerta, briser la spirale du silence ». C'est qu'elle n'est pas seule à avoir connu l'enfer. Certains n'ont pas eu sa «chance».
Direction Saint-Assiscle, un quartier résidentiel de Perpignan. Le 2 juillet, Katy et Thierry, son compagnon, ont été à leur tour victimes de la violence ordinaire. Sur sa page Facebook, la jeune femme de 35 ans livre, lasse, ses sentiments:« C'est pas la joie en ce moment avec la merde qui traîne dans mon quartier... J'ai failli perdre la vue à l'œil gauche. Voilà, c'est pas trop la fête à Perpignan. » Lorsqu'elle consent à nous parler, enfin, elle explose. Son compagnon ? Agressé au poing américain et à la barre de fer, alors qu'il était descendu s'interposer, voyant que deux gamins à vélo qui rentraient du cinéma étaient sur le point de tomber dans un guet-apens, au milieu de jeunes caillassant des voitures. Ils étaient quinze à s'acharner sur lui. Résultat : douze points de suture sur le visage et trois autres sur le crâne. Elle ? Rouée de coups par des gosses à qui elle distribuait des bonbons à l'occasion des fêtes de quartier! « Pendant que nous déposions plainte, certains jeunes étaient déjà à nos fenêtres, salissant d'insultes notre fille de 10 ans qui n'arrivait plus à dormir et qui attendait notre retour... la menaçant : "On va t'attraper !" Depuis, elle fait des cauchemars ! » Et son petit frère de 8 ans, un garçon qui ne s'est jamais battu et, insiste Katy, a toujours été premier de sa classe... lui ne cesse désormais de répéter:« Quand je serai grand, je vous tuerai tous. » Depuis, des bandes traînent sous leurs fenêtres et font pression pour qu'ils retirent leur plainte. « Nos voisins eux-mê mes nous le demandent, pour en finir avec cette histoire qui empoisonne la vie de l'immeuble. Boîte à lettres fracassée, courrier volé, je suis aujourd'hui obligée de convenir de rendez-vous avec la postière pour récupérer mes lettres ! » Intimidations, menaces, comment, dans ces conditions, rester plus longtemps ? Pour Katy, la conclusion s'impose d'elle-même : « Longtemps, la France a été une terre d'asile. Aujourd'hui, c'est à notre tour de nous réfugier, parce que c'est trop tard et que la situation nous a échappé. »
Comme Daniel W. Rossé, passé à tabac pour un paquet de cigarettes, alors qu'il déambulait dans les rues du quartier Saint-Matthieu, il a fui le centre-ville où il vivait depuis dix ans. « Lorsque je me suis relevé, j'ai mis une heure à faire trois cents mètres pour rentrer chez moi. Quand je me suis présenté au commissariat quelques jours plus tard, les flics n'ont même pas daigné enregistrer ma plainte. »
Les histoires se ressemblent comme de tragiques copiés-collés. Comme si rien n'était fait. Ou que ce qui est entrepris l'était en vain. Difficile pourtant de croire qu'une telle violence peut régner à Perpignan, et qu'en plein centre-ville, certains quartiers sont de véritables zones de non-droit, aux mains de petits caïds à peine sortis de l'adolescence. Les façades, pour beaucoup, sont ravalées, lessivées. Il n'y a pas de tags. Tout juste quelques travellers, comme on les appelle, qui quémandent trois sous et une cigarette en jouant de la guitare sur le trottoir, une bouteille de Bud à la main. Un calme trompeur. « C'est que les racailles qui habituellement squattent le quai Vauban, terrorisent le quartier Saint-Jacques ou le quartier Saint-Matthieu, ont quitté la ville, tous frais payés par la municipalité, pour la Côte d'Azur », observe un commerçant excédé.
Abdel, lui, a anticipé le retour de ces « fils indignes » de l'immigration. Agressions, insultes, il a fini par fermer son restaurant de couscous en centre-ville, qui faisait le bonheur des troupes de théâtre à la sortie des spectacles, pour en ouvrir un autre à la fin du mois d'août, dans un quartier plus paisible, en périphérie.
Latifa (le prénom a été changé), une Algérienne aujourd'hui à la retraite, a honte elle aussi. Honte que ces « Arabes » ou ces « Gitans », dit-elle sans s'entourer des précautions dont le plus souvent usent les commerçants ou les politiques, qui préfèrent évoquer « les populations difficiles », puissent imposer aux habitants de Perpignan un « quasi couvre-feu». « Vous comprenez, insiste-t-elle au téléphone, moi, j'ai connu la guerre. » Les rodéos de scooters, les vols à l'arraché, les trafics, les gosses camés ont fini par dissuader les gens de sortir le soir. Quai Vauban, où a été délocalisé le Quick, les restaurants font le plein de leurs terrasses en journée. Le soir, la clientèle, lorsqu'elle se déplace, se réfugie dans les arrière-salles. « Quand on sort, dit Latifa, on ne peut s'empêcher de se retourner en sursaut au moindre bruit. Ce n'est pas normal. »
Exaspérés, certains parlent de s'organiser en milice
Quartier Saint-Matthieu, nous avons rencontré Carlos, une grande carcasse brune qui ne craint pas grand monde. C'est lui qui, au début du mois, est venu porter secours à André Crémer, 88 ans, agressé avec sa femme alors qu'il venait d'acheter du pain, et qui mourra quelques jours plus tard des suites de ses blessures. Assis sur les marches qui conduisent à la CAF, Carlos raconte, jetant parfois un regard un peu inquiet sur les passants qui nous observent, saluant aussi des voisins, des amis. Ceux qui restent encore. Il raconte l'absurdité d'une ville, où bientôt il faudra renoncer à se défendre, renoncer à dire non, sous peine d'être accusé de provocation. Lui vient d'Argentine. Il vit ici depuis plus de vingt-cinq ans. Il a vu se dégrader la situation, se déshumaniser le centre-ville, se transformer la rue Petite-la-Monnaie, autrefois l'artère la plus commerçante. Aujourd'hui, les échoppes sont presque toutes fermées. Ce ne sont plus que rideaux de fer baissés. Il a vu, il y a quelques années, arriver les bobos qui cherchaient à investir l'un des quartiers historiques de Perpignan, avant de quitter leurs appartements au bout de trois mois. Il a entendu et cru les discours sur la mixité sociale. Aujourd'hui, il constate que les communautés s'affrontent, qu'il n'y a plus aucune volonté d'assimilation, et que les gens ne se contentent pas d'importer leur culture, mais aussi leurs problèmes. « Vous imaginez, moi, si j'étais arrivé en bombacha (pantalon gaucho, ndlr), le sombrero vissé sur la tête, avec mon cheval et mes moutons que j'aurais laissés ch... dans la rue ? »
Maire adjoint UMP chargé de la sécurité, Pierre Parrat minimise. Pour lui, depuis 2005, et les émeutes qui ont vu s'affronter les populations gitane et maghrébine, la situation s'est améliorée. Chiffres à l'appui, il nous en fait la démonstration. On veut bien le croire, croire qu'il ne s'agit que d'un sentiment d'insécurité exacerbé par la crise. Et pourtant, il faut pouvoir entendre cette exaspération sourde qui monte, cette colère qui gronde, la désespérance de beaucoup. Certains parlent à demi-mots de s'organiser en milice pour rétablir l'ordre. D'autres font provision d'armes. « En face, ils ne nous ont pas attendus pour s'équiper. » Le maire lui-même, dans une réunion publique, le 8 juillet, reconnaissait le phénomène:« Ce sentiment d'impunité et d'insécurité prend le pas sur notre vie en société. Il n'y a qu'à voir les magasins qui vendent des bombes lacrymogènes et des matraques électriques littéralement dévalisés par des particuliers. C'est inacceptable. »
Perpignan est une poudrière. Dans certains quartiers, comme le Bas-Vernet, les médecins ne se déplacent plus en urgence le soir et vous dirigent directement vers l'hôpital. Comme à Béziers. Ou à Nîmes. En mai dernier, un praticien de SOS Médecins a été agressé dans la cité du Valdegour. En réponse, Bernard Sialve, fondateur de la structure nîmoise, a fait valoir son « droit au retrait », « parce qu'il n'est pas de métier qui mérite que l'on puisse mourir pour l'exercer ». « Depuis, dit-il au téléphone, la situation est redevenue normale. » Lorsqu'ils sont appelés en pleine nuit pour ausculter les malades, ils demandent aux habitants d'assurer la sécurité de leur véhicule et de leur personne, faute de quoi, ils ne peuvent intervenir. Bernard Sialve se contente de cela. Un Etat de non-droit où émergent partout des zones d'inégalités territoriales.
Le Figaro, 31 Juillet 2010

lundi 26 juillet 2010

Jean Paul Hébert nous a quitté.



C’était les mid-seventies. Nous étions « jeunes et larges d’épaules ». Tous les possibles s’offraient, croyait-on, à nous. Le ciel était notre seule limite. C’est à ce moment là que j’ai eu la chance pendant mes études, peut être comme certains d’entre vous de rencontrer un professeur qui a marqué ma vie à tout jamais.
Cela s’est passé dans un lycée un peu particulier. J’y ai fait la rentrée de 1975. Je crois n’avoir aucun souvenir des surveillants, pas plus que du reste de l’administration, tant ils étaient absents voire invisibles. Je venais de me faire virer de Val de Seine, un lycée caserne. Mon prof d’anglais au conseil de classe avait dit à la directrice « c’est lui ou c’est moi ». Ce fut moi. La directrice n’a pas du hésiter plus que le temps d’une ou deux remontées gastriques. Voilà comment je me suis retrouvé aux Bruyères, le lycée à l’époque, qui était ce qui se faisait de plus proche de Summerhill, pour ceux à qui cela dit encore quelque chose. Un lycée presque autogestionnaire, enfin au moins autogéré sur le plan éducatif par les profs. Cela tombait bien. Autogestionnaire, ils l’étaient tous. Les autres étaient barges. Je me souviens de mon professeur d’allemand qui me voyant fumer la pipe au dernier rang de son cours, plutôt que de me virer, m’avait demandé ce que je fumerai à 60 ans avant de poursuivre ses déclinaisons!
C’est dans ce lycée que mon chemin a croisé celui de Jean Paul Hébert. Il est devenu mon Professeur de sciences économiques pour trois ans. Sciences éco? L’économie, « cette science qui depuis le temps des esclaves, justifie la richesse des maîtres » selon l’expression d’un philosophe, dont, à cette heure le nom m’échappe. Il n’avait pas croisé Jean Paul Hébert. Son jugement en eut été, radicalement, changé.
J’attendais ses cours avec impatience et j’y assistais avec passion. Une même passion qui animait ce jeune professeur d’à peine 30 ans dans le plaisir de nous transmettre son savoir, de développer notre sens critique et d’éveiller chez certains une conscience politique. Avec lui et grâce à lui, heure après heure de cours, le monde qui nous entourait devenait de plus en plus compréhensible. Si ce blog existe, Jean Paul Hébert y est pour quelque chose.
Autogestion ne voulait pas pour autant dire absence de respect, même si les relations avec nos professeurs se teintaient de sympathie voire d’amitié (il y eut même des histoires d’amours). Nous étions là pour apprendre et eux pour nous élever, dans le sens « élévation de l’être ». Nul besoin pour eux de faire péter les galons, leurs compétences suffisaient.
Plus largement que le professeur, c’est l’homme qui m’a marqué. Jean Paul était aussi un marin, un guitariste, un conteur, un fin analyste politique. Jean Paul était un puits de sciences. Je me souviens de son humanité. J’étais, bien malgré moi et ayant pourtant voté pour Alice Cooper (ça vient de là), délégué de classe et je me souviens que lors des conseils, il tempérait de façon sûre, et si j’osais, d’une force tranquille, les aigreurs et excès de certains de ses collègues vis-à-vis des élèves fumistes ou un peu cons.
A quelque uns, nous nous sommes sans doute remémorés en apprenant la nouvelle de sa disparition, les fêtes du PSU à la Courneuve, où il nous emmenait, ou au « yaourt » du Havre où Henri Tachan et François Béranger étaient les vedettes d’un soir, ou encore les réunions au siège régional du PSU, avenue Pasteur. C’est un monde qui me parait être « le lointain proche ». Lointain dans notre époque, mais si proche dans ma mémoire. Mais mes Chers Compatriotes, rassurez vous, en ce temps là déjà, lorsqu’on m’appelait « camarade », cela me faisait rigoler.
Il est exact que le temps est passé par là, qu’au fil des années, nos idées ont divergé, mais c’est toujours avec gourmandise que j’écoutais Jean Paul Hébert sur RCF où il dissertait avec le même humour que par le passé même si les sujets étaient devenus plus graves.
La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, je lui avais demandé pourquoi il avait quitté son poste au lycée des Bruyères. Je me souviens de son sourire narquois, celui qui chez lui précédait toujours un bon mot où une réponse teintée d’ironie et de dérision. Mais cette fois, ce sourire trahissait la déception. « Cela a tellement changé » m’avait-il répondu.
« On fumait des Gauloises bleues ». Je crois que c’est une chanson d’Yves Simon. Elles ont donc fini par avoir raison de vous, Jean Paul. A l’heure où l’on vous porte en terre, je veux garder présent à l’esprit le souvenir de la verve du militant PSU, ancien séminariste et de ses cours « d’éco » donnés au printemps sur la pelouse du parc des Bruyères, pendant lesquels vous nous éleviez.
Cher Jean Paul, mon respect et mon amitié vous accompagnent. Merci de m’avoir tant aidé à me construire à un age où l’on peut si facilement choisir le mauvais chemin.

Qu'il me soit permis de présenter ici mes condoléances à tous ses proches.
C.D

Lien de la vidéo de la conférence donnée en octobre 2009 à Montréal sur le thème du désarmement par J.P. Hébert: http://tv.uqam.ca/?v=52596


Article paru dans PN sur Jean Paul Hébert. Cliquer sur l'image

jeudi 15 juillet 2010

Les Pyromanes


Si l’on voulait mettre le feu à la république, on ne s’y prendrait pas autrement. Personnellement cela ne me gêne pas, je pense que la France a besoin d’une grande secousse et d’un grand nettoyage. Chaque jour, Mediapart, le canard enchaîné et d’autres ajoutent un fagot au bûcher.
Affaire Woerth/Béthencourt, Woerth/Hippodrome de Compiègne, socialistes et villepinistes s’époumonent à souffler sur l’incendie qui couve. Les pyromanes sont ils pour autant conscients de ce qu’ils risquent de déchaîner ? L’aveuglement anti-sarkozyste qui leur tient lieu de programme, ne va t –il pas les emporter eux aussi dans la fournaise ?
64% des français pensent que les politiciens sont corrompus. Un parlementaire citait il y a peu un proverbe africain : « quand on veut monter aux arbres, il faut avoir les fesses propres ». Les bouches du Rhône sont là pour rappeler, s’il en était besoin, que les socialistes sont loin d’être des chevaliers blancs. Affaires Guerini/ordures ménagères au conseil général du 13, affaire des subventions à des associations fictives de « potes » dans le but d’acheter des voix (entourage du socialiste Michel Vauzelle, celui qui s’est dit « fier d’être le président d’une grande région musulmane » journal la Croix du 02/05, il parlait de la région PACA) devraient amener les socialistes à faire un peu moins les mariolles au sujet du couple morale et politique. A noter au passage que les médias soient disant à la solde du pouvoir se montrent beaucoup plus discrets sur les affaires des bouches du Rhône et PACA que sur l’affaire Béthencourt. Des médias qui par ailleurs ne sont guère plus diserts au sujet d’un autre grand bûcher : celui des voitures.
30.000 véhicules sont incendiés chaque année en France et la nuit du 14 juillet est un pic. Oh, ce ne sont pas les coupés Audi A5 des bobos des quartiers huppés que l’on brûle, non, ce sont plutôt des voitures à bout de souffle, celles du peuple des banlieues qui trime dur toute l’année pour gagner son smic et l’espoir de survie qui va avec.
Alors le peuple de France, il commence à sentir la moutarde lui monter au nez, lorsqu’il découvre sa voiture brûlée par la racaille et qu’il fait ses comptes en fin de mois tout en découvrant chaque jour les nouveaux scandales politico/financiers que les pyromanes lui mettent sous les nez.
Pendant ce temps, le sourire de Marine s’agrandit, elle a gagné 7 points en quelques mois. Ne vous plaignez pas, Marine, c’est ce qui peut vous arriver de plus doux et si vous ne me croyez pas, c’est que vous n’avez jamais goûté du pique et de la fourche.

Courage politique

Loi anti burqa : socialistes et communistes, faux culs et électoralistes ont préféré fuir l’hémicycle au moment du vote, déclarant cependant être contre le port de la burqa. Quel courage politique!
Pourtant des voix féministes de gauche s’étaient adressées à Jean Marc Ayrault (président du groupe socialiste à l’assemblée), citons Yvette Roudy:
"Les fondamentalistes ne sont pas fous (...) Ils commencent fort intelligemment par la burqa (...) mais ensuite ils demanderont des temps de piscine distincts (ndlr : Martine leur a déjà accordé à Lille), des classes séparées. A Lyon, ils demandent déjà des espaces séparés dans les bus. Ils veulent des programmes scolaires purgés de toute allusion à la sexualité. Ce sera l'apartheid".
Quelque chose à ajouter?
C.D

lundi 12 juillet 2010

Coupe du Monde : deux ou trois choses.


Hier soir, comme un symbole, c’est une nation de la vieille Europe qui a remporté la coupe du monde de football 2010, en Afrique du Sud, ce pays qui selon la très belle formule de Jean Raspail « n’est pas un pays noir où se trouve une minorité blanche, mais un pays blanc à majorité noire ».
Les « metissolâtres » en sont pour leur frais. La « Roja », championne du monde, est un subtil équilibre entre Catalans et Castillans. Rien à dire, sur le terrain, les meilleurs ont gagné. Pendant quelques jours, l’euphorie fera passer au second plan les soucis des espagnols mais le gouvernement socialiste ne tient pas là une solution à la grave crise que connaît l’Espagne, à ses presque 20% de chômeurs et les fins de mois du peuple Ibère n’en seront pas plus douces. C’est bien la gueule de bois qui attend nos amis espagnols et la « Vuvuzela du PS » (Ségolène Royale), n’est pas prête de nous re- siffloter une ode à Zapatero.

"Le Bleu", Frank Ribéry

« One, two, three, vite fini! ». Parmi les 23 sélectionnés de l’équipe du neuf trois ou d’Algérie, comme vous voulez, pour ce mondial 2010, 17 sont nés en France, vivent en France et ont été formés en France aux frais de la France. Belle preuve d’amour pour leur patrie. A vous de trouver laquelle.
Si quelque chose m’a paru évident dans le fiasco de l’équipe de France, c’est bien la mort de l’argument que les belles âmes nous resservaient «ad nauseum » et qui voulait que si les racailles de banlieues étaient (majoritairement) d’origines maghrébine et africaine, c’est que ces pauvres hères vivaient dans des ghettos, dans la pauvreté, et qu’ils étaient les exclus de l’ascenseur social qui fit le succès de l’intégration « à la française ».
Anelka, Gallas, Evra et cie seraient-ils des exclus ? Ils vivent dans des villas de milliardaires, touchent chaque semaine ce que le français moyen mettra sa vie entière à gagner par son travail, ils sont hissés au niveau de héros de la nation et en fait d’être les exclus de la république, ils portent le maillot tricolore (je déteste le terme «bleu»). Force est de constater que pour eux l’ascenseur social a magnifiquement fonctionné! Alors pourquoi ce comportement ? Sociale la cause?
Non, c’est juste une question de culture : celle de la racaille.
Enfin amusons nous et imaginons, hier au soir, une victoire en Afrique du Sud de l’équipe de Hollande, pays des premiers « Afrikaners ». N’en doutons pas, ce matin dès l’aube, SOS Racisme portait plainte contre le « retour du colonialisme ».
C.D

samedi 10 juillet 2010

Quatrième de couverture


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Un Bihorel magazine pour ne pas dire grand-chose et surtout pas l’essentiel. Un édito où le Freluquet déverse du bla bla sur le développement durable et la gestion des déchets. Du convenu et du rabâché tout juste bon à faire du remplissage d’édito. Rien, bien entendu, sur l’augmentation de 20% du coefficient d’occupation des sols, votée lors du conseil municipal du 28 juin 2010. Pascal Houbron n’écrit jamais ce qu’il fait. Il se contente d’agir en fourbe.
Après cela, dans la rubrique « développement durable » le maire pose sur une bicyclette (à son air « décontracté », on voit que c’est un habitué). Il s’agit sans doute d’un message subliminal pour nous inciter à utiliser le vélo afin de nous faufiler dans les embouteillages sur les principaux axes de Bihorel le matin. Cependant, pas d’information sur l’espérance de vie d’un cycliste slalomant entre les camions déviés de l’A28 ou happé par le déplacement d’air du panzer de Guillaume Avisse.
Plus inhabituel : La photo du conseil municipal trinquant verre d’eau à la main. Sans doute pour fêter le résultat de la majorité municipale aux régionales à Bihorel et le râteau que s’est mangé le Freluquet. En tout cas cela a dû les changer des libations post conseil municipal.
Non, Mes Chers Compatriotes, je crois que nous pouvons directement passer à la quatrième de couverture.
Dans le billet des « verts solidaires », rien de spécial. Leur seule préoccupation étant ces derniers temps de s’opposer à la fusion, leur discours est uniquement centré sur comment sauver le soldat Pétel d’une désillusion municipale.
Mon attention a été retenue sur cette page pour plusieurs raisons : Le billet de la majorité et celui de Maurice Buisson. J’ignorais que la réforme des retraites fut un tel enjeu municipal, au point que la majorité y consacre tout son espace d’expression. Certes, ils avaient déjà traité des crottes de caniches au plateau des provinces (voir sur ce blog « Broutards et crottes de caniches » du 2 mars 2010) alors sans doute la panne d’inspiration sur les dossiers bihorellais explique-t-elle cet engouement pour ce sujet national. A moins que la réforme ne se discute et ne se vote au prochain conseil municipal ? Le 7 septembre 2010, vous savez donc que c’est à la mairie qu’il faudra aller manifester pour défendre nos retraites. Je vous laisse le choix quant aux moyens à utiliser pour obtenir gain de cause.
Ensuite, nous savons tous combien Pascal Houbron est un démocrate scrupuleux et respectueux des lois et des règles. Non ? Mais si voyons ! Tenez la loi veut que chaque liste au conseil municipal bénéficie du même espace d’expression sur le bulletin. Eh bien vous pouvez vérifier au millimètre près, c’est le cas. Sauf que, le texte ne doit pas excéder 420 caractères. Alors regardez bien le texte de la majorité d’Houbron, non seulement il dépasse largement les 420 caractères, mais en plus l’infographiste a utilisé une petite astuce qui consiste à diminuer la taille des caractères pour pouvoir en mettre encore plus dans le même espace ! C’est cela aussi la mentalité des petits caïds immatures : édicter la loi dans son quartier et ne la faire appliquer que pour les autres.
Pour conclure, je trouve que l’infographiste n’a pas été sympa avec Maurice. Vu la place perdue dans son « espace d’expression municipale », il aurait là du au contraire augmenter la taille des caractères. Cela aurait masqué le fait que Maurice n’a rien à dire.
Enfin, positivons ! En perdant de la place, Maurice aura ainsi écrit moins « de conneries ».Car Maurice, il ne fait pas qu’en dire, il en écrit aussi beaucoup (merci Desproges).
C.D

jeudi 1 juillet 2010

Au 1er Juillet, tout augmente, même le COS du nouveau PLU !

"Petit caïd immature"


C’est une tradition: au 1er juillet, le gaz, l’électricité, la carte orange, le prix du timbre, enfin bref tout augmente et cette année, c’est de 20% que le coefficient d’occupation des sols du nouveau PLU de Bihorel (fraîchement voté en février 2010) va augmenter sur l’ensemble des zones U (y compris UA), pour toutes constructions neuves respectant des labels de performances d’économie d’énergie (1).
A titre d’exemple, pour la zone UB le cos passe de 0.80 à 0.96 pour les constructions neuves, quelles que soient leurs destinations (habitat ou autres). C’est ce qu’a voté le conseil municipal du lundi 28 juin 2010 (Jean Claude Ravenel était absent).
Il y a quelques jours, je trouvais le Freluquet trop calme pour être honnête et je craignais que ce ne soit que pour mieux repartir. Toujours se méfier de l'eau qui dort.
Nouvelle confirmation que la pseudo concertation des bihorellais n’était que simagrées du Freluquet. Par simple décision du conseil municipal, c’est tout le PLU qui au fur et à mesure va être modifié pour toujours mieux détruire Bihorel et servir les mêmes intérêts.
L’opposition « vert solidaire » n’en a pas pipé mot, trop occupée à lutter contre une fusion qui détruira surtout ses propres ambitions politiques.
Voyez vous, je crois que nos jardins, nos espaces verts, le calme de nos rues, notre cadre de vie, se foutent pas mal de s’appeler Bihorel ou Bois guillaume. Ce qui nous préoccupe, c’est qu’ils continuent à exister et peut importe la carrière politique des verts solidaires.
Le plus « drôle », si l’on peut dire, dans cette histoire, c’est que cette modification est faite dans le cadre du « développement durable ».
Le Freluquet se comporte au sein de la commune « en petit caïd immature » et la majorité municipale « en gamins apeurés » (merci Roselyne).
C.D


(1) labels THPE ENR 2005 (Très Haute Performance Energétique, Energies renouvelables et pompes à chaleur) ou B.B.C 2005 (bâtiment basse consommation).